TRAITEMENT DE LA PHLÉBITE
Le décubitus dorsal est indispensable et il faut avertir le malade du danger auquel il s'expose en fléchissant brusquement les membres. Si le patient veut se redresser, il devra prendre de grandes précautions pour cela, et, si c'est un membre inférieur qui est atteint, il devra le moins possible mettre pied à terre. Il y a, dans ces circonstances, à redouter l'embolie pulmonaire et la syncope, qui peuvent se produire aussi bien au début qu'à la fin de la maladie. Dans certains de ces cas, il y a de la néphrite chronique latente et de la faiblesse cardiaque.
Dans le sang, on constate de l'hypérinose et une diminution d'alcalinité. On soumettra le malade à un régime très peu azoté et au contraire riche en principes végétaux. On donnera du poisson et des féculents, ainsi que du cognac pour entretenir la vigueur de la circulation et combattre la tendance à la stase.
Le régime végétarien prévient l'hypérinose. On prescrira également certaines eaux minérales telles que Vichy, à la dose d'une bouteille par jour.
Si, comme il arrive parfois, il y a une grande douleur sur le trajet d'une veine enflammée on fera des fomentations chaudes avec de la belladone et du laudanum. On ne fera pas de frictions et on n'appliquera pas de sangsues. Les membres seront maintenus au repos, un peu élevés sur un coussin. On appliquera un liniment à la belladone en couche épaisse étendue sur de l'ouate qu'on recouvrira d'un bandage.
A l'intérieur, on donnera des purgatifs salins, tels que du sulfate et du carbonate de magnésie, avec du séné et du colchique, qu'on administrera le matin ou bien un verre d'eau de Rubinat. La quinine associée au bicarbonate de potasse et au carbonate d'ammoniaque sera utile au début; plus tard, on l'associera aux acides minéraux et à la strychnine.
Il peut rester dans le membre affecté un certain degré d'œdème et des sensations anormales, pendant un temps plus ou moins long, et si une grosse veine est restée obstruée, le malade devra porter des bas élastiques. Des frictions douces et des douches chaudes sont très' utiles dans ces cas, mais il n'y faut pas penser tant que la maladie présente encore quelque phase d'acuité.
Les rechutes sont fort possibles si l'on ne veille pas à ce que laguérison se fasse d'une façon complète. Il suffît pour cela d'une cause insignifiante chez les individus prédisposés à cette manifestation goutteuse; aussi ces malades doivent-ils renoncer pour l'avenir aux occupations et aux exercices qui pourraient amener cette complication. A
mesure que diminue la tendance aux manifestations goutteuses, on voit également diminuer la tendance à la phlébite.
Dans les cas d'embolie, si le caillot est volumineux, la mort arrive en quelques instants. De petites parties d'un caillot friable peuvent atteindre les poumons et déterminer des symptômes brusques, parfois assez alarmants, mais souvent se bornant à déterminer une pneumonie avec fièvre et crachats sanguinolents et parfois des symptômes septiques, réclamant de la quinine, de l'ammoniaque et des stimulants.
Affections goutteuses de la langue et de la gorge. — Névralgie linguale. — Les douleurs névralgiques de la langue disparaissent souvent sans traitement. Dans les ulcérations de la langue avec du psoriasis et de l'épaississement de l'organe, on évitera de prendre des aliments trop chauds, ainsi que le tabac et le sel. On pourra les toucher avec une solution saturée d'acide chromique, à une semaine d'intervalle. Le baume du Pérou peut être employé plus souvent. Les lotions boriquées avec ou sans chlorate de potasse sont très bonnes. On prescrira un régime ordinaire dans lequel les stimulants, si on les permet, ne joueront qu'un rôle très faible.
Amygdalite. — Le meilleur traitement de l'amygdalite au début consiste à faire sucer de la glace et à administrer une dose ou deux de mixture de gaïac. Quand la maladie existe depuis vingt-quatre heures, le gaïac est sans action. Le salicylate de soude est souvent très efficace et doit être administré à la dose de 75 centigrammes à 1 gramme, toutes les deux heures d'abord, puis toutes les quatre ou six heures. Les gargarismes chauds de borax et d'eau camphrée sont très adoucissants. Les badigeonnages avec une solution de cocaïne à dix ou vingt pour cent sont très calmants. On devra donner un purgatif mercuriel ou salin et de la quinine avec de la teinture de quinquina pendant quelques jours, quand les symptômes cèdent. On pourra badigeonner la gorge avec un Uniment de camphre composé'. Dans certains cas, il pourra être nécessaire de donner de 90 à 120 grammes de vin de Porto aux repas. Généralement il y a une 'amygdale qui est plus atteinte que l'autre. Dans ces cas, la suppuration est exceptionnelle et les formes ulcératives ou herpétiques sont