DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DE LA GOUTTE
peuvent très bien voir la maladie ne pas évoluer ou se montrer sousdes formes incomplètes. Robertson pense que l'air stimulant du bord» de la mer diminue le développement de la diathèse goutteuse quand elle est encore latente, mais qu'il l'augmente quand elle est établie.
Influence du sol. — Tous les individus prédisposés à l'arthritismesont très barométriques et sensibles à l'humidité, il est donc très important de prendre en considération la nature du sol et d'autresinfluences telluriques auxquelles les goutteux sont soumis. Ce qui leur convient le mieux c'est un sol sec, poreux. Le sol crayeux leur est favorable à condition de n'en pas boire l'eau. Un sol sablonneux peut être un peu froid et humide, mais les collines de sable, qui possèdent de l'eau douce, ne sont point défavorables. Un endroit sec, sur le versant d'une colline, abrité du côté du nord et de l'est, exposé au midi^. est ce qu'il y a de mieux pour les goutteux. Mon expérience confirme pleinement l'opinion de Laycock qu'aux individus prédisposés à l'arthritisme convient une résidence de montagne et que le climat maritime leur est moins favorable, quand il ne leur est pas nuisible.
Quand on voit un individu qui se trouve mal au bord de la mer, qu'il y devient bilieux, la plupart du temps c'est un futur goutteux. Les vents d'est sont en général mauvais pour les goutteux et mal supportés par eux, de même que l'extrême chaleur. Ils se trouvent bien surtout dans les climats constants, secs et tempérés. Les variations barométriques extrêmes leur sont défavorables et l'état de l'atmosphère, pendant les orages, leur est particulièrement désagréable et peut, chez les goutteux plus que chez d'autres personnes, leur donner de la céphalalgie et de la dépression morale.
Influence de l'eau. — La nature de l'eau est très importante pour les goutteux. Les eaux très chargées de chaux ou de fer ne leur conviennent pas ou peuvent même provoquer la goutte. Les sels de chaux et ceux de fer tendent à arrêter l'élimination de Tacide urique, ce qui les fait mal supporter par les goutteux.
Influence des saisons. — On croit généralement que la goutte peut éclater avec la fréquence la plus grande au printemps et en automne '.
1. La goutte suit la loi des autres maladies nerveuses au point de vue de sa fréquence et de son intensité à certaines époques de l'année, il en est de même du rhumatisme. Ainsi la courbe d'intensité commence en février, monte en mars et avril et tombe à la fin de ce mois, disparaissant en été et en automne et reparaissant en décembre. Le deliriuni Iremens suit la loi qui régit les maladies dues au.x écarts de régime, sa courbe monte au solstice d'été. Si la goutte était une maladie uniquement diététique, elle suivrait la loi de ce genre d'alTectious. L'hiver et le printemps sont les plus mauvaises saisons pour les sujets prédisposés à la goutte, et celle-ci est influencée par une grande loi physiologique de même que d'autres affections nerveuses.
Cela semble être vrai pour la goutte franche, mais il y a tant d'exceptions qu'il n'est pas possible de poser une règle générale. Il est certain que les attaques surviennent à toutes les époques de Tannée, et la plus grande fréquence observée au printemps et à l'automne est sans doute attribuable aux particularités climatiques qui dominent à ces saisons. La chaleur et le soleil conviennent le mieux aux goutteux, pourvu que la température ne soit pas excessive ni fatigante. Les vents d'est sont mal supportés; aussi les changements brusques du printemps et les brouillards de l'automne, en supprimant les fonctions de la peau, jettent dans les organes internes un trouble très favorable à la production de la goutte.
Un été humide ou sans soleil provoquera l'apparition de la goutte, de même que le printemps ou l'automne. Un hiver froid, sans brouillard, s'il y a peu de pluie ou de neige, peut être très bien supporté par les goutteux. Le fait est que la stabilité dans tout ce qui entoure le goutteux est ce qu'il y a de mieux pour lui, que tous les changements brusques lui sont nuisibles et que le maximum de santé qu'ils peuvent atteindre ne s'obtient que parle soin qu'ils apportent chaque jour à se vêtir convenablement, à suivre leur régime et à prendre de l'exercice.
Cela est surtout vrai pour les malades atteints de cachexie goutteuse et est de moindre importance chez les sujets jeunes et robustes, qui supportent mieux les vicissitudes du climat et de la saison.
L'influence du climat d'hiver, en Angleterre, sur la production de la goutte ne concerne pas seulement le froid et la suppression du soleil. L'humidité de l'atmosphère et son absence de lumière agissent directement par leur qualité déprimante. La privation de lumière solaire invite à négliger l'exercice et la vie au grand air et à rechercher les plaisirs intellectuels. C'est ainsi également qu'on a de la tendance à prendre une nourriture abondante et à faire usage de boissons alcooliques, tous facteurs qui tendent à amener ou à aggraver la goutte. Les exercices physiques au grand air sont donc très utiles quand on peut les pratiquer; malheureusement cela est très difficile dans les grandes villes.
On croit que les attaques de goutte sont très rares en mer. La maladie est rare parmi les marins, mais j'ai vu des attaques graves survenir même sous les tropiques; cela s'explique du reste très bien par l'insuffisance d'exercice, la suralimentation et l'usage copieux de liqueurs alcooliques. La constipation si fréquente en est encore une cause prédisposante. Il en est de même quand on passe brusquement des tropiques dans les pays froids.