Bouchard, Gazette hebdom
Gubler a constaté la même affection dans un cas d'hémiplégie due à une hémorragie cérébrale et Tournié * a rapporté trois cas oii ces tuméfactions étaient survenues dans la main du côté paralysé.
Gubler considère ces cas comme dus à un affaiblissement des nerfs vaso-moteurs; on doit grouper ces manifestations avec celles qui sont de nature goutteuse, car toutes deux sont la conséquence de troubles neuro-trophiques : Erb ^ affirme que, dans le saturnisme, il y a une lésion primitive du système nerveux, surtout spinal, aboutissant à des troubles moteurs trophiques, et il cite des observations de Remak, montrant qu'on trouve des lésions circonscrites dans les cornes antérieures de la moelle.
Nous venons de voir le saturnisme produire des arthrites, des douleurs articulaires, des tuméfactions spéciales des tendons et de leurs baines, nous devons maintenant étudier le rôle qu'il joue dans la production de la goutte vraie. Les effets, dans ce cas, sont de nature nerveuse et se rapprochent des arthropathies spinales.
La tare plombique se surajoutant à une diathèse arthritique existant déjà ou s'unissant aux causes excitantes ordinaires de la goutte, semble favoriser l'évolution de la goutte et augmenter l'intensité des manifestations.
Ceux qui n'admettent pas les rapports du saturnisme et de la goutte objectent que les cas où ils se présentent devraient être plus fréquents qu'ils ne sont et qu'on devrait en observer chez les femmes. Mais le nombre de ceux qu'on rencontre chez l'homme constitue une proportion très forte sur tous les cas de goutte vraie et quant au fait que les femmes semblent en être exemptes, on peut l'expliquer en ce qu'elles sont, moins que les hommes, exposées à une impréguation plombique permanente. Les femmes qui sont atteintes, sont celles qui travaillent pendant quelque temps dans les moulins à plomb. La plupart n'acceptent ce travail qu'à défaut d'autre et le quittent dès qu'elles le peuvent. Les femmes sont aussi moins sujettes à la goutte que les hommes, pendant leur période d'activité génitale, et elles ont également des habitudes d'intempérance moindres. Parmi mes observations, la plupart des femmes affectées de saturnisme étaient Irlandaises et très pauvres. On peut donc affirmer que, dans ces cas, il y a eh général absence des deux facteurs principaux de la goutte, à savoir la prédisposition héréditaire et l'intempérance. Je vois beaucoup de cas de goutte, chez les Irlandais qui habitent Londres depuis longtemps et qui