‹ Traité de la gravure sur rouleauxChapitre 9 sur 24 · C. — Gravure au burin · texte numérisé non relu

C. — Gravure au burin

Cette gravure consiste à reproduire sur planche, plate sur molette et sur rouleau, tous les effets d’un dessin composé de traits, de contours et de mats, en les creusant artistiquement sur le métal, l’un après l’autre, à la main, à 1 aide d un buiin.

La gravure au burin est celle qui demande le plus d’étude et que nous recommandons vivement à l'élève, car sur elle repose la grâce et la délicatesse du dessin et c’est cette gravure qui réclame le plus de goût de la part du graveur.

Le maître devra donc commencer à lui faire graver quelques sujets d’après des modèles tels que les traitaient les vieux maîtres du xve et du xvie siècle, c’est-à-dire avec des traits énergiques et hardis, et restant sobre d’un travail maigre et serré. Il trouvera dans les vieux modèles des éludes de fleurs et d’ornements. Nous indiquons surtout le genre ornements comme donnant le plus de goût, le plus de grâce et de modèle au coup de burin.

Un élève qui aura ainsi fait des études sérieuses deviendra rapidement un habile graveur, pourvu qu’il ait du goût et qu’il soit bien dirigé.

A PP 11 EN Tl S S AGE DE l’ÉLEVE GRAVEUR

Nous ferons remarquer à l’élève que, dans les tailles croisées d’un dessin comme celui figuré planche 4 i, il faut éviter de produire une carrile désagréable à l’œil telle que celle figure 42. Il faut allonger le losange autant que possible, mais sans exagération. L’effet sera ainsi beaucoup plus doux (fig. 43).

Quand il aura à traiter des sujets un peu largement, il pourra intercaler dans le losange d’intersection un petit coup de burin.

Celui-ci donnera beaucoup de douceur à son travail. Exemple figure 44*

La figure 4b représente un genre d’ornement que nous prête

APPRENTISSAGE DE l’ÉLÈVE GRAVEUR

rons pour les élèves. Il leur apprend à observer la symétrie en les obligeant à faire très attention pour que les formes d’un côté soient identiques comme finesse, intensité, cachet, etc., à celles du côté opposé.

Dans lagravure de la fleur (fig. 46), l'élève s’ingéniera à faire bien tourner les feuilles et les pétales. Les hachures devront marcher dans le sens des fibres du végétal à l’état de nature. Il fera surtout bien sentir les inflexions, les plis, les nervures. La figure 46 est un bon exemple à suivre.

Ce que nous venons de dire des études du burin s’applique à la planche plate, à la molette et au rouleau. Mais il arrive rarement que l’on termine une planche, une molette ou un rouleau sans recourir à des machines ou à des procédés spéciaux. Nous les décrirons au fur et à mesure que nous avancerons dans les applications de la gravure.

D. — Gravure au pointeau (ou pointe sèche) et à la fraise.

L’élève devra maintenant s’exercer à faire les picotages ou ombrés à la main en picots Supposons une étude comme celle ci-joint, figure 47-

Il commencera par indiquer très légèrement les contours au burin. Le trait doit être presque imperceptible, car il doit disparaître après que les picots auront été placés, au moyen d’une double pointe. Il faut bien accuser les angles par la disposition des picots afin de conserver aux formes toute leur correction. Les angles sortants sont naturellement terminés par un picot, mais les angles rentrants aigus doivent finir de préférence par deux picots à l'écartement de la double pointe. Sans cette précaution, ces angles seront raccourcis par le fraisage. La figure 48 donne une idée de la disposition des picots pour les contours des ombrés.

Après avoir entouré toutes les formes de cette manière, on refrappe légèrement les picots avec la pointe sèche, puis on rode la bavure.

Nous recommandons à l’élève le canevas en sept points (fig. 26) pour 1 es premières études ; car il apprendra mieux de cette ma-

Fig. 47. Fig. 48.

nière à placer ses picots avec ordre et avec bon goût. Il arrivera aussi à donner un beau modèle à ses ombrés.

Il fraisera ses picots après les avoir frappé à la pointe, et tirera une épreuve à la cire pour juger de l’effet général. Cela lui permettra de ménager les parties fortes et de renforcer les parties

Fig. 49 ■

faibles. Ce sera en tirant des épreuves réitérées qu'il arrivera à un résultat parfait.

Dans le cas où il se présenterait des nervures, on est obligé de changer les dispositions des picots pour donner la courbure voulue. Les nervures fortes doivent être faites au burin, comme on peut le voir dans la figure ci-jointe n° 4q* Les nervures en demi-ton sont obtenues pour la disposition des picots qui doivent suivre le mouvement.

APPRENTISSAGE DE l’ÉLEVE GRAVEUR

On peut indiquer le canevas sur la molette autrement qu'avec un relief passé légèrement. Il suffit de prendre une épreuve cirée d’une molette type, très légère, avec de la couleur au soufre, et de l’appliquer sur la molette préalablement cuivrée. Les picots marqueront en noir et rien ne sera plus facile que de les suivre à la pointe sèche.

On peut aussi marquer le picotage au moyen d’une épreuve ordinaire que I on applique sur la molette légèrement cirée. La couleur restera fixée sur la cire. Celte manière d opérer n’est presque plus employée de nos jours. Elle est cependant très délicate et permet de placer les picotages au mieux de chaque forme.

Les ombrés faits d'après canevas seront toujours préférés pour les travaux de longue haleine Cela assure un effet uniforme et par ce moyen le travail va plus vite qu’avec les picotages à la main .

Certains effets ne peuvent pas être produits d’après canevas ; il faut placer les picots à la main. Dans ce cas l’élève commencera par tracer des contours très fins et il y placera ses picots à la double pointe. L’écartement de ces picots lui servira de guide dans le placement des picots de remplissage. En plaçant ceux-ci, l'élève évitera les alignements ou . * • • . * allées, qui sont ce qu’il y a de plus >

désagréable à l’œil dans ce genre de

Fit

Fia’. 52.

. • ' ' . ' ■ travail.

' • * La disposition des picots dans la

Fig. 5o. figure 5o pourra lui servir de type.

Dans les nervures, il placera les picots en suivant les formes, mais il évitera soigneusement de mettre deux rangées de picots en regard les uns des autres comme dans cet exemple : figure 5i . Il alternera toujours ses picots comme l’indique la figure 52.

