Ralfe, Clinical chemistry, 1883, p
son dépôt est dû plutôt à son insolubilité qu'à son excès de production. Dans cette théorie, les dépôts uratiques sont la conséquence, et non la cause des troubles qui leur sont généralement attribués.
Garrod a constaté que, dans la goutte chronique, la réaction du sang était presque neutre. La rétention de l'acide urique dans l'économie est due à un état pathologique des tissus qui en rend l'élimination incomplète.
On constate la diminution de l'acide urique dans l'urine surtout dans la goutte chronique où les reins sont déjà atteints, ce qui conduit Ralfe à douter de l'exactitude de la théorie de Garrod, qui considère l'insuffisance de l'élimination rénale comme la principale cause de la rétention de l'acide urique dans l'économie, et à admettre que « la première phase de ce processus a son siège dans les tissus qui sont devenus incapables de métamorphoser cet acide comme cela a lieu en état de santé. Dans les organes glandulaires volumineux ou bien dans ceux où la circulation se fait librement, l'acide urique est charrié par le sang et transformé graduellement en urée ; dans les tissus éloignés du grand courant circulatoire l'acide urique insoluble n'est pas si facilement transporté et, sous l'influence du plus léger trouble, il se dépose, comme cela a lieu dans les cartilages articulaires, dans celui de l'oreille, etc. » Ralfe accepte donc l'opinion d'Ord au point de vue de la dégénérescence héréditaire ou acquise des tissus, d'après laquelle ceux-ci ainsi que le sang se chargent de produits excrémentitiels, et il fait intervenir ensuite l'influence nerveuse en disant que : « cette prédisposition finit par amener des troubles dans quelque centre nerveux », ce qui constitue la cause déterminante de l'attaque de goutte, « dont le résultat est l'accumulation d'acide urique dans le sang et le dépôt d'urate de soude dans les tissus ». Cette théorie est donc en partie solidiste et en partie neuro-humorale.
Murchison * regarde la goutte comme étant le résultat d'une variété d'uricémie, et admet que cet état du sang est dû à des troubles digestifs et hépatiques. « La goutte articulaire est, pour ainsi dire, un accident local qui, bien que parfois déterminé par un traumatisme, peut cependant survenir à un moment quelconque chez les individus qui présentent des troubles permanents dans le processus normal de transformation des matières albuminoïdes en urée par le foie. En d'autres termes, la goutte, comme le diabète, est le résultat d'un trouble fonctionnel du foie. » Murchison accepte les idées de Garrod sur