Lécorclié, Trailé de la Goulle, Paris, ISSiJ
4. Gullen, First Unes of ttie Practice of Phjsic, t. II, jiart. 1, eh. xiv. Edimbourg, 1827.
5. Slahl, Theoria medica vcra, elc. Halle, 1737. De doloribiis spaslicis arthriticopodacjrkh, § XXXVIII, p. lOiO.
Aujourd'hui les théories humorale et nerveuse sont encore en opposition, cependant la première rallierait peut-être plus de partisans.
La doctrine de Cullen fut accueillie avec beaucoup d'intérêt, au moment de son apparition. Elle n'excluait pas complètement la théorie humorale puisqu'elle admettait l'existence d'une substance particulière chez certains goutteux; lorsque la maladie avait duré longtemps, il la considérait comme l'effet et non comme la cause de la maladie *.
Senator ^, à propos des théorie des solidistes, entre autres de celles de Cullen, fait remarquer qu'ils n'ont jamais pu les maintenir contre les diverses théories humorales.
La découverte de la matière peccante ^, dont on soupçonnait l'existence depuis si longtemps, est venue apporter un grand appui à la doctrine humorale. Depuis plus d'un siècle, en effet, on se doutait bien que l'acide uriqué était l'agent pathologique qui jouait le plus grand rôle dans la production de la goutte, et bien que Murray Forbes *, en 1793, Wollaston % Parkinson % Pearson ', Sir Henry Holland * en Angleterre; Andral ^, Rayer '", Cruveilhier ^\ Petit en France, regardaient tous la goutte comme intimement liée à la présence de l'acide urique; il a fallu arriver jusqu'en 1848, époque où Garrod ^- démontra le fait d'une façon indiscutable et, en élucidant une partie de la question, a fait faire un grand pas à la médecine moderne.
Maintenant le débat s'éclaircit et il devient nécessaire de passer en revue les différentes théories qui ont été proposées pour expliquer les rapports de l'acide urique avec les manifestations de la goutte. Mais auparavant, il faut rappeler que, dix ans avant la démonstration de Garrod, Sir Henry Holland, soupçonnant les relations de Facide urique
1. Cette théorie fut combattue par le D' Tode dans une thèse inaugurale en 1784, et par le D' Luther dans une autre soutenue à Halle en 1786. Sir Charles Scudamore et Garrod ont aussi critiqué la théorie de Cullen dans leur traité de la goutte en 1819 et 1859.