‹ Traité de la gastro-stomieChapitre 33 sur 50 · OBSERVATION DE JACKSON · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE JACKSON

l'œsophage et paraissait être un cancer secondaire. La plaie de l'estomac était située à environ quatre pouces du pylore; quelques traces d'adhérences autour d'elle; pas de péritonite. Le cœur, le foie et les reins étaient sains.

Observation XXIII

Rétrécissement cicatriciel infranchissable de l'œsophage. Gastro-siomie, mort 56 heures après V opération (1).

Joseph Danes, cinquante-six ans, cultivateur, veuf, admis le 5 décembre 1872 dans le service de M. Totherick, à Wolwerhampton and Staffordshire hospital. Antécédents de famille bons; aucun de ses parents n'était mort de cancer ni de phlhisie. Lui-même, à part son ufîection actuelle, avait toujours joui d'une bonne santé ; ni blennorrhagie ni syphilis ; n'a pas avalé de liquide caustique ; parfois il avait bu de la bière à l'excès, mais jamais ni vin, ni liqueurs alcooliques. Depuis douze mois, gêne pour avaler les liquides. Il était forcé de manger lentement, et comme l'obstruction ne cédait que parfois, il s'était habitué à emporter sa nourriture avec lui, et à manger quand il pouvait. Cet état de choses dura jusqu'à environ un mois avant son admission; alors la déglutition des aliments devint impossible et l'amaigrissement considérable. Les organes cérébraux, thoraciques et abdominaux paraissaient sains ; les aines, le pénis et tout le corps étaient dépourvus de cicatrices. La voix était bonne et forte ; les fonctions de l'intestin et des reins étaient normales.

Une petite quantité de lait étant avalée, fut rejetée en trois minutes sans être ni décolorée ni caillée; l'examen microscopique du liquide rejeté ne donna aucun renseignement sur la nature du mal. L'inspection du pharynx ne fit voir rien d'anormal. Une bougie œsophagienne de moyenne grosseur fut introduite avec le plus grand soin et lentement, et fut arrêtée à 8 pouces 1/2 du bord des incisives inférieures ; lorsqu'on la retira, on ne trouva aucune sécrétion morbide à son extrémité. On se servit ensuite de bougies de plus en plus petites, mais rien ne put franchir le rétrécissement. On prescrivit au malaJe de garder le lit, de ne rien prendre par la bouche qu'un peu de glace à sucer, et de se nourrir au moyen de lavements de thé de bœuf, de lait et d'œufs.

(1) Totherick et Jackson, Brit. med. Jour., 24 mai 1873, p. 588.

PETIT. A o

li>4 DE LA GASTRO-STOMIE.

10 décembre. — Ce traitemenlfut exactement suivi. Santé et intelligence conservées, mais l'émacialion a fait des progrès. On essaye de nouveau le cathétérisme, mais sano succès. A sa demande on lui permet d'avaler de temps en temps un peu de lait ou de thé de bœuf.

14 décembre. — Toutes les boissons prises par la bouche ont été rejetées, le rétrécissement est encore infranchissable pour les bougies.

16 décembre. — En consultation, on résolut à la majorité que l'estomac serait ouvert par une incision faite à l'épigastre.

;21 décembre. — Avec l'assentiment du malade, la gastrotomie fut pratiquée par M.Vincent Jackson, à 3 heures de l'après-midi. Patient éthérisé; incision de 3 pouces de long à partir du bord externe du muscle droit, parallèlement au rebord des fausses côtes, à un pouce en dedans de ce rebord. Les tissus furent divisés à petits coups jusqu'au péritoine, et comme il n'y eut pour ainsi dire pas d'écoulement sanguin, la membrane fut incisée sur conducteur dans toute l'étendue de la plaie. On put voir alors le grand épiploon, qui conduisit les doigts jusqu'à l'estomac; celui-ci fut saisi, attiré dans la plaie, et on passa un fil à travers sa paroi antérieure. L'incision externe fut alors agrandie en incisant le muscle droit dans l'étendue d'un pouce. Puis l'estomac fut ouvert au-dessus du fil, et les lèvres de la plaie fixées à l'incision cutanée au moyen de la suture empennée. Des points de suture entrecoupée fermèrent le reste de la plaie tégumentaire qui fut recouverte de charpie huilée et d'ouate ; l'opération était terminée. On prescrivit d'alimenter le malade avec des lavements nutritifs seulement.

22 décembre, 9 h. du matin. — Nuit sans sommeil; douleur abdominale et soif. Une quantité considérable de sécrétion catarrhale s'est échappée par la fistule gastrique. Température 39°, 1 ; pouls 90; respiration 24. Il a rendu 12 onces d'urine. A dix heures du soir, température 38°, 3, pouls 100, respiration 28. lia rendu 9 onces d'urine.

23 décembre, 9 heures du matin. — Nuit tout à fait sans sommeil. La. soif a augmenté. Langue sèche. La péritonite a commencé. Température 38°, G; pouls 124; respiration 32. Il a rendu 11 onces d'urine. A 11 heures, en consultation avec M. Totherick, on fut d'avis, comme l'estomac paraissait réuni aux lèvres de la plaie pariétale, de commencer l'alimentation par la fistule. On prescrivit d'administrer 60 grammes de lait et 4 grammes d'eau-de-vie toutes les trois heures, au moyen d'une bouteille en caoutchouc. Les lavements furent continués. A 11 heures du soir le malade était perdu.

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