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II. — Des causes déterminantes des attaques de goutte

Nous avons fait plus haut allusion à plusieurs conditions qui paraissent déterminer les attaques de goutte articulaire.

Le traumatisme et les shocks physiques et moraux, les hémorragies et divers autres troubles morbides sont reconnus comme étant des facteurs déterminants. Plusieurs d'entre eux produisent évidem-

ment des modifications du système nerveux et sont de nature à détruire l'équilibre des processus de nutrition générale.

Les attaques graves d'infïuenza ont été signalées assez souvent comme étant suivies d'attaques de goutte. Parmi les diverses prédispositions de ceux qui sont atteints de goutte incomplète nous signalerons une tendance aux attaques catarrhales qu'on appelle généralement « mauvais rhume » et qui se manifestent par du coryza avec pharyngite, laissant le malade afTaibli et déprimé pendant plusieurs semaines.

Des purgations énergiques sont une cause déterminante, surtout lorsque la goutte est bien établie. Il en est de même des excès vénériens, des changements dans des habitudes prises relativement à l'exercice et au régime, que ce soit en excès ou, au contraire, en privation. L'exposition au froid avec suppression de la transpiration est souvent une cause efficiente.

Les écarts de régime peuvent provoquer une attaque avec une soudaineté étonnante. Un simple verre de Champagne peut en produire une en quelques minutes.

Dans ces cas, toutes les conditions nécessaires pour l'éclosion d'une attaque existent et sont pour ainsi dire « à point ». Il a suffi d'introduire dans la circulation une substance qui en réduisît suffisamment l'alcalinité pour mettre, pour ainsi dire « le feu à la maison ». L'équilibre de santé est donc, dans ces cas, très facilement détruit et, lorsque cette instabilité existe, des causes, autres que des écarts de régime, peuvent agir comme déterminantes telles que des shocks, de fortes émotions et en général tout ce qui peut produire de fortes impressions.

L'hydrothérapie est souvent une cause d'attaque aiguë. C'est un fait bien connu dans les diverses stations hydrominérales. Des changements d'habitudes, de régime, joints à l'influence spéciale des bains et de l'eau minérale prise à l'intérieur, ont suffi à produire des attaques et cellesci sont souvent très salutaires, en ce sens qu'elles épurent l'économie et lui assui*ent une immunité plus longue pour de futures attaques.

L'inflammation, telle qu'on l'entend habituellement, ne forme pas partie essentielle de la pathologie de la goutte, pas plus du reste que la douleur. On voit des attaques de goutte incontestable survenir dans une articulation, sans aucun des symptômes classiques du paroxysme aigu. Il peut y avoir une douleur intense, mais ni chaleur, ni rougeur ou modification apparente dans la partie affectée, et la douleur peut arriver sans prévenir. J'ai cité plus haut un cas oîi une

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goutte « calme » monta graduellement et arriva à produire des déformations graves avec dépôts uratiques et où il n'y avait ni douleur ni goutte manifeste dans les parties.

Des travaux intellectuels prolongés peuvent précipiter une attaque. Comme le disait Syderiham : Quoties emm ad hœc studia me recipiebam^ loties et podagra recurrebat. La saignée et les hémorragies doivent également être comptées parmi les causes déterminantes,

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