‹ Traité de la goutteChapitre 16 sur 165 · Parkes, On urine, Londres, 1860, p · texte numérisé non relu

Parkes, On urine, Londres, 1860, p

sang, mais par la formation d'acide urique dans les tissus et par l'action qu'il exerce sur eux, mais surtout par les modifications particulières du système nerveux.

Edouard Liveing * doute que la goutte dépende de la présence de l'acide urique dans le sang parce que l'excès de cette substance se rencontre dans d'autres états pathologiques qui n'ont aucun rapport avec la goutte, et il croit qu'un grand nombre de symptômes de la maladie reconnaît une origine nerveuse.

Sir William Roberts ^ accepte la doctrine de Garrod. Il admet que l'insuffisance d'élimination de l'acide urique parle rein provient d'une diminution de l'alcalinité du sang.

Ord ^ a émis une opinion tout à fait différente. Il considère la goutte comme provenant d'une tendance à une forme spéciale de dégénérescence ou à une sorte de vice de structure de certains tissus fibreux,, soit héréditaire, soit acquise, qui détermine un excès de formation d'urate de soude, qui passe dans le sang et va se déposer dans le& régions les plus pauvres en tissus vasculaires et lymphatiques, c'està-dire les cartilages. Il attribue l'accès de goutte à l'existence de causes locales telles que traumatisme, refroidissements, etc. Il n'admet pas que la présence de dépôts uratiques indique leur élimination du sang, que les processus locaux soient sous la dépendance de ces dépôts ni que ceux-ci soient le résultat de l'inflammation. Il croit que la dégénérescence locale goutteuse et l'inflammation tendent à envahir le reste de l'économie par l'intermédiaire du sang, et à développer ailleurs des phénomènes de même nature par une action nerveuse réflexe.

Cette théorie nous ramène en partie au solidisme d'autrefois, mais accommodé selon les idées modernes; cependant elle est en partie neuro-humorale et par certains côtés contraire à la doctrine de Garrod. Elle pose cette question si vaste à savoir s'il y a ou non dans la nature intime de la goutte une tendance spécifique à la dégénérescence et une transformation anormale de certains tissus aboutissant aux dépôts uratiques.

Ralfe * pense que le premier facteur de la goutte réside dans la diminution de l'alcalinité du sang par suite de l'accumulation dans ce liquide d'acides et de sels acides : pour lui, l'acide urique n'est formé, à l'état de santé ou de maladie, qu'en petite quantité, mais

1. Liveing, On megrïm, Sick-Heaclache, etc., Londres, 1873, p. 404.

2. Roberts, On urinanj and rénal diseases, 1882, 3° édit., p. 66.

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