‹ Traité de la goutteChapitre 13 sur 165 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Je n'ai pas l'intention de discuter les nombreuses opinions qui ont été émises depuis des siècles sur la nature de la goutte. Tous les auteurs qui ont écrit sur cette maladie en ont fait l'historique d'une façon très complète, entre autres Sir Alfred Garrod*, Ebstein^, le professeur Lécorché ', etc. Aussi je renverrai le lecteur aux excellents ouvrages publiés par eux.

Le terme de « goutte » fait naître de suite l'idée d'une affection humorale et c'est sous ce jour qu'il y a deux siècles la plupart des médecins l'envisageaient. La plus ancienne dénomination qui lui ait été appliquée est celle de podagre, qu'on emploie encore aujourd'hui du reste et avec raison, car elle exprime très nettement le caractère le plus saillant, étant donné un cas typique, sans rien préjuger de la cause de la maladie. Gullen * a été le premier à attaquer l'ancienne théorie humorale, et, en 1784, il cherchait à lui substituer une théorie d'après laquelle le trouble primitif provenait du système nerveux. Il reconnaissait du reste que l'idée première de celte opinion appartenait à Stahl ^ et qu'il ne faisait que l'adopter.

Henle, en 1847, émit l'opinion que l'inflammation goutteuse avait probablement son point de départ dans le système nerveux central.

Page 1