‹ Traité de la goutteChapitre 31 sur 165 · Pye-Smith, Pathol. Soc. Transacf., 1875, t. XXVI, p · texte numérisé non relu

Pye-Smith, Pathol. Soc. Transacf., 1875, t. XXVI, p

2. Goodhart, Patholoçjical Society's Transactions, t. XXVI, p. 164.

3. Moore, CUnical Sociebfs Transactions, 1887, t. XX, p. 232.

4. Rivington, Pathological Socielifs Transactions, t. XXXIII, p. 274.

vent par la gangrène avec spliacèle des téguments qui entourent le gros orteil et sans association de glycosurie. La gangrène est une conséquence assez fréquente de la goutte aiguë ou d'un traumatisme sur les parties périphériques chez les sujets atteints de diabète goutteux. L'inflammation goutteuse gangreneuse peut provenir d'un affaiblissement de la vitalité chez les gens âgés et chez les sujets cachectiques. Kystes bursaux. — On trouve quelquefois de petits renflements kystiques sur les nodosités et juste au-dessus de l'ongle, au niveau de l'articulation de la phalangette. On les a comparés assez heureusement à des yeux de crabes. Jusqu'à présent, je ne les ai rencontrés que chez des femmes, d'un âge moyen ou avancé. Paget et Garrod les ont décrits. Pour moi, ils sont dus à des bourses synoviales petites et peut-être adventices. Parfois ils se rompent et donnent issue à un liquide clair visqueux, dans lequel je n'ai pas découvert de sels uriques. Lorsqu'ils sont le siège d'une tuméfaction, on y constate de la douleur, de la chaleur, et la pression produit au doigt une sensation de craquement, comme dans les bourses ordinaires enflammées. Je n'ai jamais observé ces kystes que sur les nodosités de Heberden enflammées d'origine goutteuse, et seulement rarement. Elles sont représentées figure 13. Avec le temps, leur contenu se dessèche et la nodosité se durcit. Elles peuvent disparaître pendant des mois, puis se reformer comme auparavant.

Rétraction de Dupuytren, — La rétraction de l'aponévrose palmaire, connue sous le nom de rétraction de Dupuytren, s'observe chez les goutteux bien plus souvent que chez les autres personnes. Si la pression seule en était la cause, on constaterait ce signe bien plus fréquemment; elle en est bien la cause excitante, mais elle agit surtout chez les goutteux et chez les arthritiques en général *. On ne trouve pas habituellement d'autres lésions goutteuses chez ces malades, aussi doit-on la regarder comme une manifestation de goutte incomplète. Souvent elle est héréditaire. L'aponévrose plantaire en est moins fréquemment le siège. Les téguments adhèrent à l'aponévrose et prennent part à la rétraction. Les gaines des fléchisseurs sont atteintes, mais les tendons et les articulations restent indemnes.

Les dépôts uratiques atteignent quelquefois des dimensions énormes. Les plus volumineux se trouvent naturellement autour des articulations, surtout celles des extrémités supérieures (fîg. 16), La section de

1. Menjaud, de la Rétraction spontanée et progressive des doigts dans ses -rapports avec la goutte, etc., Thèse de Paris, 1861.

ces tumeurs montre que la plupart des lésions qu'elles déterminent sont dues à une compression mécanique prolongée, amenant la résorption d'une grande partie du tissu normal. Comme ces dépôts

Mm

Fig. 16. — Goutte tophaoée. — Toplius énormes.

sont très voisins de la surface, ils tendent à faire éclater la peau, ce qui donne issue à une matière pultacée, calcaire qui soulage beaucoup le malade et diminue la déformation. On a vu sortir de cette façon jusqu'à 100 grammes d'urates.

Goutte abarticulaire et viscérale.

Les dépôts uratiques se font extrêmement rarement dans les viscères. On a rapporté des cas où l'on est supposé en avoir trouvé dans les valvules du cœur, dans la tunique interne de l'aorte, dans les ganglions bronchiques et les bronches, dans les méninges. Bien peu de ces constatations ont été faites depuis que l'on connaît mieux les réactions de l'acide urique. Dans certains de ces cas, on a trouvé seulement de légères traces de cet acide associé aux sels de chaux qu'on trouve habituellement dans les organes énumérés plus haut. Lancereaux,

Bence Jones, Sansom, Sydney Coupland ont trouvé des urates dans les concrétions des valvules milrale et aortique, Bransom dans la crosse de l'aorte.

Appareil respiratoire. — Lécorché *, Moore ^ ont signalé des cristaux d'acide urique dans les crachats de goutteux. Garrod a observé dans un cas l'encroûtement du cartilage aryténoïde; cela doit être rare. Virchow ^ a trouvé un petit tophus dans la partie postérieure de la corde vocale droite. Litten *, dans une relation d'autopsie d'un goutteux âgé de quarante-cinq ans, décrit la présence de dépôts uratiques sur les ligaments crico-aryténoïdiens. Norman Moore ^ a rapporté un cas de goutte saturnine, dans lequel on a trouvé de petits dépôts dans les deux cordes vocales, mais rien dans les articulations crico-aryténoïdiennes. Dans ce cas il existait un dépôt dans la pie-mère, sur le lobe cérébral antérieur, la dure-mère n'était pas adhérente.

On observe parfois des plaques congestives sur les cordes vocales, pendant la vie, avec des symptômes de catarrhe, chez les goutteux, sans que ceux-ci se soient exposés aux causes habituelles du catarrhe.

Bronchite, — Dans les cas de cachexie goutteuse, on constate des signes d'irritation, tels que la congestion chronique de la muqueuse bronchique. La laryngite d'origine goutteuse est rare, mais elle a été signalée,

La bronchite est très fréquente chez les personnes d'un âge moyen. Elle peut alterner avec la goutte articulaire ou avec quelque affection de la peau telle que le psoriasis ou l'eczéma. On y trouve associé de l'emphysème causé mécaniquement par la toux et dont la cause première est une dégénérescence des petits vaisseaux et des capillaires qui s'oblitèrent et deviennent graisseux, de même que l'épithélium des alvéoles, ce qui amène l'atrophie et la rupture de leurs parois.

Emphysème, — D'après Norman Moore, l'emphysème est une lésion aussi constante dans la goutte que la néphrite interstitielle. C'est par excellence la lésion pulmonaire des goutteux. A l'emphysème est associée l'hypertrophie du ventricule droit, qui pendant longtemps vient compenser les troubles de la circulation pulmonaire. Comme, dans la plupart de ces cas, il existe de la néphrite chronique, il est difflcile de déterminer la part qui revient à la lésion rénale.

Page 1