Bricheteau, Gazette clés liôpitaux, 1870, n
de goutte, surtout chez les malades de l'hôpital, et il est non moins difficile de constater des signes de saturnisme dans certains cas où cette intoxication existe sans les manifestations classiques de coliques, liséré, etc.
La pratique londonienne confirme l'opinion de Garrod que les individus exposés au saturnisme sont dans d'excellentes conditions pour devenir goutteux et que ceux qui sont prédisposés à la goutte peuvent être atteints rapidement d'un saturnisme grave. Il est assez remarquable que ce fait d'observation ne soit pas universel, même en Angleterre. Cependant, il est à noter que, dans bien des cas où la goutte vraie n'est pas associée au saturnisme, on observe des douleurs rhumatoïdes et de l'arthrite, ce qui me paraît confirmer l'opinion de Lancereaux et de Wynne Foot, à savoir que l'arthrite est d'origine nerveuse. J'accepte parfaitement cette théorie, car je suis un partisan convaincu de l'influence nerveuse dans la goutte en général. Lancereaux croit que la goutte ordinaire et la goutte saturnine ont une origine commune « dans une perturbation primordiale de l'innervation nutritive ». Il ajoute : « La goutte est certainement le résultat d'un trouble de ce genre et personne ne peut mettre en doute l'action du plomb sur le système nerveux. »
Quant aux lésions articulaires produites par le plomb, l'attention a été appelée sur elles par MM. Gubler ', Nicaise ^ et Bouchard ^. Dans une série de 14 cas, on trouve notées certaines tuméfactions des tendons extenseurs et de leurs gaines en connexion avec l'alrophie musculaire et la paralysie du poignet. Quelquefois les os du carpe et du métacarpe sont le siège d'exostoses et dans quelques cas les articulations phalangiennes et métacarpo-phalangiennes sont affectées d'arthrite, La goutte et les dépôts uratiques paraissent avoir été soigneusement éliminés, excepté peut-être dans un cas. Les tendons extenseurs du pied et les os du tarse sont quelquefois atteints, Gubler a donné le nom de tumeur dorsale du poignet à une tuméfaction qu'on observe souvent dans les deux mois qui suivent la paralysie; quelquefois elle se forme au bout de quelques jours, d'autres fois au bout de six mois. A l'autopsie on constate que les tendons et leurs gaines sont granuleux, la synovie est opaque, il y a des exosloses, mais pas d'incrustation uratique. Ces tuméfactions ont disparu dans plusieurs cas, mais après avoir été au début le siège d'inflammation et de douleurs.