‹ Traité de la goutteChapitre 53 sur 165 · Garrod, Goitt and rheumatic goût, 3° édit., p · texte numérisé non relu

Garrod, Goitt and rheumatic goût, 3° édit., p

Les rapports de la goutte et du saturnisme ne peuvent s'observer que presque exclusivement dans la classe ouvrière et par suite à l'hôpital. Le saturnisme est aujourd'hui heureusement très rare dans les classes élevées; cependant même chez les malades de cette classe, il ne faut jamais perdre de vue cette influence. Parmi la population ouvrière de Londres, le saturnisme est très fréquent, mais les cas les plus graves s'observent surtout chez les lamineurs en plomb. Ces individus sont très pauvres et n'acceptent ce travail que lorsqu'ils n'en trouvent pas d'autre. Ce sont souvent des Irlandais et on compte parmi eux un grand nombre de femmes.

Ma propre expérience porte sur 136 cas de goutte, dans les deux sexes; 25 d'entre eux, soit 18 p. 100, présentaient des signes de saturnisme et étaient peintres, plombiers, compositeurs ou lamineurs en plomb. Tous étaient des hommes. Le plus jeune avait vingt-cinq ans et le plus âgé soixante-deux ans. Dans 17 cas, il existait ou il y avait eu le liséré des gencives ou des coliques. Au moins la moitié d'entre eux étaient des alcooliques. L'urine était légèrement albumineuse, peu dense et il y avait des crampes dans les jambes et de l'incontinence nocturne d'urine, tous symptômes de néphrite interstitielle, chez environ les trois quarts.

Cette proportion de 18 p. 100 est inférieure à celle de 33 p. 100 donnée par Garrod.

A Edimbourg, Grainger Stewart a constaté qu'il existait une sorte d'immunité à l'égard du saturnisme et de la goutte. Il ajoute : « Bien que je voie un grand nombre de goutteux dans mon cabinet, j'en observe bien rarement à l'hôpital. »

Gairdner, de Glasgow, dit que son expérience à cet égard est tout à fait négative : « Je n'ai jamais vu en Ecosse un cas de saturnisme associé à la goutte; or comme chacune de ces maladies est rare dans ce pays, leur association doit par conséquent être encore plus rare. »

Drummond, de Ne\vcastle-on-Tyne, s'exprime ainsi : « Dans ce district, il y a beaucoup de cas de saturnisme, mais je n'en ai jamais vu associés à la goutte. Celle-ci, du reste, est très rare dans les classes ouvrières. »

Plusieurs autres observateurs ont confirmé ces faits, dans la région où ils exercent.

Quant à Paris, Charcot s'exprime ainsi : « Il existe parmi les saturnins quelques goutteux, chez qui l'empoisonnement par le plomb est la seule cause qu'on puisse invoquer. » Il admet que la goutte puisse se développer sous cette seule intluence, mais il considère ces cas comme

rares. Lancereaux a publié une série de 24 cas de néphrite saturnine; dans un tiers des eas il y avait des signes de goutte ou des infiltrations uratiques dans les articulations. Je crois que si celles-ci avaient été examinées dans tous les cas, la proportion eût été plus forte. La plupart de ces malades étaient des alcooliques. Ces cas montrent clairement que l'alcoolisme et le saturnisme sont deux facteurs puissants dans la production de la goutte dans des collectivités ou dans des pays où cette maladie est rare. Lancereaux est d'accord avec les auteurs qui admettent que les lésions de la goutte et de la goutte saturnine sont identiques dans tous les organes; excepté cependant que, dans la goutte pure, les dépôts uratiques sont peut-être plus nombreux; mais il ne croit pas que les habitudes d'intempérance jouent un grand rôle dans la production de Turate de soude et de la goutte, il s'appuie sur ce fait que sa pratique d'hôpital lui fournit tous les ans des centaines de cas d'alcoolisme parmi lesquels on observe rarement la goutte, et, quand cela arrive, ce n'est qu'une simple coïncidence.

11 faut noter que, dans la majorité des cas de Lancereaux, les reins étaient très gravement atteints.

Pye-Smith ', dans une série de 61 cas de goutte, à Guy's Hospital, n'a trouvé que deux cas de saturnisme.

Il est important de voir quelle est l'influence du plomb dans les cas de goutte où il n'y a pas de tare héréditaire ni d'alcoolisme pouvant jouer un rôle dans la production de cette maladie. Charcot ^ en a rapporté un cas, Todd ^ un autre et Wilks ^ trois. Dans la plupart des cas, on trouve soit une prédisposition à la goutte, soit de l'alcoolisme; mais l'influence du saturnisme n'est pas moindre.

Begbie ^ Falconer % Fagge ', ont rapporté des cas, observés chez des alcooliques, Bricheteau * a publié l'observation d'un peintre dont le père exerçait le même métier, et parmi mes observations j'en trouve trois dont le père de mes malades était peintre ou compositeur. Dans ces cas, on doit considérer comme presque certain qu'il existait une prédisposition à l'arthritisme ou que celle-ci était héréditaire. Il est toujours très difficile de rassembler les commémoratifs dans les cas

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