Pour peu que l’élève possède le sentiment artistique, il comprendra bientôt la manière de bien faire tourner une feuille, un pétale, un ornement, de bien en faire sentir le fuyant.

Dans les tons vigoureux il serrera davantage ses picots ; il les

TRAITE DE LA GRAVUliE SUR ROULEAUX

éloignera dans les demi-tons et dans les teintes douces. Dans les tons dégradés ou ombrés, il écartera graduellement les picots en allant vers les parties claires.

Les nuancés à la main demandent beaucoup d'exercice ; c’est après le burin une des études surlesquelles le maître devra insister davantage, car elle développera le goût et l’habileté du jeune graveur.

Les meilleurs modèles à mettre sous les yeux de l’élève sont des molettes gravées par de bons graveurs. Il pourra y observer la manière de disposer les picots, et de reproduire les différents effets. Une molette bien gravée vaudra mieux que des volumes d’explications.

Lorsque l’élève aura reproduit avec bonheur plusieurs de ces études, d’après d’anciennes gravures, le maître lui fera exécuter une étude d'après un dessin sur papier. Il devra trouver par luimême le moyen d’agencer et de reproduire les différents effets du modèle. S’il a bien étudié et bien compris les modèles gravés qu’on lui a donnés d’abord, ce sera un jeu pour lui de graver d’après un dessin.

Dans le fraisage des picots, l’élève devra veiller à ce que son porte-fraise soit toujours d’aplomb sur la molette : car s’il lui

arrivait d’incliner sa fraise d’un côté ou d’un autre, il en résulterait des picots penchés qui donneraient une très mauvaise impression, par suite de la répartition inégale de la couleur que la racle arracherait encore.

Nous recommandons aussi vivement à l’élève de chercher à obtenir des tons dégradés ou fondus avec beaucoup de douceur. Il ne faut pas passer brusquement d’un ton à un autre. Il faut arriver à rendre les transitions de tons presque insensibles, comme dans la figure 53.

Après les picotages l’élève fera une étude des matages. Quel-

API* KENTISSAGE DE l’ÉlÈVE GRAVEUR

ques maîtres font précéder l’étude des picotages par celle des matages qui, du reste, peut être considérée comme faisant suite aux traits droits et équidistants dont elle estime application.

Les hachures ont un emploi si considérable que nous nous bornerons maintenant à quelques détails, en nous réservant de traiter le sujet plus longuement dans la deuxième partie.

Quand on a des matages et des picotages sur une même molette, on contourne les mats, on frappe les picots à la force voulue, on fait les mats et, en dernier lieu, on fraise les picots. Quelques graveurs réserventle repassage ou l'ouverture des contours pour après le fraisage.

E. — Gravure à l’eau-forte.

Au lieu de creuser le métal avec un burin, on peut l’enlever par la morsure à l’eau-forte. A cet effet on recouvre la planche, la molette ou le rouleau d’un vernis inattaquable à l’acide, au travers duquel on trace, à la pointe ou au diamant, le dessin à graver. Il faut que le tracé soit en retrait du dessin parce que la morsure grossit les formes. Il doit aussi être tel que le métal soit bien à nu dans toutes les partiesà mordre. Après avoir recouvert toutes les parties découvertes accidentellement ou qui doivent être garanties contre l'acide, on passe à l’eau-forte une ou plusieurs fois j usqu’à ce que tout le dessin soit à point.

Le traçage peut se faire à la main ou mécaniquement. Nous nous occuperons maintenant de l’application de la gravure à l’eauforte sur rouleau. Les applications spéciales sur molette seront traitées dans la deuxième partie à l’article « Gravure de la molette » ; celles concernant la planche plate, peu employée de nos jours, seront expliquées dans la troisième partie.

Outre le traçage à la pointe sèche et au diamant, il existe d’autres moyens de produire des dessins à l’eau-forte. 11 est utile de les connaître, mais leur emploi est assez restreint. Nous résumerons les divers moyens d’obtenir un rouleau préparé pour l’eauforte en commençant par le plus répandu de tous.

i° Traçage mécanique au diamant ;

2° Traçage à la main au moyen de la pointe sèche ;

3° Peinture directe des parties à protéger, avec un pinceau et du vernis ;

4° Report de vernis ou d’encre lithographique avec lesquels on a peint, en réserve, sur du papier gommé, le dessin à reproduire. — On colle ce papier sur le métal, puis on mouille l’envers. En se détachant, le papier laisse le vernis sur le rouleau ;

5° Report à la mélasse. On peint ou on imprime le dessin avec de la mélasse sur du papier recouvert d’une couche de galipot. On colle ce papier sur le métal, puis ou mouille extérieurement avec un mélange d’alcool et d’essence de térébenthine. La mélasse restera fixée au rouleau. Il ne restera plus qu’à passer sur tout le rouleau une couche égale de vernis qui ne prendra pas sur la mélasse ;

6° Par dissolution d’une substance hétérogène dans le vernis dont on recouvre tout le rouleau. — Par exemple un sel ou une dissolution saline mélangés à du goudron. En l’abandonnant, les substances se séparent l’une de l’autre et, par le lavage à l’eau, des effets de granités sont réservés sur le métal ;

7° Par un sablage à la poudre de résine au moyen d’un tamis plus ou moins fin. — Quand on juge la couche suffisante, on chauffe le rouleau pour faire adhérer les grains de résine. Le résultat est un beau granité;

8° En aspergeant du vernis avec une brosse ou un pinceau gros sier, on obtient des granités plus accidentés qu’avec la poudre;

9° On calque le dessin sur du papier végétal avec du vernis résistant à l’eau, mais d’une dessication prompte et parfaite. On le trempe ensuite dans une dissolution d’alun et de sulfate de cuivre en parties égales. Une fois sec, on l'applique sur le rouleau verni, et on presse, ou bien on brunit, bien également. Les petits cristaux formés dans les parties non vernies du calque perceront le vernis du rouleau. On peut aussi passer le dessin à la pointe mousse pour accentuer l’effet.

Quel que soit le procédé adopté pour produire le dessin sur le vernis pour la morsure à l’eau-forte, les rouleaux doivent subir quelques préparatifs.

