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TRAITEMENT DE L'ATTAQUE DE GOUTTE

fréquence et la force du pouls, et, en abaissant la tension artérielle, favorise la circulation dans l'articulation enflammée. Gomme médicament, il est déprimant selon la dose et selon la durée pendant laquelle on l'emploie. Aussi est-il recommandé jusqu'à ce qu'on se soit rendu maître des principaux symptômes goutteux, mais il ne faut pas en continuer l'usage plus qu'il n'est nécessaire.

Ce sont surtout les effets calmants que l'on cherche et avec eux l'on obtient aussi les autres effets bienfaisants et spécifiques du médicament. Le soulagement est généralement obtenu avant les « selles de colchique ». Gomme nous l'avons dit plus haut, certains médecins recherchent ces effets purgatifs dans tous les cas de goutte. On objecte à cela que, pour avoir une purgation suffisante dans bien des cas, il est nécessaire d'employer des doses bien plus élevées qu'il n'est utile pour calmer seulement la douleur. Il en résulte une dépression générale et l'économie se trouve peu en mesure de résister aux nouvelles attaques de goutte, qui peuvent revenir par conséquent plus facilement après un court intervalle.

La plupart des médecins ont constaté que, donné avec prudence, il ne cause aucun effet fâcheux et ne favorise nullement de nouvelles attaques. A l'occasion, une purgation légère avec du calomel, donnée le soir, est très utile dans la goutte aiguë, surtout dans les cas sthéniques et avant l'âge de soixante ans. Les bons effets du colchique ne sont pas seulement dus à son action comme dépresseur vasculaire, car d'autres agents qui abaissent la pression du sang, soulagent temporairement les douleurs goutteuses.

Garrod a étudié sur des goutteux l'action du colchique, au point de vue de son influence sur l'excrétion de l'urée et de l'acide urique. Il est arrivé aux conclusions suivantes :•

1° Le colchique ne paraît pas augmenter l'excrétion de l'acide urique par le rein. Quand on en continue l'usage pendant un certain temps, on obtient l'effet contraire;

2» On ne peut démontrer que le médicament ait une influence sur l'excrétion de l'urée ou des autres principes solides de l'urine;

3° Il n'agit pas comme diurétique dans tous les cas, au contraire, il diminue la quantité d'urine quand il produit des purgations.

Pour moi , une grande part des effets bienfaisants du colchique est due à son action marquée sur le foie. Son action cholagogue énergique nécessite un métabolisme hépatique très actif, ce qui favorise les transformations de l'acide urique et autres produits de même ordre que l'on croit à juste titre être retenus dans le foie dans

les cas de goutte. Lauder Brunton admet que le colchique agit sur les ferments qui président à la formation de l'acide urique. Il croit aussi qu'il paralyse les nerfs sensitifs, mais qu'il n'a aucune action sur les nerfs moteurs ni sur les muscles. Latham prétend que si, dans les attaques de goutte, l'acide urique irrite les nerfs sensitifs et, par leur intermédiaire, la partie la plus active du centre vaso-moteur, on peut paralyser les nerfs sensitifs par le colchique, de sorte que l'acide urique ne peut plus produire des effets nocifs et que l'attaque cesse. Par conséquent, le médicament a plusieurs modes d'action : il possède non seulement des propriétés calmantes dues sans doute à son action comme vaso-dépresseur, mais aussi à la faculté de hâter et de modiner le métabolisme du foie et des autres tissus, et en outre il favorise l'élimination des matériaux de déchet.

D'après Robertson, l'action du colchique est plus grande et plus marquée sur les manifestations locales de la goutte et sur la nature inflammatoire de l'attaque que sur l'état général dont celle-ci relève et dont la manifestation locale n'est qu'un symptôme. Il considère le médicament comme un spécifique pour l'inflammation goutteuse ou pour les localisations goutteuses, mais non comme influençant la diathèse. De même qu'Halford et Holland, il est tout à fait d'avis d'attendre que l'attaque ait éclaté avant de faire usage du médicament. Quand les attaques ont été fréquentes et graves et que les articulations sont déjà le siège de la goutte chronique, plus tôt l'on administre le colchique et plus il agit efficacement.

On peut, à l'aide de petites doses, empêcher les conséquences fâcheuses qui suivent l'attaque ainsi que la tendance à sa récidive. On peut ainsi en continuer l'administration pendant un certain temps, s'il est nécessaire, sans le moindre inconvénient. Sir Henry Holland avait l'habitude d'en employer de petites doses pendant des mois. Dans un cas il en donna pendant deux ans, avec absence complète de symptômes de goutte et grand bénéfice pour l'état général du malade, qui auparavant restait rarement plus de deux mois, sans avoir d'attaque. Il associait généralement de petites doses de quinine avec le colchique quand il le donnait pendant un temps assez long.

Pendant quinze ans, j'ai soigné de nombreux cas de goutte et je n'ai prescrit guère autre chose que le colchique. Dans la majorité des cas, aucun autre traitement ne me réussissait aussi bien. J'en ai retiré les plus grands bénéfices dans la goutte chronique, en administrant tous les jours pendant longtemps, une petite dose de vin ou de tein-

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ture ou une pilule de cinq centigrammes d'extrait acétique, le soir en se couchant.

Cependant, beaucoup de cas de goutte aiguë peuvent être traités avec efficacité sans colchique. Quelquefois le bicarbonate et le nitrate de potasse rendent des services, et quand l'attaque arrive à sa fin, on peut donner de l'iodure d'ammonium. On peut aussi prescrire le mercure à dose altérante avec grand avantage pendant et après l'attaque dans bien des cas.

Acide salicylique et ses sels. — Dans ces douze dernières années, les salicylates ont été très employés dans le traitement de la goutte aiguë et chronique. M. Germain Sée ' a été un des premiers à publier le résultat de ses expériences et il les préconise beaucoup, parce qu'il admet qu'ils favorisent l'élimination de l'acide urique. Il est convaincu de leur supériorité sur le colchique qui, d'après lui, prédispose à la goutte chronique et considère que, dans la goutte aiguë, le salicylate de soude a autant d'action que dans le rhumatisme aigu, Jaccoud - admet également les bons effets de ce médicament.

Environ à la même époque, Barclay expérimenta à Saint-George's Hospital l'action de l'acide salicylique et des salicylates dans la goutte, et il conclut que ceux-ci n'avaient rien de commun avec celle qu'ils produisaient dans le rhumatisme articulaire aigu. Il constata que, quand un malade était susceptible d'être influencé par le colchique, celui-ci avait des effets bien plus énergiques sur la marche de la maladie, mais il pensait que le salicylate de soude pouvait être de quelque utilité quand les attaques se répétaient et que le colchique cessait d'agir. Il faisait remarquer que la goutte, quelquefois, se greffait, à un moment donné, sur le rhumatisme et qu'ainsi les salicylates pouvaient être efficaces dans certains cas.

Ralfe a conclu de ses expériences, que les salicylates sont très utiles pour soulager les petites manifestations goutteuses, quand les attaques aiguës ont cédé, et il les préfère même au colchique.

J'ai essayé le salicylate de soude dans un nombre considérable de cas de goutte aiguë et j'ai trouvé que, dans la plupart des cas, il était très inférieur au colchique pour soulager les symptômes les plus saillants. J'ai demandé à d'autres médecins ce qu'ils en pensaient et j'ai vu que leur expérience concordait avec la mienne. Dans quelques cas, j'ai retiré un bénéfice très marqué du salicylate de soude quand le colchique avait échoué. Haig est d'avis que si l'on employait les

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