‹ Traité de la goutteChapitre 137 sur 165 · PILULES DE COLOQUIÎSTE COMPOSÉE (Pli. Bl'it · texte numérisé non relu

PILULES DE COLOQUIÎSTE COMPOSÉE (Pli. Bl'it

Poudre de pulpe de coloquinte 30 grammes

Aloès do Barbade S ~ „„

c ■ 1 aa 60 —

bcammonee (

Sulfate de potasse 7 —

Essence de girofle 8 —

Eau distillée Q. S.

Dose : 33 à 50 centigrammes.

Dans les cas de métastase sur le cœur ou l'estomac, on appliquera des sinapismes à l'épigastre. S'il y a une flatulence marquée, comme c'est le cas dans les crises gastriques ou cardiaques, on donnera de l'éther avec de l'huile essentielle de cajeput et du camphre; quelquefois il faudra administrer des stimulants en abondance en raison de la possibilité du collapsus et de l'afTaiblissement cardiaque. Chez un individu pléthorique, ayant une métastase cérébrale goutteuse, chez qui survient du coma, avec un pouls très ferme, on pratiquera une saignée de 300 à 600 grammes.

On devra observer avec grand soin le régime pendant quelque temps et rester plusieurs jours sans donner d'aliments solides.

Le retour de la goutte articulaire franche s'accompagne habituellement du soulagement des principaux symptômes. S'il persiste de la gastrite ou de l'entérite, on instituera un traitement approprié ; on donnera des aliments liquides en petite quantité et une potion contenant du bicarbonate de soude, du bismuth et de l'acide cyanhydrique dilué.

S!. Dans la seconde classe de métastases goutteuses, les symptômes n'ont ni violence ni urgence. Le malade souffre d'une goutte incomplète, déplacée. Cela peut être consécutif à la suppression d'une éruption cutanée ou bien résulter de toute cause pouvant amener une manifestation goutteuse chez un sujet prédisposé dont la santé est moins robuste qu'elle ne l'était précédemment. Nous avons montré que la goutte atonique est la forme la plus propre à rétrocéder. La grande ligne du traitement c'est de provoquer une attaque articulaire franche, comme dans les cas de suppression de goutte. On négligera toute affection cutanée ou plutôt on la rappellera à l'état aigu en appliquant un irritant léger. On observe souvent des plaques d'eczéma sec sur les membres, alternant avec un certain degré d'insuffisance rénale; tandis que celles qui siègent sur le tronc peuvent disparaître et amener des troubles pulmonaires, comme l'asthme ou la bronchite.

Quand on sent qu'un"paroxysme goutteux est imminent et que, malgré cela, il n'éclate pas, il faut favoriser une attaque articulaire, si les symptômes morbides ne cèdent pas à un traitement médicinal et diététique. On peut quelquefois y arriver vite en faisant boire une bouteille de Champagne suivie d'un pédiluve chaud. D'autres vins tel& que le porto ou le madère pourraient également remplir ce but, mais moins rapidement. Pour moi, ce que je cherche, c'est de diminuer l'alcalinité du sang en un point de façon à y rendre certaine la préci-

pitalion uratique; c'est ainsi que des irritants appliqués sur les extrémités déterminent la localisation de la goutte en cet endroit.

Le traitement consécutif est celui de la goutte ordinaire. Le colchique est généralement très efficace et ne demande pas à être administré à haute dose, mais plutôt à petite dose, pendant un certain temps. Il est important, dans tous les cas de goutte qui ont de la tendance à rétrocéder, de ne pas négliger l'état asthénique qui les accompagne et de chercher à améliorer le plus possible l'état général. On y arrivera à l'aide de toniques, d'un séjour dans un climat approprié ou à quelque station thermale.

VL — Traitement des troubles spéciaux dépendant de la diathèse goutteuse.

Il est tout à fait essentiel de reconnaître l'existence de la diathèse goutteuse quand elle existe, et il faut beaucoup d'habileté et d'expérience pour en déterminer le rôle. J'ai suffisamment insisté sur l'importance qu'il y a à découvrir la tare goutteuse quand il n'y a pas eu d'attaque articulaire et à reconnaître Véfat goutteux en dehors de la goutte.

Ainsi qu'il est facile de le supposer, il survient chez les goutteux beaucoup de maladies qui n'ont aucune relation avec leur diathèse. Mais souvent la tendance goutteuse tend à modifier les caractères des autres maladies qui atteignent l'individu et doit entrer en ligne de compte, au point de vue de leur pronostic et de leur traitement.

Je vais étudier le traitement des troubles spéciaux dépendant de la goutte, en passant en revue différents systèmes de l'organisme.

Système nerveux. — Nous avons vu que les affections goutteuses du système nerveux étaient nombreuses. Dans beaucoup d'entre elles, il suffit d'une attaque de goutte franche pour en amener la guérison et c'est souvent ainsi qu'on reconnaît la véritable nature de l'affection. C'est ce qu'on observe dans la, manie aiguë, dans la mélancolie et l'hypocondrie. Avant d'instituer le traitement, il est très important d'examiner comment s'accomplissent les fonctions du foie et quel est l'état de la circulation. Quand il existe des dégénérescences cardio-vasculaires, il faut n'employer qu'avec grande prudence les purgations qui, autrement, seraient très utiles. Quand le pouls est ferme et le ventre dur, il faut toujours prescrire un purgatif et surtout le calomel.

On administrera également des alcalins à haute dose, tels que le

Page 1