APPRENTISSAGE DE l’ÉlÈVE GRAVEUR

| a. — Préparatifs et vernissage.

i° Les rouleaux sont tournés et polis comme pour le molettag'e (voir Molettage) en ayant soin de ne pas toucher la surface polie avec les doigts ou avec des chiffons gras ou apprêtés. En attendant le vernissage, on doit recouvrir de papier propre chacun des rouleaux. Il ne faut pas se servir de chiffons huileux pour attacher le papier sous peine de trouver une tache sur le métal. Le décapage se fait avec de la pierre ponce pilée à sec ou avec de l’eau. Veiller à ce qu’il ne reste aucune trace de poussière ou de duvet sur le rouleau. L’emploi de l’eau tiède pour rincer le rouleau facilite beaucoup le séchage. Le décapage se fait aussi très simplement avec du blanc de Iroyes.

Ce point est tellement essentiel, que nous croyons devoir attirer toute l’attention du graveur sur les précautions à prendre pour éviter le moindre contact d’un corps gras ou contenant des substances susceptibles de former une réserve entre le métal et le vernis. A la morsure, toutes ces parties, imperceptibles au début, se découvrent par la pénétration de l’acide sous la couche de vernis.

2° Le vernissage est fait de plusieurs manières dont voici les principales :

Vernissage au tampon. — Avec un tampon en cuir souple, on étend, sur le rouleau chauffé au point voulu, du vernis en boule ou en bâton. On frappe de petits coups bien réguliers et bien espacés jusqu’à ce que la couche soit uniformément répartie. Nous donnons ici quelques formules de vernis.

M. Deleschamps, habile graveur en taille-douce, préparait son vernis au tampon de la manière suivante :

Vernis Deleschamps :

Cire blanche pure .

grammes

Mastic en larmes .

Poix de Bourgogne .

Bitume de Judée .

Solution de caoutchouc dans le sul¬

fure ou le tétrachlorure de carbone.

T 11 AI TE DE LA GRAVURE SUR lîOULEAUX

Après avoir réduit en poudre le mastic et la poix de Bourgogne, on les fait fondre dans un poêlon de terre vernissée, en ne les exposantqu à la température nécessaire pour les liquéfier. On y ajoute ensuite la cire par petits morceaux, en ayant soin de bien remuer avec une spatule en fer ; lorsqu'on ajoute les premières portions de cire, il faut laisser baisser la chaleur pour ne conserver le mélange qua la température de l’eau bouillante.

Dans un autre poêlon, et en même temps, on chauffe le bitume suffisamment pour le fondre, et aussitôt après on y incorpore le mélange de cire et de poix ; on l’ajoute par portions en l’agitant sans cesse. Lorsque le tout est fondu et incorporé, on y ajoute le caoutchouc et l’on fait cuire le tout, à une chaleur moindre que celle nécessaire à la fusion du bitume, pendant vingt minutes. Enfin on le coule dans de l’eau tiède en le faisant passer au travers d un linge et on le pétrit en boules ou en bâtons.

Ce vernis, préparé avec soin est extrêmement liant, lisse, exempt de toute impureté, d’une consistance ferme et grasse en même temps, se rayant facilement. Son grain est fin et homogène et sa force de cohésion et son adhérence aux planches et aux rouleaux lui donne de la supériorité sur tous les autres

Vernis Dalglisch en boules :

Bitume de Judée .

Cire jaune .

Poix noire.

Poix de Bourgogne.

Résine .

5 1 8 grammes 376 »

Vernis anglais en boules n° 1 :

Bitume de J udée . . . 5oo grammes

Poix de Bourgogne. . . . 5oo »

Cire jaune . 437 »

Faire dissoudre à chaud avec une petite quantité d’essence de térébenthine et cuire pendant 20 à 3o minutes. Ajouter un peu plus de cire en hiver.

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Vernis anglais en boule n° 2 :

Bitume de Judée .... 760 grammes

Cire jaune . 3i2 »

Poix noire . 188 »

Poix de Bourgogne. . . . 126 »

Résine noire . 126 »

Mastic en larmes . 12.5 »

Quand ces résines sont fondues on y ajoute il\2 grammes d’essence de térébenthine ; on cuit doucement la mixture sur un feu doux pendant une heure, en remuant le mélange. On filtre et l’on coule dans l’eau tiède pour en faire des boules.

Vernis liquide :

Bitume de Judée .... 5oo grammes

Cire jaune . 3 75 »

Poix de Bourgogne. . . . 188 »

Poix noire . 126 »

Faire fondre d’abord le bitume et puis ajouter les résines les plus dures ; 11’en mettre de nouvelle que lorsque la précédente est entièrement fondue. Laisser cuire au moins une demi-heure. Quand le mélange est un peu refroidi, on ajoute de l’essence (loin du feu) jusqu’à ce que le vernis ait la consistance de sirop.

La préparation des vernis, surtout de ceux avec essence, est accompagnée du danger d’incendie.

Vernissage au cylindre. — On peut se servir d’un cylindre de lithographe en guise de tampon et vernir avec du vernis en boule. Le rouleau sera chauffé à la vapeur ou au moyen d’un fer rouge promené intérieurement. Ou bien on vernit à froid avec du vernis liquide au moyen du cylindre en cuir. Les Anglais emploient des cylindres en gélatine. Le rouleau ainsi verni doit être ensuite chauffé jusqu’à fusion du vernis, pour lui donner du corps et de l’adhérence. Une fois refroidi, le rouleau pourra être mis entre les mains du traceur.

Vernissage au pinceau. — Pour ce procédé il suffit de tiédir le rouleau avec de l’eau chaude ou au fer rouge. Après un nettoyage et un décapage minutieux, on étale une couche de vernis,

plutôt liquide, au moyen d’un blaireau bien doux et un peu

large. Le rouleau doit tournerun peu vite et bien régulièrement ; une fois sec il sera tout prêt pour le traçage.

Dans les différents moyens que nous indiquons pour le vernissage des rouleaux il existe des tours de main, des ficelles du métier, que la pratique seule peut enseigner. Mais même pour les vieux praticiens, les plus grands soins, le nettoyage scrupuleux, sont nécessaires, car d’eux dépend principalement le succès ou l’insuccès.

Nous ne pouvons assez recommander le choix le plus sévère du bitume de Judée comme étant la base de tous les vernis. Une grande partie de celui que l'on trouve dans le commerce vient de la mer Morte qui le rejette sur ses bords où on le recueille. C’est cette origine qui lui a valu son nom de bitume de Judée. On en tire également de la Trinidad et d'autres localités. Le meilleur est celui de Judée ; sa cassure doit être nette et très brillante, sans pores visibles. Celui dont la cassure est rousse ou cendrée doit être rejeté.

| b. — Traçage à la main ou gravure à la pointe sèche.

