‹ Traité de la goutteChapitre 109 sur 165 · Carmichael, Dublin medicçd journal, 1846, t. II, p · texte numérisé non relu

Carmichael, Dublin medicçd journal, 1846, t. II, p

Phlegmon de l'orbite et suppuration du globe de l'œil chez les goutteux.

Nettleshipi a rapporté deux cas de phlegmon orbitaire double d'origine probablement goutteuse.

Dans l'un, le malade était un homme de quarante-quatre ans, qui, pendant douze ans, avait eu chaque année deux attaques de goutte. Sept ans auparavant, il avait eu du chémosis et une périostite orbitaire aiguë.

Dans l'autre, un homme de trente-cinq ans avait eu un phlegmon orbitaire double, une iridoplégie temporaire et de l'amblyopie. Son père était peintre et avait toujours souffert de la goutte. Il n'y avait pas de signe de syphilis. Les symptômes étaient symétriques y compris la proptose, la rougeur et le gonflement des conjonctives oculaires et des paupières. Le côté droit était le plus atteint L'affection dura trois semaines. Le plancher de chaque orbite était très épaissi. La vision était troublée, soit par faute d'accommodation, soit par lésion des nerfs optiques; on ne put le déterminer. L'auleur croyait que les nerfs ciliaires étaient atteints. La guérison fut complète.

Gritchelt a décrit un cas de suppuration du globe de l'œil chez un goutteux chronique.

Amyotrophie goutteuse.

Parmi les troubles locaux qui sont la conséquence de l'arthrite goutteuse de longue durée, nous signalerons un certain degré d'atrophie musculaire. Celle-ci n'est pas spéciale à la goutte, mais est bien connue comme étant la conséquence de toutes les arthrites chroniques.

Il existe, à la suite d'attaques de goutte de courte durée, un simple affaiblissement musculaire, qu'il est difficile de reconnaître tant que plusieurs attaques n'ont pas envahi la même articulation. Il est naturellement plus accentué lorsqu'il s'agit du genou, du poignet et du coude. Les impressions centripètes sensitives douloureuses modifient l'état trophique du centre et amènent, par voie réflexe, des troubles de nutrition des muscles de la région.

Une simple affection des articulations est insuffisante par elle-même pour amener un certain degré d'affaiblissement musculaire. La gra-

1. NeUleship, Saint-Thomas^ s Hospital Reports, 1882, t. XI, p. 9.

vite et la permanence de l'atrophie peuvent se déterminer très bien d'après le degré d'intensité de l'afTection articulaire et, si celle-ci est justiciable d'un traitement quelconque, l'affaiblissement musculaire pourra parfois disparaître complètement.

Cet état d'amyotrophie arthritique peut être la conséquence d'un envahissement musculaire précoce qui se manifeste lui-même par des troubles de l'influence motrice, lesquels, en amenant des états spasmodiques réflexes, peuvent amener des déviations des doigts ou d'autres parties, comme nous l'avons vu plus haut.

Gornillon ^ a rapporté un exemple très net d'affaiblissement musculaire consécutif à la goutte articulaire aiguë.

Théophilus Thompson considérait comme une manifestation nettement goutteuse un cas d'atrophie musculaire progressive survenu chez un garçon dont la mère avait été gravement atteinte d'arthrite rhumatismale chronique et dont les sept frères étaient des goutteux types.

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