N. Guéneau de Mussy, Gazette hebdomadaire , 1872, p
Goutte et angine de poitrine et névroses cardio-vasculaires. — On a souvent avancé qu'il existait un rapport entre la goutte et l'angine de poitrine, mais il y a peu d'observations à l'appui de cette opinion. Deux caractères saillants des névroses appartiennent à l'angine de poitrine, savoir la tendance paroxystique et la douleur extrêmement vive.
Latham est assez sceptique en ce qui regarde les rapports directs de la goutte et de l'angine vraie et n'a jamais observé d'alternance de l'une avec l'autre. Il concevrait que cela puisse arriver dans les cas « où l'angine a été une affection vraiment vitale, oij le cœur a été le siège de douleur et de spasmes, tout en conservant l'intégrité de son tissu. Il n'y a rien d'impossible pour que dans ces conditions une angine prenne naissance sur le même tronc que la goutte » K
L'angine de poitrine vraie avec issue fatale est heureusement une affection rare. Elle affecte surtout le sexe masculin et les individus appartenant aux rangs élevés de la société de cinquante à soixante ans.
On peut affirmer qu'il est très difficile de reconnaître les formes graves d'angine de poitrine, en dehors des affections organiques du cœur. Les attaques de pseudo-angine peuvent survenir sans maladie de cœur manifeste et s'observer chez des individus jeunes. Cette fausse angine doit être reliée cliniquement à la goutte et on peut en distinguer deux sortes : l'une, et c'est la plus importante, qui survient lorsque le cœur est intact et qui est en rapport immédiat avec une attaque articulaire récente ou imminente; Tautre, la forme grave, qui est associée à l'artérite, aux dégénérescences des parois du cœur, aux lésions scléreuses des valvules surtout aortiques.
Garrod * a rapporté un cas où l'exposition au froid pendant la convalescence d'une attaque de goutte a déterminé plusieurs accès de pseudo-angine et le pied est redevenu goutteux. Il n'y avait pas de signe d'affection cardiaque. Il semble probable qu'il s'agissait là d'un cas de métastase, rentrant dans les autres formes de goutte viscérale, qui peuvent survenir dans des circonstances semblables.
Gairdner ^ à propos des rapports de l'angine et de la goutte, pense que ce qu'on appelle la métastase de la goutte sur le cœur est le résultat de lésions dégénératives graduelles, agissant plus ou moins sur l'organisme, qui, si elles ne sont pas en rapport direct avec
1. Latham, On the Diseases of Ihe llearf, 1846, t. IL p. 419.