Le rouleau étant vernis et bien sec nous procéderons au traçage à la main avec la pointe sèche d’après un décalque obtenu par un des moyens suivants :

i° Le calque frotté, de sanguine ou de plombagine, est appliqué sur le vernis. Avec une pointe émoussée, on passe sur les contours que l’on verra à travers le papier du calque. On fera ainsi adhérer la poudre colorante au vernis dans toutes les parties touchées laissant de cette façon un guide pour le traçage ;

2° On calque à la pointe sur papier glacé. Après avoir frotté ce calque avec de la sanguine ou de la plombagine on l’applique sur le vernis. Un brunissage énergique et régulier sur le dos de la gélatine fait sortir la couleur des traits et l’on aura un décalque parfait ;

' 3° Le mieux est encore de marquer le rouleau avec un calque au soufre avant le vernissage.

Les pointes servant à ce traçage sont de petits barreaux d’acier ou simplement de vieux burins aiguisés à la forme voulue et

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fixés dans de longs manches (fig. 54). Le tout doit avoir à peu près la longueur d’un crayon ordinaire.

Ce genre de gravure demande beaucoup de goût artistique, un coup d’œil sur. C’est ici que le graveur doit connaître le dessin à fond pour produire de belles choses. La main ne doit pas toucher le rouleau. Elle doit être supportée par un appuie-main ou planchette en bois ; elle aura ainsi plus de liberté et de hardiesse dans son travail.

Fig. 54.

On trouve dans le commerce des pointes sèehes préparées en formede crayon. On trouve aussi à Paris des roulettes ou molettes minusculesmontéessur manche spécial. Elles rendent debons services pour obtenir certains effets soit directement soit à l’eau-forte.

| C. — Traçage mécanique.

Certains effets ne peuvent pas être tracés à la main soit à cause de leur régularité géométrique, soit à cause de leur répétition un grand nombre de fois, ou encore par suite de leur caractère spécial. On a imaginé un grand nombre de machines pour ces traçages. Nous indiquerons les principales, les plus utiles.

i° La Riilififf -Machine ou machine à tracer les hachures, les lignes droites, horizontales, verticales et en biais.

Les ruling-machi nés sont de plusieurs espèces. Dans quel-

ques-unes ou trace les hachures sur plusieurs rouleaux en même temps. Ils sont actionnés par des engrenages et par des pignons adaptés sur les arbres. Tous les rouleaux sont placés sur un même plan horizontal. Les diamants D,D' (fig. 55) sont en haut et avancent avec le chariot soit au moteur, soit à la main au moyen d’une crémaillère ou d’une vis pendant que les rouleaux AA tournent sur les axes. Les changements de division se font à la ^ main ou automatiquement.

15 Dans d’autres machines ledia-

s niant attaque latéralement un .1 rouleau unique.

& La ruling-machine est très I avantageuse pour toutes sortes S de filets et de biais qu’on peut varier à l’infini suivant les en-

HH

grenages et les divisions que l’on adopte. Ainsi on peut faire depuis les filets les plus serrés, jusqu aux plus écartés. Il en est de même des travers, auxquels on donne généralement un peu de biais, au moyen des pignons, à cause de la racle. On fait de même les obliques de tous les angles, par le changement des pignons. De sorte qu on peut faire tous les écossais soit à angles droit soit en losange.

La machine est une espèce de

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tour parallèle sur le chariot duquel ou fixe un support D (fig. 56) dont la tige E peut se hausser ou se baisser à volonté et porte à son tour un levier B retenu par une charnière. A l’extrémité de ce levier est fixé un diamant ou un ciseau S. Un poids P coulissant le long du levier sert à régler la force du trait de diamant. Un dispositif spécial de deux butoirs, d’un levier coudé et de deux plans inclinés, sert à engager et dégager automatiquement le diamant, au point et au moment voulu.

Supposons que l’on trace un rouleau en marchant de G en F et que dans la position de la figure le diamant ne trace pas sur le vernis, nous reculerons le support D, jusqu’à ce que l’on ait dépassé le point où l’on veut commencer le traçage. Si le butoir G est bien placé, le levier coudé G aura été écarté du levier du diamant et par cela même lui permettra de tracer. Au moment où, par l’effet du butoir, le diamant arrive en contact avec le rouleau, le plan incliné L s’opposera à ce qu’il marque en le faisant remonter. Marchons maintenant de G en F. Le diamant Sdescendra le long du plan incliné jusqu’au contact du rouleau et tracera un trait jusqu’à ce que le butoir F soulève le porte-diamant. Au retour le levier coudé G maintiendra élevé le diamant, tant qu’il n’aura pas dépassé le butoir G qui remettra l’appareil en position pour tracer une autre ligne.

Presque tous les travaux qui se faisaient autrefois sur ces machines sont faits aujourd’hui sur la machine à milleraies ou sur la machine à trancher (Voir les articles spéciaux concernant ces appareils).

2° La machine à guillocher au diamant. — Ge genre de gravure, qui a eu pendant quelques années un immense succès a été emprunté aux guillocheurs de boîtes de montres. G’est un nommé Stramm, guillocheur de montres à La Chaux-de-Fonds (Suisse), qui sur les indications et avec le concours de MM. L. Verdun père et fils, a gravé le premier, au commencement de 1824, les cylindres guillochés. C’est donc dans cet établissement situé à Ne ufc h à tel (Suisse) et à Wesserling que ce genre a pris naissance.

Les tours à guillocher ont quelque analogie avec les tours à

graver les poinçons. En voici le principe. Sur un tour ordinaire nous trouvons un rouleau tournant sur son axe, mais sans mouvement de côté, c’est le burin qui se déplace peu à peu. Rendons le rouleau mobile latéralement et fixons le burin ; à l’extrémité de l’arbre, au lieu du diviseur, mettons une roue ou rosette festonnée composée d’autant de festons qu’on désire en produire sur le rouleau ; à l'autre extrémité, un ressort avec un contrepoids maintient l’arbre en contact avec la touche par l’entremise de la rosette. Si maintenant on fait engager le burin dans le rouleau et que l’on communique le mouvement circulaire au rouleau, celui-ci sera sollicité à droite ou à gauche suivant que la touche sera engagée dans un creux ou passera sur une bosse. Au lieu d’un trait en spirale comme sur les tours ordinaires, nous aurons une courbe composée, reproduisant les courbes de la rosette modifiées par la forme de la touche dont la tète peut être terminée par une pointe B ou par une surface arrondie A (fig. ôy). L’effet d’une touche aiguisée en pointe B se

rapproche en zigzag ^ ; si au contraire cette tête est terminée

par une surface courbe dont le rayon est égal au rayon de la courbe des festons de la rosette nous aurons une reproduction exacte de la courbe ondulée de la roue-type (fig. 58). On peut donc varier à l’infini les genres de courbes en modifiant l’une ou l’autre de ces pièces. Dans notre croquis nous avons exagéré à dessein la profondeur des festons. Il ne faut pas faire les arêtes trop tranchantes pour éviter les secousses brusques.

