‹ Traité de la goutteChapitre 50 sur 165 · DES ÉTATS SE RAPPROCHANT DE LA GOUTTE CHEZ LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

DES ÉTATS SE RAPPROCHANT DE LA GOUTTE CHEZ LES ANIMAUX

Les études très attentives qui ont été faites sur ce sujet n'ont pas beaucoup éclairé la question. On peut dire cependant qu'aucune maladie ayant une ressemblance étroite avec la goutte n'a été observée chez les animaux. On a trouvé des concrétions d'acide urique chez certains reptiles et chez des oiseaux qui ont été maintenus en cage, dans des conditions qui ne leur étaient pas normales. Celles-ci ont été constatées dans les reins des reptiles et autour des articulations des oiseaux. On rencontre parfois la goutte guanine chez le porc. Après la ligature des uretères chez l'oiseau et l'enlèvement des reins chez le serpent on a trouvé de grandes quantités d'urates dans les viscères, les séreuses et les articulations. Les recherches les plus récentes sur ce sujet ont été faites par le D"" Mendelson, de New- York *, qui a décrit la nature de la goutte guanine du porc. La formule de la guanine est G^H^Az^O et on a extrait celle-ci tout d'abord du guano. D'après Foster, on en trouve de petites quantités dans le pancréas, le foie et le suc extrait des muscles. Elle se combine avec les alcalis, les acides et les sels pour former des composés cristallins. Par l'oxydation, elle cède, parmi d'autres substances, de petites quantités d'urée, de xanthine et d'acide oxalique. L'acide urique peut être converti en xanthine et hypoxanthine par l'amalgame de sodium. La guanine est donc un corps de la série de l'acide urique.

Mendelson a constaté, dans la goutte du porc, que la guanine se déposait d'abord dans les os, sans signe de processus inflammatoire,

i. Mendelson, American journal of médical sciences^ février 1888.

DES ÉTATS SE RAPPROCHANT DE LA GOUTTE CHEZ LES ANIMAUX 427 le cartilage étant simplement repoussé. Dans les cartilages, le dépôt était d'abord interstitiel (dans la substance fondamentale), mais on le trouvait aussi dans l'intérieur des cellules. Les cristaux en aiguille de guanine situés dans les cellules n'étaient pas contemporains, comme formation, de ceux de la substance fondamentale. Il a aussi constaté des dépôts dans les espaces médullaires de l'os, se développant vers le cartilage, dans les gaines tendineuses et dans les muscles. Il est d'accord avec Ebstein au sujet de la nécrose moléculaire existant au siège des dépôts; mais il pense que, chez le porc, ceux-ci sont primitifs et que la nécrose est secondaire. Les cristaux de guanine étaient fins, ressemblant à des cheveux et doublement réfringents au polariscope transmettant la lumière quand les prismes de Nicol étaient en croix.

Cette maladie est rare chez le porc, cependant on pouvait s'attendre à la rencontrer bien plus souvent étant données les conditions d'existence qu'on impose à cet animal. Cependant il ne faut pas oublier qu'on les tue lorsqu'ils sont encore très jeunes et qu'on les laisse rarement arriver à un âge avancé.

Bien que ces recherches soient utiles au point de vue de l'anatomie pathologique et de la pathogénie des dépôts, elles ne jettent aucune lumière sur les caractères multiformes de la goutte humaine.

Page 1