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CACHEXIE GOUTTEUSE

dégénérescences de tissu et l'insuffisance rénale ne tardent pas à s'établir.

La cachexie goutteuse peut former la dernière phase de la goutte Lophacée ou déformante. Les cas de goutte « crayeuse « très accentués rentrent également dans la cachexie goutteuse. De temps à autre il peut y avoir une attaque articulaire subaiguë qui traîne pendant longtemps et ne cède que de façon imparfaite, en laissant après elle de l'œdème et de la sensibilité. Il suffit d'une cause très légéi'e pour provoquer de nouvelles attaques, telles qu'un traumatisme banal ou un refroidissement. Le malade est perclus et incapable de prendre d'autre exercice que la promenade en voiture. Des causes non moins légères peuvent aussi provoquer des formes irrégulières de goutte dans diverses parties du corps.

L'insuffisance rénale est souvent très manifeste et donne lieu à de l'hydropisie avec des symptômes urémiques plus ou moins graves. L'œdème pulmonaire, la bronchite, les nombreux troubles qui accompagnent l'état du cœur, la dilatation bypertrophique des deux ventricules, l'engorgement du foie, le catarrhe de l'estomac et la diarrhée peuvent survenir et ouvrir la porte à une issue fatale. Ces états sont heureusement justiciables du traitement, mais épuisent à coup sûr le malade, ou bien une attaque de pneumonie peut entraîner rapidement la mort surtout quand elle atteint un poumon déjà emphysémateux.

On doit toujours redouter de voir s'établir la cachexie goutteuse, aussi doit-on la prévenir par un traitement judicieux. Tant que des attaques régulières de goutte sont espacées par de longs intervalles, il n'y a pas à craindre l'état cachectique. La tendance à cet état varie en raison directe de l'intensité de la diathèse goutteuse, du traitement général qui a été institué et de la force de caractère que déploie le malade à l'égard de son genre de vie. Le « noceur » incorrigible, s'il est goutteux, deviendra vite cachectique, tandis que l'homme sage pourra échapper complètement à la cachexie ou tout au moins l'éviter pendant des années.

Anatomo-pathologiquement, la cachexie goutteuse est constituée par des dégénérescences de tissus répandues sur une vaste échelle. La sclérose artérielle, le développement des tissus graisseux et fibreux dans différents viscères, la néphrite interstitielle, la dégénérescence des parois cardiaques, l'emphysème pulmonaire, l'état catarrhal des muqueuses constituent les principales lésions. Il est facile de comprendre que les symptômes produits par ces états sont très variés, les

uns apparaissant de bonne heure, les autres plus tard. Je vais passer en revue les plus caractéristiques d'entre eux. Mais il faut bien savoir qu'on ne les rencontre pas tous chez le même malade.

L'anémie peut survenir dans la goutte chronique, bien que ne rentrant pas dans le cadre de la goutte aiguë. On observe souvent un certain degré de dyspnée produit par des dégénérescences cardiaques, rénales ou pulmonaires ou par une combinaison de toutes les trois. Le pouls est irritable et devient facilement d'une fréquence anormale. Il peut y avoir des palpitations et divers symptômes cardiaques dépendant des lésions existantes et du degré d'intégrité des parois du cœur.

On trouve souvent un degré plus ou moins grand de catarrhe bronchique et de l'œdème de la base des poumons. Il suffît de causes insignifiantes pour produire de la bronchite.

La digestion est difficile et douloureuse ; il y a de la flatulence et du catarrhe gastro-intestinal. Le catarrhe pharyngé est très gênant, il donne lieu à une toux fatigante surtout le matin. De temps en temps, il y a de la diarrhée. L'état de l'urine dépend de celui des reins et révèle en général les caractères de la néphrite scléreuse. La polyurie peut se présenter pendant un temps assez court puis cesser. On note aussi de la glycosurie à un degré variable ou même transitoire. L'albuminurie varie beaucoup, elle peut disparaître pendant de longues périodes.

L'état psychique est variable. Il peut y avoir une grande irritabilité nerveuse et de l'amnésie à des degrés variables. Celle-ci est parfois très marquée. Il y a plutôt une tendance à la tristesse, à la mélancolie. On a noté également comme signes concomitants de la cachexie goutteuse, de la stupeur, de la perte de conscience, et un certain état de catalepsie avec fixité du regard.

On voit aussi de la somnolence, surtout après les repas, ainsi que du vertige, une tendance syncopale, du tintement d'oreilles et de la diplopie. De la stupidité, de l'hébétude ou un délire marmottant s'observent parfois dans les dernières périodes. Le teint peut devenir jaune sale, comme dans la néphrite chronique. Les cheveux blanchissent prématurément. Enfin des signes d'hydropisie due en grande partie à l'affaiblissement du cœur, tendent à faire leur apparition dans les membres inférieurs. Une hémorragie cérébrale peut amener de l'hémiplégie ou être rapidement mortelle par elle-même ou bien par suite de bronchite ou de pneumonie. La mort peut aussi survenir par syncope ou par rupture du ventricule gauche, devenu graisseux.

Cachexie goutteuse vasculaire. — Parfois le début de la cachexie

goutteuse se manifeste par une faiblesse générale et l'impossibilité de se livrer aux exercices habituels.. C'est de cette façon que les hommes vigoureux, plus ou moins âgés, qui ont été goutteux pendant un temps plus ou moins long, commencent à faiblir. Il peut ne pas y avoir de dépôts uratiques, mais il y a souvent de la polyurie, parfois paroxystique et nocturne, et l'urine décèle l'état granuleux des reins. Certains de ces symptômes sont dus à la dégénérescence vasculaire et atteignent la nutrition intime des centres cérébro-spinaux. On observe un certain épuisement physique en même temps que de l'affaiblissement musculaire et nerveux.

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