Gomme ces rosettes reproduisent toujours les mêmes ondulations et qu’on ne peut pas les changer ou les modifier au cours du travail, on a imaginé de les remplacer par le plan incliné , qui donne la faculté de tracer depuis la ligne droite jusqu’à l’ondulé le plus prononcé. Ce plan incliné est fixé à l’extrémité d’un

APPRENTISSAGE DE l’ÉlÈVE GRAVEUR

arbre indépendant relié par des engrenages à l’arbre du rouleau. La disposition et les proportions respectives des engrenages déterminent le nombre de répétitions autour du rouleau et l'effet obtenu. Le plan incliné tourne sur son axe et communique au rouleau un mouvement latéral d’autant plus ample que le point de contact est plus éloigné du centre.

Le diamant tracera une ligne ondulée correspondante à ce mouvement. On peut varier à volonté l’inclinaison du plan. Il est donc loisible au graveur de commencer par une ligne droite et de tracer à côté des lignes de plus en plus courbes, lesquelles après s’être rapprochées de la droite primitive, s’en écarteront pour engendrer, en continuant leurs ondulations, de nouveaux festons, soit dans le même sens, soit dans le sens opposé.

Par un autre mouvement, on arrivera à faire trembler le lilet ou à produire des ondulations plus ou moins brusques sur les traits mêmes.

Nous donnons ici quelques spécimens des diverses applications qui ont été faites au genre guilloché.

Tous ces perfectionnements avaient donné une vogue telle à ce genre guilloché que des cylindres qu'on gravait en peu de jours se vendaient jusqu’à r.200 francs.

Cependant on ne pouvait pas réserver des sujets en blanc par cette gravure et la fabrication réclamait absolument des réserves pour y appliquer des enl u minages. La découverte et l'application du sauteur ou patron fournit au graveur le moyen d’atteindre ce but (fig. Or).

Fig. 61. — Sauteur pour guillochés.

Le sauteur est un cylindre miniature en bois, sur lequel le dessin qu’on veut obtenir en blanc dans un fond guilloché est gravé en relief. Ce cylindre est fixé à l’extrémité de celui qu’il s’agit de graver, mais il reçoit son mouvement indirectement du cylindre. Pendant que ce mouvement a lieu, une pointe arrondie

glisse sur la surface du cylindre miniature et tombe dans les creux ou remonte sur les reliefs et, par conséquent, met en contact ou sépare le burin ou le diamant et le rouleau, reproduisant ainsi sur le rouleau le dessin du sauteur avec fond guilloché.

APPRENTISSAGE DE l’ÉlÈYE GRAVEUR

Fis:- 04. — Combinaison de loche et de mob rentrnre à la main .

On a même réussi à faire des patrons de telle sorte que le burin au lieu de s’engager ou de se dégager brusquement ne le fait que graduellement, permettant ainsi de faire des effets en dégradé que l’on pouvait varier à l’infini. Mais ceci sort du but de cet article. Nous nous limiterons à donner un croquis de sauteur (fig. 61) et de dessins chinés auquel il a donné naissance (fig. 62 et 63).

Un sauteur servait à obtenir une grande variété d'effets inattendus quand || le guillochage au diamant est terminé.

On peint les défauts et les gerçures, puis guilloché el de molette avec on mord à beau-forte. La figure 64 représente la totalité des combinaisons que l’on peut faire avec les guillochés et une renlrure.

3° Les pantographes. — L'invention du pantographe par Cryps, en Angleterre, a opéré une sorte de révolution dans la gravure pour indiennes. Le but de l’inventeur était d’augmenter la rapidité d'exécution et surtout d’éviter les frais d’acier, de gravure et de moletage. En principe, c’est la gravure à la pointe sèche, mais multiple, d’après un patron amplifié 3, 4 ou 5 fois.

Dans ces machines on trouve comme organes essentiels : i° les pointes de diamant et leurs supports ; 20 l’appareil de déclanchement communiquant avec la pédale pour établir ou empêcher le contact des diamants avec le rouleau ; 3° une planche en zinc sur laquelle est gravé le dessin agrandi 3, 4 ou 5 fois en dimensions linéaires ; 4° une pointe de traçage spéciale avec guide et poignées pour suivre exactement les traits gravés ; 5° les appareils et organes destinés à transformer et à réduire les mouvements de la pointe à tracer, en même temps qu’ils les communiquent au rouleau et aux diamants.

Le résultat du traçage au pantographe est une reproduction réduite, plus ou moins fidèle, des traits gravés sur la plaque. On aura autant de reproductions que l’on aura monté de diamants.

Il existe plusieurs systèmes de pantographes. Les différences

portent principalement sur les organes de réduction et sur les dispositions d’ensemble.

A. — Principes des divers systèmes de pantographes

\. Système Rigby. — Dans cette machine on a utilisé la propriété qu’ont deux poulies solidaires, mais de diamètres différents, de développer constamment, en proportion de leurs dia¬

mètres respectifs. En effet pour le mouvement latéral nous trouvons dans cette machine deux poulies, A et B, (fig. 65) dont l’une A est cinq fois plus grande que l’autre B. La grande, A reçoit è

le mouvement; laqietite B, le transmet (réduit au cinquième) aux diamants. Le mouvement vertical repose sur le même principe bien qu’il soit moins apparent. La table cintrée, A (fig. 66) est une portion de cercle dont le diamètre est cinq fois plus grand que celui des poulies ou disques B, qui entraînent le cylindre à graver. La table creuse et la diminution fixe au cinquième constituent un assez grave inconvénient.

IL Système Garside. — Le quadrilatère articulé est la base de cette machine (fig. 67). On sait que les points ABCD conservent leur position et leurs distances respectives sur la ligue Oi quels que soient les mouvements du quadrilatère par rapport à l’un des

APPRENTISSAGE DE g’ÉEÈVE GRAVEUR

points, par exemple A. D'autre part, les arcs de cercles décrits par les pointes BGD sur un bras fictif Oi oscillant sur le centre A seront proportionnels aux distances des points B, G et D du point A pris comme centre.

