TRAITEMENT DU DIABÈTE GOUTTEUX
symptômes ordinaires du diabète sont absents. Sir William Roberts incline vers un pronostic plutôt sombre, au point de vue de l'atteinte portée à la santé, car il a constaté que la mort survenait dans l'espace de deux à quatre ans, par affection cérébrale ou complication pulmonaire.
A côté de cela on voit des cas qui durent dix, douze et même vingttrois ans. En présence d'une semblable disproportion, il est impossible d'assigner une limite quelconque. Chaque cas doit faire l'objet d'une étude distincte et l'on doit bien observer les effets de la maladie sur chaque individu. C'est ainsi qu'on voit que la signification du symptôme glycosurie varie extrêmement dans les différents cas. Cela est tellement vrai que Lasègue déclare que Ton doit étudier le diabète sans relâche pendant quinze à vingt ans avant de le connaître. « C'est une maladie à l'usage exclusif des vieux praticiens. »
Bien des malades, atteints de cette variété de diabète, sont robustes et de bonne constitution et, dans bien des cas, à mesure qu'ils avancent en âge, la glycosurie perd de son importance comme sj^mptôme.
D'après Schmitz, le diabète goutteux comporte le pronostic le plus favorable de toutes les autres formes de la maladie.
Quand, sous l'influence du régime, le sucre disparaît rapidement, c'est une bonne note et il peut se passer un long temps avant qu'on le voie reparaître.
De temps à autre, le sucre reparaît dans l'urine et l'on assiste alors à une recrudescence; cela semblerait parfois indiquer que la glycosurie survenant ainsi pour ainsi dire sous forme d'accès, remplace les attaques plus nettement goutteuses auxquelles les malades étaient auparavant sujets. On voit alors les mêmes causes qui pouvaient provoquer par exemple une attaque de goutte, amener à sa place une sorte d'accès de glycosurie.
Dans certains de ces cas, l'urine devient d'une densité faible et contient de l'albumine, la quantité de l'urine continuant à être abondante, non, comme le croit sir W. Gull, parce qu'il y a beaucoup de sucre à éliminer, mais parce que les reins sont lésés et se sclérosent en même temps que les vaisseaux , ce qui rentre dans la cachexie goutteuse généralisée. Aussi, peut-on trouver du sucre dans ces cas où l'urine a une densité de 1006, mais le pronostic doit surtout alors se baser sur l'état des reins et des vaisseaux bien plutôt que sur le degré de la glycosurie.
Les malades intelligents, lorsqu'ils apprennent qu'ils ont le diabète, peuvent en être très troublés et très affectés moralement. Cet
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état mental est très fâcheux. Il est très important de lutter contre cette tendance d'esprit en même temps qu'on institue un régime sévère, et qu'on cherche à améliorer l'état général.
Les malades qui sont atteints de cette variété de diabète ne doivent pas être traités comme des diabétiques ordinaires. Ils réclament avec instance les aliments qui sont théoriquement contre-indiqués et leur état s'aggrave si on les soumet au régime restreint. Comme les autres diabétiques , ils veulent toujours enfreindre les prescriptions du médecin et cherchent toujours à le tromper.
Dans les cas de glycosurie goutteuse, on peut donner le salicylate de soude à la dose de 75 centigrammes répétée trois fois par jour, en faisant chaque jour l'analyse quantitative de l'urine. Si, au bout de quelques jours, on ne constate aucun résultat, il est bien probable qu'on n'en observera pas davantage dans la suite. Les laxatifs mercuriels, donnés de temps en temps, sont certainement très utiles. L'opium et la codéine ne conviennent pas dans tous les cas. Le sulfate de soude augmente la quantité de sucre.
Dans ces cas, les symptômes les plus graves sont ceux qui dénotent de la faiblesse cardiaque, la perte de la force nerveuse, l'amaigrissement dû à la disparition de la graisse et des muscles et l'anorexie. On observe dans la marche de la maladie diverses périodes, les unes où tous les principaux symptômes dominent la scène et les autres oi^i il se produit une sorte de détente, pendant laquelle le malade regagne le poids qu'il avait perdu et voit son état général s'améliorer considérablement. L'albuminurie est toujours un symptôme grave. L'acétonurie et l'aboUtion du réflexe tendineux peuvent exister longtemps avant qu'éclatent les symptômes plus graves. La maladie peut se terminer par le coma et la mort et ce fait est moins rare chez les sujets au-dessus de trente-cinq ans, que les statistiques de Dreschfeld conduiraient à le croire. La cataracte et la phtisie pulmonaire sont des complications rares de cette forme de diabète.
Il est assez curieux de noter que la race juive paraît être assez, prédisposée à la glycosurie, surtout parmi les classes riches.
Un grand nombre de sujets gras perdent une bonne partie de leur graisse, il est donc inutile de les soumettre à un régime destiné à réduire rapidement leur poids. 11 ne faut jamais avoir recours à des. moyens violents.
Le poids d'un malade doit être pris à des intervalles réguliers. Tant que le poids se maintient, il y a peu de probabilité pour qu'on voie apparaître des symptômes graves.