Todd, CUnical lectures on Urinary Diseuses, 1857, p. 3o
et douleurs « en lames de rasoir ». Nous parlerons plus loin deForchite goutteuse. Je croirais assez volontiers à l'existence de l'ovarite comme conséquence de Ja goutle irrégulière. Je n'ai jamais eu l'occasion d'en observer, et les gynécologistes ne sont pas d'accord sur ce sujet. Si l'on étudiait d'une façon plus particulière les affections de l'utérus et de ses annexes au point de vue de leurs rapports avec les états diathésiques, je crois qu'on pourrait ajouter quelques nouveaux chapitres à leur pathologie. Pour le moment, ce vaste sujet est peut-être regardé d'une façon un peu trop chirurgicale et, en raison de la tendance dominante à la spécialisation dans la pratique médicale, le praticien n'a que peu d'occasions d'observer des cas de ce genre. Je crois que la diathèse goutteuse peut se traduire parfois chez la femme sous forme de congestion utérine avec métrorrhagie, dysménorrhée et leucorrhée * et, d'après Priestley, les femmes qui sont goutteuses héréditaires sont plus sujettes que d'autres à la métrite chronique, à l'ovarite chronique capsulaire et interstitielle et à la ménorrhagie. La dysménorrhée et l'aménorrhée dues à un état pléthorique rentrent dans cette catégorie. Dans tous les cas, la médication antigoutteuse rend beaucoup de services, surtout les médicaments qui favorisent la circulation porte ^. Des individus âgés, sujets à la goutte irrégulière, sont parfois très troublés par du priapisme nocturne, sans qu'il y ait de sensations erotiques. C'est généralement une manifestation fâcheuse de la goutte; l'urine présente alors une acidité marquée.
Nous avons parlé plus haut de la glycosurie, comme étant souvent associée à la goutte.
Le foie est atteint dans la goutte irrégulière. La lithiase biliaire avec coliques hépatiques est fréquente surtout chez les femmes issues de parents goutteux. On observe aussi le catarrhe des voies biliaires. Murchison ^ en a relaté deux cas chez des goutteux au-dessous de quarante ans qui avaient des vomissements de l'ictère et de l'hypertrophie du foie.
Ces cas ressemblaient beaucoup à du cancer, mais ils cédèrent sous l'influence d'un traitement approprié. On a noté parfois chez les goutteux des augmentations de volume du foie transitoires, suivis de diarrhée.
Du côté de la peau, on peut voir toutes les variétés d'affections décrites dans le chapitre XVI ; les plus fréquentes sont l'eczéma, le psoriasis, l'urticaire et le prurit,