Il s'agissait de communiquer le mouvement réduit, aux diamants et au rouleau. Garside a résolu le problème par le moyen d’un chariot double, portant le rouleau, auquel il imprime un mouvement circulaire et un mouvement latéral, les diamants restant fixes.

Le point A du quadrilatère a été adopté pour centre fixe, le point D pour guide à tracer, et le point B pour relier le quadrilatère au chariot supérieur sur lequel repose le rouleau.

JE rt' I

Fig. 67.

Fig. 68

En changeant de place les centres A et B, mais en les conservant toujours sur une ligne droite passant par D, on obtiendra des réductions variables de 2 1/2 à 6 diminutions. La réduction est toujours égale dans les deux sens, mais on a l’avantage de travailler sur une table plane.

III. Système Shield. — C’est le plan incliné ou le coin qui a fourni l'idée primitive des organes de réduction de cette machine. Supposons un point fixe A, un point mobile B, et un coin EAI

dont le côté n est exactement le quart du côté ni. Il est évident q ue, pour déplacer le point B d’une quantité égale à El, le coin EAI devra parcourir une distance égale au côté m, soit quatre fois plus grande que n (fig. 68).

En inclinant le plan ou le coin dans le sens contraire et en mettant le point mobile à gauche, on obtiendrait un mouvement symétrique ou égal au premier mais renversé.

Shield a adopté un plan incliné pour réduire les mouvements dans le sens de la circonférence du rouleau (n° 69, figure du bas), un autre plan incliné pour les mouvements transversaux droits (ou positifs) (figure de gauche) et un troisième pour les mouvements renversés (ou négatifs) (figure de droite). Du reste chaque incline (1) peut être renversé, ce qui donne à la machine de grandes facilités pour le travail. Le schéma suivant (fig. 69) donnera une idée suffisante du principe.

La réduction est variable et indépendante dans les deux sens. Le traçage est fait sur une table plane. Le seul inconvénient de cette machine c’est que le haut du dessin à tracer est à droite ou à gauche du traceur et non pas bien devant lui comme dans la machine dont nous allons décrire le mouvement.

Fig. 69. Fig. 70.

IV. Système Keller-Dorian . — Les propriétés du levier ont été utilisées par ce graveur-constructeur pour reporter sur rouleau verni la réduction d’une plaque gravée.

(1) Se dil i n ('laine ; vient de l'anglais, pour dire ligne inclinée.

APPRENTISSAGE DE l’ÊLÈVE GRAVEUR

Les leviers de celte machine ont chacun : i° un point de centre ou point fixe AA' commun au grand et au petit bras de levier ; 2° un point d’attache pour le mouvement réduit, l’attache étant mobile le long de la règle AC ; 3° un point d’attache pour le mouvement non réduit C.

La réduction étant proportionnelle au rapport de la longueur des bras de levier il est évident qu’on peut la varier à volonté soit dans le sens de la circonférence soit dans le sens de la largeur du rouleau. Des coulisses très exactes assurent le parallélisme des mouvements et un organe spécial permet de renverser le mouvement de tous les diamants.

Une machine spéciale pour la molette est construite d’après les mêmes principes.

Comme les deux précédentes cette machine est aussi à table plane.

A part la réduction, le travail du pantographe est à peu de chose près le môme pour tous les systèmes de machines. Nous décrirons donc avec un peu de détail la machine Rigby et la manière de s’en servir laissant à l’élève graveur le soin d’appliquer nos instructions à d’autres systèmes s’il est appelé à s’en servir. Il n’aura qu’à les étudier avec soin et il ne tardera pas à en tirer le meilleur parti possible.

Le pantographe Ltigbij à une barre est composé d’un bâti en fonte formé de deux supports PP (fig. 71) reliés entre eux par des traverses Q et par la table ou cintre M sur laquelle est clouée la plaque gravée. Le rouleau A placé sur son mandrin B au moyen d’anneaux à vis servant à le centrer et à le fixer, repose sur les disques cannelés EE et reçoit de ceux-ci son mouvement de rotation partielle. Les tourillons de l’arbre sont engagés dans une enclave glissant librement dans les glissières des supports et sont maintenant en place latéralement par des vis butoirs.

Les disques cannelés EE sont fixés sur un arbre en fonte \\ évidé dans sa partie médiane et supporté par les tourillons par quatre galets VV. Un des disques est fixé directement sur l’arbre au moyen d’une vis de pression. L’autre disque est conjugué

avec une roue dentée dans laquelle engrène une vis formant

ainsi vis sans fin pour le repérage du rouleau dans le sens de la circonférence.

Fig. 71. — Pantographe Rigby.

APPRENTISSAGE DE 1,’ÉlÈVi; GIÏAVEUli

Deux bras ZZ fixés à l’arbre W portent la traverse en fonte J sur laquelle roule le chariot R porté par six galets. Le chariot est armé de deux bras articulés à charnière dont Lun porte la pointe à tracer les contours et l’autre le ciseau glissant dans les hachures-guide. Un ruban d’acier mince est fixé par ses deux extrémités au chariot et passe d’abord sur deux poulies à gorge dont les axes sont vissés aux extrémités de la traverse J puis il vient s’enrouler autour de la grande poulie G de façon que tous les mouvements latéraux de la pointe à tracer sont transmis à cette poulie ; les mouvements verticaux étant transmis réduits au cinquième au rouleau même par l'intermédiaire des bras ZZ et des disques EE. Nous n’aurons donc pas à revenir sur ce dernier point.

Il nous reste à voir comment les mouvements transversaux sont réduits et transmis aux porte-diamants.

La grande poulie G est montée sur un petit arbre X marchant entre pointes et maintenu par un liras en LT fermé \ , fixé sur l’arbre en fonte W. Une poulie cinq fois plus petite que la poulie G est vissée sur le même axe dans 1 évidement de 1 arbre W de façon que sa tangente passe exactement par le centre de 1 arbre. Un ruban d’acier passe autour de la poulie et ses extrémités sont fixées à des bras qui pénètrent jusqu’au centre de l’arbre W et peuvent se déplacer librement dans la creusure dans le sens parallèle à l’axe de l’arbre.

