‹ Traité de la goutteChapitre 111 sur 165 · DE QUELQUES AFFECTIONS SIMULANT LA GOUTTE AIGUË · texte numérisé non relu

DE QUELQUES AFFECTIONS SIMULANT LA GOUTTE AIGUË

Arthrite pyohémique. — Jusqu'à ces derniers temps on confondait l'arthrite pyohémique avec l'arthrite uratique. L'erreur était excusable surtout si le malade avait déjà eu de la goutte. Mais, dans ces cas, le diagnostic n'est pas long à s'éclaircir. La suppuration, qui est le phénomène le plus rare dans la goutte, suit rapidement la tuméfaction et, si l'on y fait attention, on ne tardera pas à découvrir le siège primitif de l'infection. Une opération récente, comme celle des hémorrhoïdes, ou une otite, peut faire découvrir la cause de l'arthrite.

Nécrose osseuse aiguë. — Quelquefois chez les vieillards, une nécrose aiguë peut se développer et il peut y avoir en même temps, des antécédents de goutte. Le tibia, l'humérus peuvent être le siège de rougeur, de gonflement et de douleur et simuler une attaque de goutte. Il peut y avoir ensuite de l'œdème, mais la fluctuation ne tarde pas à devenir perceptible et l'on diagnostique l'abcès souspériosté. Dans les cas, qui sont les plus fréquents, de nécrose aiguë et d'épiphysite suppurée de la croissance, c'est à peine si le diagnostic de goutte aiguë pourrait venir à l'esprit.

Rhumatisme blennorrhagique. — Le rhumatisme blennorrhagique simule souvent l'arthrite goutteuse. L'histoire et la marche de la maladie seront des indices certains. La ressemblance des deux affections est ici très intéressante parce que les individus prédisposés à la goutte le sont en même temps à la blennorrhagie. 11 peut donc, dans un cas donné, y avoir un élément goutteux qui ne doit pas rester inaperçu. Dans ces cas, l'insuccès du salicylate de soude comparé aux bénéfices qu'on retire de l'iodure de potassium , de la quinine et du colchique, après avoir soigné l'uréthrite, sont aussi des éléments dont il faut tenir compte.

Page 1