DES OPÉRATIONS CHIRURGICALES CHEZ LES GOUTTEUX
L'indication d'une opération chirurgicale chez un goutteux doit être déterminée d'après le de^ré de dégénérescence produite par la dyscrasie dont sont atteints ses tissus. Quand le cœur et le rein sont malades, il serait peu sage de conseiller une opération, qui ne serait pas impérieusement indispensable. Des attaques de goutte peuvent être provoquées par une opération comme par d'autres traumatismes et elles exercent temporairement une influence maligne sur le processus de cicatrisation, mais rien de plus. S'il s'agit d'une fracture, la réunion peut être retardée, les téguments peuvent s'ulcérer et les os mis à nu, mais tout cela disparaît avec la cessation de l'attaque. L'opération de la cataracte peut échouer chez les goutteux et en général elle se comporte mal. La glycosurie est un état défavorable pour les opérations chirurgicales, surtout si elle est très marquée et dure depuis longtemps; il peut y avoir dans ces cas des hémorragies incoercibles. En général, on peut établir comme règle qu'il ne faut pratiquer, chez le goutteux, aucune opération en dehors de celles d'absolue nécessité. Cette recommandation s'applique également aux petites opérations telles que l'enlèvement de loupes et de tumeurs graisseuses, la ligature d'hémorrhoïdes. Les goutteux chroniques sont sujets à une vulnérabilité excessive et mon expérience m'amène à conclure que même des traumatismes insignifiants peuvent amener parfois de l'érysipèle, du phlegmon et de la gangrène.