On concevra aisément que ce dernier ruban d’acier transmettra au chariot portant les bras, les mouvements transversaux de la pointe à tracer, mais réduits au cinquième. Le mouvement des disques et de l’arbre, produit une petite torsion du ruban, mais elle est absolument négligeable. Le chariot ou barre marche sur une paire de galets accouplés et faits de telle sorte que la barre, commandée par le ruban ou ressort, peut se déplacer librement dans un seul sens; à sa partie supérieure est ménagée une sorte de longue queue d’aronde à laquelle sont fixés les supports à pointes des porte-diamants Chaque porte-diamant repose ou oscille sur deux pointes en acier trempé qui s engagentdans deux petits trous du porte-diamant. A I un de ses bouts est fixé con-

venablement une pointe de diamant qui devra produire le tracé. A l’autre bout nous trouvons une vis de réglage, appuyant sur la barre de déclanchement actionnée par une pédale. Une petite masse mobile sert à régler la pression ou la coupe du diamant.

Lorsqu’on appuie sur la pédale, la barre de déclanchement s’abaisse, le porte-diamant, entraîné par contrepoids, presse la pointe de diamant contre le rouleau. Si à ce moment nous poussons la pointe à tracer vers la droite, le grand ruban entraînera la grande poulie, celle-ci solidaire avec la petite poulie, entraînera le chariot ou barre d’une quantité égale au cinquième de la ligne tracée. Si nous poussons la pointe à tracer devant nous, ce sera

APPRENTISSAGE DE L'ÉLÈVE GRAVEUR

seulement le rouleau qui se déplacera en tournant. En combinant les deux mouvements, toutes les courbes et les lignes en biais seront fidèlement reproduites, réduites au cinquième. En lâchant la pédale, les diamants s’écarteront du rouleau et par conséquent cesseront de tracer j usqu'à ce qu’une nouvelle manœuvre provoque à nouveau le contact des diamants avec le rouleau.

Le pantographe Rigby à double barre (fig. 72) a sur celui à une seule barre deux avantages importants. Au lieu d’une seule rangée de diamants, il y en a deux, ce qui abrège de moitié le traçage. Il permet aussi de renverserles objets avec une des barres; dans beaucoup de cas cela abrège de moitié la gravure des plaques. L’emploi de cette machine offre une difficulté. C’est le réglage de la coupe des diamants du haut et du bas. Ce n’est qu’avec quelques tâtonnements qu’on arrive à avoir partout une coupe bien égale. Il y a aussi l'organisation de la machine poulies dessins renversés. Il faut que le renversement se fasse bien au point voulu. Pour cela si l’on n’a pas de connaissances de géométrie suffisantes on vérifiera par des essais successifs au moyen d’un calque jusqu’à ce que la bonne disposition soit obtenue.

L’appareil pour relier ensemble les deux barres, soit pour le traçage identique soit pour les dessins renversés, consiste en un petit arbre Z (fig. 72), marchant entre pointes et portant deux poulies de diamètres égaux sur lesquels s’enroulent un premier ruban d’acier fixé à la barre inférieure et un deuxième ruban commandant la barre supérieure. Le cadre auquel est fixé le ruban inférieur a deux séries de trous et l’on peut fixer le ruban soit dans les deux trous de l’arrière soit dans ceux de l’avant. Lorsque les deux rubans sont enroulés et fixés du même côté de leurs poulies respectives, les deux barres marchent ensemble ; si un des rubans est fixé du côté opposé, le sens de rotation sera changé et la barre supérieure renversera le tracé.

La barre supérieure et la poulie qui la commande peuvent s’élever ou s’abaisser à volonté pour s’adapter à la grosseur des rouleaux.

TlîAlTÉ DE LA GRAVURE SUR ROULEAUX

On conçoit aisément tout le parti qu'on peut tirer de ce mécanisme.

B. — Préparation des plaques pour traçage au pantographe.

Un dessin à graver pour le pantographe doit d’abord être calqué sur papier verni eu élablissant au préalable les équerres de repère, et les intersections quand il faut distribuer le dessin sur

Fig. 73. — Chambre obscure pour calquer.

plusieurs planches. Supposons un dessin à mettre sur quatre planches.

Nous diviserons le calque en 64 carreaux; chaque planche

APPRENTISSAGE DE l’ÉlÈVE GRAVEUR

aura donc 16 carreaux complets. Il est indispensable de laisser de 2 à 5 centimètres de marge autour des carreaux afin de pouvoir faire le raccord des formes, non selon la ligne d’intersection des plaques, mais à l’avantage des formes. Si une forme peut être gravée entière en débordant sur la marge, le raccord ne sera pas du (ont sensible.

Pour avoir de bons raccords, il faut faire les équerres de départ très exactement età angles droits. Chaque plaque sera ainsi divisée.

Après avoir blanchi la plaque, avec du blanc de zinc délayé dans 1 eau gommée, on procède au report agrandi 5 fois.

i° Report agrandi au moyen d'an calque et de la chambre obscure. — Cet appareil consiste en une chambre sans fenêtre sauf une ouverture vitrée dans le toit B figure 7-3. Par-dessous cette glace est fixé à .demeure un caisson fixe G, à l’intérieur duquel glisse le caisson mobile D. Une vis de rappel Y avec sa manivelle M permettent de monter ou de descendre aisément jusqu’à ce qu’on ait trouvé l’agrandissement voulu. E est un objectif muni d’une crémaillère pour la mise au point. O est une grande lentille pour concentrer la lumière sur le calque a posé entre deux glaces soutenues à une hauteur convenable par un cadre en bois au-dessus de E 0. La lentille est fixée au centre d’un diaphragme en bois entre E et 0. Toutes les parties au-dessous du diaphragme seront peintes avec du noir de fumée délayé dans une solution de gomme laque. Au-dessus du diaphragme on peut laisser le bois naturel ou le peindre en blanc.

Comme éclairage artificiel on peut employer une rampe de gaz circulaire Zou mieux une lampe à incandescence électrique de 32 bougies à i ro volts. Un volet mobile T permet d’introduire la main dans le caisson pour les nécessités du travail.

On pose la plaque de zinc sur la table P en ayant soin de mettre chaque carreau de la planche bien en regard de l’ombre projetée par les équerres du calque placé en a. Quand tout est à point on commence à dessiner sur la planche qui doit avoir été blanchie avec du blanc de zinc broyé à l'eau.

