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TRAITEMENT DE L'ATTAQUE DE GOUTTE

Q° Le traitement des troubles inhérents à la diathèse goutteuse ; 70 Le traitement de la cachexie goutteuse et de la goutte chez les vieillards ; 8° Le traitement préventif de la goutte.

L — Traitement de l'attaque de goutte.

Une attaque de goutte franche constitue une crise éclatant dans un état goutteux aggravé, et, comme telle, est une expression symptomatique grave.

Traitement abortif. — L'idée de traiter la goutte dans le but de la faire avorter ne peut venir à l'idée de quiconque envisage la maladie au point de vue pathologique. On a proposé dans ce but plusieurs procédés. Ainsi l'application d'un bandage serré de diachylon sur la partie affectée passe pour soulager le malade et pour prévenir tout autre trouble. Il existe d'autres spécifiques très populaires, tels que la liqueur de Laville et autres de même nature qu'on suppose contenir du colchique, de la vératrine ou d'autres calmants. L'injection de morphine dans le voisinage de la partie affectée est un autre moyen de même ordre. En désespoir de cause, on a vu des malades se faire des applications de froid sous forme de neige ou de glace, pour calmer la douleur.

Quiconque connaît bien la pathologie de la goutte ne peut approuver ces méthodes de traitement. Les dangers que l'on fait courir au malade en supprimant les symptômes locaux sont si grands et les bénéfices qu'on en retire, quand il y en a, sont achetés si cher, dans la plupart des cas, qu'on est rarement autorisé à conseiller ces traitements.

On a rapporté des observations dans lesquelles des attaques articulaires menaçantes ont pu être prévenues par une force de volonté énergique. Ainsi un homme robuste, sentant venir une attaque et résolu à dompter sa goutte, fit plusieurs kilomètres d'un bon pas et empêcha l'attaque d'éclater. Dans ces cas, nous noterons l'influence remarquable exercée par un système nerveux puissant sur les symptômes particuliers à l'attaque de goutte. Cela ne se rencontre pas souvent et ne peut s'observer que chez les gens robustes qui offrent une forte résistance à la dyscrasie goutteuse.

Les moyens à employer doivent viser une maladie qui durera une ■ou deux semaines.

Le traitement doit être local et palliatif, ainsi que général. Gomme

DUCKWORTH. — Goutte. 21

dans toute maladie, nous devons faire nos efforts pour diriger la marche de l'affection. Nous ne devons pas traiter une maladie, mais bien un malade en puissance de maladie. Dans chaque cas, il faut étudier l'individu et l'on doit se poser la question suivante : que fera la maladie au malade et comment la supportera-t-il?

Une attaque de goutte devra être traitée un peu différemment selon l'âge, l'état de la constitution et l'énergie vitale de l'individu affecté. Quand l'attaque est franche, le degré d'intensité de la douleur et des symptômes inflammatoires, même s'il est marqué, n'autorise jamais à employer des moyens violents ou ce qu'on appelle antiphlogistiques. L'expérience a montré que ceux-ci ne servaient qu'à retarder la guérison et à rendre la prochaine attaque moins franche. Il faut donc repousser la saignée générale ou l'application locale de sangsues. La première est rarement nécessaire et la seconde, d'après Garrod et d'autres auteurs, est nuisible. J'ai eu l'occasion de voir plusieurs fois des malades chez qui l'on avait fait des applications de sangsues, sans que cela ait apporté le moindre soulagement.

Le malade doit rester couché pendant plusieurs jours, dans son lit ou sur une chaise longue. Gela est très important. Le membre alfecté doit être élevé, soutenu sur un oreiller dur, maintenu toujours à la chaleur, bien que peu couvert et protégé par un cerceau. Dans la plupart des cas, il sera bon de l'entourer d'une mince couche d'ouate. Des goutteux expérimentés affirment éprouver du soulagement de lotions alcooliques chaudes faites avec de l'ouate recouverte de soie huilée et imprégnée d'une solution à parties égales d'eau et d'eau-devie. D'autres fois on pourra remplacer cette solution par la formule suivante :

Éther suif urique 4 grammes

Eau distillée 180 —

L'intensité de la douleur suggère souvent l'emploi d'une lotion calmante telle qu'un mélange d'eau et de laudanum en diverses proportions, ou un liniment contenant de la belladone et de la morphine d'après la formule de Garrod.

Comme les topiques humides sont peu commodes et mal supportés, j'ai souvent employé l'acide oléique comme véhicule avec grand avantage. Je prescrivais le liniment suivant :

Atropine IS centigrammes

Chlorhydrate de morphine 75 —

Acide oléique liquide 30 grammes

Badigeonner la jointure malade et l'entourer ensuite de coton.

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On a recommandé l'iodoforme employé en liniment ou mélangé à du collodion élastique dans la goutte aiguë. Quelques médecins préconisent des frictions avec une solution de nitrate d'argent. Je n'ai jamais employé ni l'un ni l'autre de ces moyens.

On a préconisé l'application d'essence de menthe . Je ne l'ai jamais employée, mais je sais que l'on peut faire usage du menthol en solution alcoolique sous forme de lotions, et qu'on en obtient de bons résultats dans des cas où d'autres calmants ont échoué. On peut prescrire les formules suivantes :

Men thol 3 parties

Camphre 2 —

Faire dissoudre et frictionner les parties douloureuses.

Menthol 15 grammes

Chloroforme 120 —

En lotions.

On peut aussi employer la cocaïne sous forme de pommade, de liniment ou de lotion, d'après les formules suivantes :

POMiMADE

Chlorhydrate de cocaïne 2o centigrammes

Vaseline 15 grammes

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