Erb, Ziemssen^s Cyclopedia, t. XI, p
ont acquis la maladie en adoptant les habitudes des ouvriers de Londres, qui boivent de la bière en excès. Il est probable ,que, si ces individus étaient restés en Irlande, ils ne seraient jamais devenus goutteux.
Les femmes, qui sont atteintes de cachexie saturnine, présentent toutes les lésions de cette intoxication, excepté la goutte vraie. Elles ont des lésions cardio-vasculaires et rénales très marquées, mais pas d'uricémie.
Les rapports du saturnisme avec la néphrite interstitielle sont hors de doute dans les deux sexes. Lancereaux a appelé l'attention sur l'état des reins, dans le saturnisme et dans la sclérose artério-capillaire indépendante de cette intoxication. Dans cette dernière il a trouvé un état granuleux, plus prononcé, plus irrégulier, les artérioles plus dures et les lésions inégales dans les deux organes. En même temps que ces reins granuleux accompagnés de lésions purement vasculaires, il a observé, dans un certain nombre de cas, certaines formes d'arthrite tout à fait distinctes de la goutte et se rapprochant plus de l'arthrite rhumatoïde, sans aucun dépôt uratique. Les articulations le plus souvent affectées sont l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce et le genou. Quand les caractères de la néphrite interstitielle dominent, Lancereaux * a trouvé les lésions arthritiques caractéristiques de la goutte, c'est-à-dire des dépôts uratiques dans les tissus articulaires.
Dans un grand nombre des cas de saturnisme rapportés avec soin par Tanquerel des Planches, il est assez remarquable qu'on n'y trouve aucune mention de la goutte. Les caractères de l'arthropathie saturnine sont décrits en détail, elle est rangée comme fréquence au second rang en tant que symptôme, les coliques s'observant près de deux fois plus souvent. L'arthropathie se rencontre plus fréquemment pendant l'été et vers l'âge de quarante ans. Les articulations des membres inférieurs sont surtout atteintes, tandis que celles des membres supérieurs sont affectées de paralysie. Il est fait une mention spéciale de l'absence de chaleur, de rougeur, de gonflement et du soulagement de la douleur par la pression.
La susceptibilité spéciale du goutteux à l'égard du saturnisme, affirmée par Garrod, semble être hors de doute. Dans certains cas, le plomb a déterminé l'éclosion des premiers symptômes de la goutte, en précipitant pour ainsi dire le processus morbide spécifique de