T li A LTE DE LA G Ii A VU UE SUI! KOULIÎAUX

II faudra prendre un crayon assez mou et bien noir, pour que l'on puisse voir de suite ce qui est déjà dessiné. Le dessinateur devra toujours avoir présent à l’esprit qu’il fait un agrandissement. Il devra donc tenir constamment les blancs plus ouverts et les mais plus petits. La morsure agrandira ces derniers tandis qu'elle réduira surtout les petites ouvertures. C’est un tact à acquérir qui facilitera beaucoup le travail du graveur de plaque.

2° Agrandissement direct sans calque. — Au lieu de faire un calque on peut renvoyer l’image du dessin agrandie 3, 4> ou 5 fois directement sur la plaque blanchie au blanc de zinc. Gela nécessite un appareil spécial analogue à une lanterne magique.

Le dessin bien calqué est placé devant une forte lampe, et en face de l’objectif. Sur un chevalet placé en face et parallèlement au dessin est placée la plaque à dessiner. La lumière projette le dessin sur celle-ci et on n’a qu’à suivre les contours au crayon. Le tout est dans une chambre absolument obscure.

L’appareil est très utile pour un grand nombre de dessins où les teintes sont bien distinctes.

3° lietouche et gravure des plaques. — En sortant de la chambre noire le tracé a besoin d’être retouché, rectifié et modifié. Le travail dans l’obscurité présente toujours un peu d’indécision et des lacunes. Les angles rentrants et les petits blancs ont une tendance à se boucher à la morsure et à l’impression ; il faut leur donner un peu plus de valeur sur la plaque et arrêter carrément les pointes des blancs formant un angle aigu.

Une grande difficulté de la gravure au pantographe, c’est d’obtenir des pointes effilées, c’est-à-dire qui ne se terminent pas d’une manière épaisse et lourde.

Pour arriver à avoir de la délicatesse dans ces détails il faut opérer autrement que dans la gravure ordinaire. Supposons la forme suivante à exécuter (fig. 7 l\). On remarquera dans la figure jb que nous avons fait un trait unique pour l’extrémité ba, des

APPRENTISSAGE DE L ELEVE GRAVEUR

Fig- 74-

Fis

pointes aaa et que la pointe des blancs rentrants //// est arrêtée carrément. Au traçage on aura soin de commencer au point / pour s’arrêter à l’extrémité a. En traçant le second contour u on devra s’arrêter au point c. La partie bc sera donc tracée deux fois et par conséquent elle sera plus forte que le restant des contours servant ainsi de transition entre les parties mats et la pointe. En partant du point /on évitera d’avoir un picot produit par le choc du diamant à l’extrémité de la ligne. En / le picot sera invisible à cause de la masse environnante.

Pour obtenir encore plus de finesse, on diminue la charge des diamants pour le traçage des contours et des finesses. Par cet expédient la morsure des mâts avance plus rapidement que celle

des contours. C’est ainsi qu’on obtient de beaux déliés comme ceux de l’échantillon (fig. 76). Sur la plaque les croissants ont été gravés comme l’indique la figure 77; les traits ont été attaqués depuis le milieu en allant vers les pointes dans lesquelles 011 n'a passé qu’une fois, tandis qu'on a passé deux fois dans le renflement pour qu’à l’acide il se ronge plus rapidement.

Les dessins à plusieurs couleurs présentent une difficulté de plus; c’est l’obtention d’un bon cadrage, c’est-à-dire sans lacunes et sans débordement. Pour cela, on grave les contours de toutes les couleurs en restant en retrait pour celles qui ne doivent pas déborder les unes par-dessus les autres.

Le graveur doit toujours se souvenir que tout se réduira au cinquième pour la machine Rigby et que s'il fait ce retrait trop insensible, les couleurs déborderont l une sur l’autre et les formes seront trop lourdes. L’espace entre les contours de deux couleurs adjacentes doit avoir au moins un millimètre pour

Fig. 76-

5 diminutions et dans le cas représenté par la figure 78. Ici nous avons nne couleur, le mode clair cadrant contre un contour foncé. On saisira aisément le mauvais effet que ferait la couleur claire si elle débordait par dessus les détails fins.

Dans le dessin représenté par la figure 79 un peu de débordement loin de nuire, facilite le cadrage.

Les contours simples sont gravés au burin demi losange cintré ; les doubles contours sont faits au burin à 2 filets. On peut aussi dans certains cas, tracer le second contour avec une double pointe et le graver ensuite au burin simple.

m mode 11 Puce

Fig. 78. Fig. 79.

Gomme il se présente souvent des cercles gradués à graver sur les planches de zinc et qu’il est impossible de les graver au burin ou de les frapper au poinçon, il faut employer un instrument spécialement fait pour ce travail. Celui que nous employons est un drill ou porte-fraise assez grand auquel nous adaptons une mèche à 3 pointes avec laquelle, sous l’impulsion d’un archet, les ronds sont gravés comme par une magie.

Pour faire cette mèche, on prend un morceau d’acier plat d’une largeur un peu plus grande que le diamètre du rond à graver. Un des bouts est limé de façon à s’adapter au nez du porte-fraise ; l’autre est entaillé de façon à former 3 pointes. Celle du milieu sera plus longue que les 2 autres et celles-ci seront à égales distances du centre; leurs pointes extrêmes repré-

APPH ENTISSAGE DE L’ÉLÈVE GRAVEUR

sentcront donc exactement le diamètre du rond à graver. On peut faire une pointe plus rapprochée du centre pour obtenir en même temps 2 ronds concentriques.

On emploie beaucoup aujourd’hui un appareil qui dispense de l’emploi de l’archet et de la fabrication des mèches. Le mouvement est donné au couteau réglable, par le moyen de deux engrenages d’angle manœuvrés par une petite manivelle.

Pour se servir de ces instruments, on commence par marquer avec une pointe sèche le centre des ronds à graver; on cherche la mèche correspondante au rond à graver ou bien on ajuste le couteau mobile de façon à produire le diamètre exact ou le rayon du rond à graver. Puis on procède comme il a été dit en plaçant la pointe centrale dans lepicot de centre marqué sur la planche.

Les différentes couleurs composant le dessin sont indiquées chaque fois sur la planche avec une couleur bien distincte pour faciliter le travail du traçeur et prévenir qu’il ne commette des erreurs pendant le traçage des rouleaux. On se sert pour cela de couleurs broyées à l’huile de lin ou délayées avec une dissolution de colophane dans l’essence de térébenthine. Les couleurs à l’eau, même les couleurs d’impression,, peuvent servir et sèchent très vite, mais il faut les fixer au moyen d’une solution de gomme laque que l’on applique au pinceau.

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