GOUTTE HÉRÉDITAIRE ET ACQUISE
dans un cas donné, cette afTection se trouve acquise à nouveau. L'étude des antécédents de famille poursuivie sur une longue période, d'après les idées modernes sur l'évolution, montre d'une façon très touchante, ce fait que, dans les familles comme chez les individus, les prédispositions peuvent reparaître plus tard chez des membres de la même famille sous l'influence de causes occasionnelles.
J'entends par prédisposition une faculté ou une particularité de tissu d'après laquelle certains tissus peuvent être impressionnés de façon <à subir des modifications trophiques définies, répondant à des causes excitantes définies qui conduisent à l'évolution de la goutte ou à l'éclosion de manifestations goutteuses.
Il est rarement possible, je crois, dans un cas de goutte survenant chez un individu dont les ancêtres sont fixés depuis longtemps dans le même pays, d'affirmer avec certitude que la maladie est nouvellement acquise; cela peut être très probable, mais, je le répète, la certitude n'est pas possible. Il est plus facile d'admettre que l'afiéction est acquise quand l'individu est issu d'une famille ou vient d'un pays oti la goutte est rare. Par exemple, chez les Irlandais de basse classe qui viennent à Londres et deviennent goutteux, on peut être certain que leurs ancêtres ne l'étaient pas, car la goutte est inconnue et l'a probablement toujours été chez les paysans d'Irlande. Mais même chez eux, on trouve des antécédents arthritiques, car le rhumatisme chronique est une affection très commune parmi eux.
Cependant les faits démontrent, à peu d'exceptions près, que certaines habitudes de vie amènent la goutte chez tous les individus et dans tous les pays. La bonne chère, l'abus des liqueurs alcooliques, la vie sédentaire sont des causes de goutte très puissantes dans presque (ous les climats. Il faut donc accepter ce fait que la goutte peut être acquise.
Ainsi que Harry Campbell ' l'a fait remarquer, la faculté d'acquérir une maladie peut être héréditaire, mais l'hérédité de l'acquisition peut ne pas être entièrement implantée dans tous les cas, car si un individu était placé dans des circonstances telles que les modifications de tissus ne puissent se produire, il n'acquerrait jamais la maladie. Ainsi beaucoup d'individus peuvent être dans des conditions voulues pour avoir la goutte, mais par suite de circonstances heureuses, ils ne deviennent jamais goutteux. Par contre, il y en a d'autres dont la constitution les met à l'abri de toute atteinte de goutte ou de rhumatisme ou de toute manifestation arthritique,