Lancereaux, Traité de l'herpétisme, p. 282, Paris
RAPPORTS DE LA GOUTTE AVEC LE niABÈTE 167
le diabète : « L'obésité, le diabète gras, la gravelle urique et la goutte forment une première série de processus morbides qui se rencontrent successivement ou simultanément chez le même individu, dans une même famille, se succèdent par hérédité et procèdent d'une même condition pathologique, l'insuffisance des combustions. Un lien étroit de parenté réunit par conséquent ces états pathologiques et les rend inséparables. »
Lasègue ^ a décrit des cas de goutte incomplète qui deviennent des cas de diabète incomplet chez certains individus où une simple attaque de goutte bâtarde provoque un diabète transitoire.
Dans une série de 600 cas de diabète traités par Schmitz -, cet auteur montre que chez 45 individus le diabète était très nettement de nature goutteuse et qu'il provenait de l'influence nocive exercée sur le système nerveux par l'uricémie. Les symptômes goutteux avaient existé sous les formes les plus variées longtemps avant que le diabète eût fait son apparition.
En ce qui regarde l'obésité, il l'a trouvée dans 35 cas et chez quelques sujets seulement elle alla en augmentant. Dans 46 cas, il y eut un peu de perte d'embonpoint. Il est bien probable que la plupart de ces cas étaient de nature goutteuse.
Ord ^ a attiré l'attention sur les cas de cette nature. Sur 22 cas de glycosurie, survenus chez des individus âgés de cinquante ans et audessus, chez lesquels la maladie ne put à aucun moment mériter le terme de diabète, il a constaté qu'en la réduisant au rang de symptôme, elle se trouvait associée à quatre états importants : 1" des troubles nerveux, soit comme cause ou comme effet; 2° la goutte; 3<' des écarts de régime; 4° l'albuminurie. Sur ces 22 cas, dans 8 il y avait de la goutte et dans un cas du rhumatisme chronique datant de douze ans. L'albuminurie existait dans 10 cas, associée avec la goutte dans 4 cas. Dans la majorité de ces cas, il y avait peu ou pas d'émaciation.
Ord admet l'origine nerveuse de la glycosurie comme trouble soit central soit réflexe et il propose une explication ingénieuse de la forme intermittente de ce symptôme chez les goutteux, en comparant la disparition du sucre à ce qui survient dans le diabète pendant les inflammations intercurrentes; la glycosurie étant peut-être « un phénomène de même ordre que l'inflammation goutteuse des articula-