‹ Traité de la goutteChapitre 12 sur 165 · Parkes, Composition of tlie Urine, 1860, p · texte numérisé non relu

Parkes, Composition of tlie Urine, 1860, p

inflammations circumarticulaires, aboutissant à un dépôt d'urate de soude ».

Aussi, dans un cas de goutte, les éléments essentiels consistent dans la modalité particulière de la diathèse, dans la diminution de l'alcalinité du sang due à l'abondance des sels uratiques et au dépôt de ceux-ci surtout dans les tissus articulaires. Quelquefois les manifestations locales l'emportent sur les troubles généraux. D'autres fois on verra ces derniers exister seuls, sans manifestation articulaire, comme dans les cas de goutte irrégulière ou incomplète. Dans certains cas on se trouve en présence de troubles alternants, tantôt locaux, tantôt généraux.

Pour se faire une idée complète de la goutte, il faut l'envisager comme une affection constitutionnelle et admettre l'unité de ses manifestations, qu'il s'agisse des formes aiguës et régulières ou des formes chroniques et irrégulières. Dans un sens, la maladie est toujours chronique, puisque nous devons considérer que tout individu qui a présenté une manifestation goutteuse évidente est exposé à des récidives pour toute la vie.

Quant à ce qu'on appelle la « goutte du pauvre », il faut bien savoir que la plupart des cas sont des rhumatismes chroniques. Mais en revanche il y en a d'autres qui sont incontestablement des cas de goutte. On les observe chez des individus de constitution faible, à circulation languissante, sujets aux troubles digestifs. Très souvent ces gens sont sobres, mais non toujours. Les femmes sont parfois atteintes de la goutte du pauvre. On peut la constater avant trente ou quarante ans; c'est toujours alors un signe de gravité de la maladie et cela dénote une prédisposition héréditaire très marquée. Il y a plus de cinquante ans, Billing ' écrivait ceci : « Les personnes sobres ont la goutte, d'une façon héréditaire ou non, parce qu'elles ont un système nerveux aff'aibli et une digestion troublée. La tempérance n'atténue jamais cette goutte, qu'on appelle « goutte du pauvre », car elle survient chez des individus faibles qui n'ont jamais fait d'excès ». Quelques cas de cette catégorie sont simplement des exemples de goutte incomplète et, si ces malades se livraient à des excès, on pourrait alors voir la maladie revêtir une forme franche et sthénique.

Je pense que cette longue définition fera entrevoir suffisamment la maladie sous ses aspects variés.

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