Pye-Smith, Guy's Hospital Reports
3. Dickinson, Pathology and treatment of albuminuria, 1877, p. 149.
Ces cas se montrent chez des individus de constitution robuste dont les tissus sont doués d'une grande énergie et d'une force de résistance très puissante. Dans la goutte rénale primitive, l'état général est chétif et la cachexie marche rapidement vers un dénouement fatal prématuré. Dans la goutte franche, de longue durée, les reins sont habituellement le siège de cirrhose; mais on trouve aussi des cas exceptionnels, comme nous l'avons vu *.
Les lésions sont essentiellement chroniques, d'origine insidieuse et ne sont reconnues que lorsqu'elles arrivent à un état avancé. Pour moi, la goutte est le seul facteur étiologique puissant dans une proportion considérable parmi tous les cas de néphrite interstitielle.
L'influence du saturnisme et de l'alcoolisme sur la production du rein granuleux ne peut être mise en doute. Or le plomb et l'alcool Bgurent souvent dans les commémoratifs de la goutte, mais nous discuterons plus loin cette parenté. Nous nous bornerons à dire ici que l'anatomie pathologique du rein granuleux ne permet pas de distinguer des différences dans l'étiologie.
Lancereaux admet l'identité des lésions rénales qu'on observe dans la goutte ordinaire et dans la goutte saturnine. Il a décrit une variété de néphrite interstitielle due ou plutôt consécutive à l'altération du système artériel, associée à l'arthritisme qu'on ne peut distinguer de celle qu'on rencontre dans le rhumatisme chronique. Aussi croit-il qu'il y a deux formes de rein granuleux. La dernière variété est celle que l'on range maintenant dans l'artério-sclérose capillaire qui est, dans bien des cas, une manifestation héréditaire de la goutte, ainsi que je suis disposé à le croire.
Pour distinguer les deux variétés décrites par Lancereaux, il serait nécessaire de rappeler plus en détail les symptômes cliniques de l'arthritisme et d'examiner beaucoup d'articulations dans un nombre plus considérable de cas qu'on ne paraît l'avoir fait.
Quelques auteurs ont employé le terme « goutteux « comme synonyme de « granuleux ». Todd a proposé, en 1846, d'appliquer ce dernier au rein rétracté qu'on trouve dans la diathèse goutteuse. Il rapportait en même temps deux cas de goutte vraie où on avait trouvé des vestiges d'urate de soude dans les tubes des pyramides du rein.
Quant à l'opinion d'après laquelle le petit rein rouge est une lésion spéciale à la goutte, il lui manque le contrôle de la clinique pour pouvoir être acceptée. Il est vrai que, dans cette variété, on trouve sou-