IV NOTICE
çais, avait à faire trois leçons sur la matière même de renseignement de la chaire mise au concours, et, de plus, une composition sur une question tirée de cette même matière.
En 1832, M. Bravard fut nommé et installé, encore avec une dispense d'âge (car il n avait pas accompli sa trentième année), dans cette chaire occupée avec éclat, et pendant bien longtemps, par le savant jurisconsulte qui venait de se retirer. C'était une tâche lourde à remplir : le nouvel élu en porta dignement le fardeau. Sa parole facile et animée captiva promptement son nombreux auditoire ; sa diction était élégante et pure ; il parlait dans sa chaire comme on parle dans le monde et au palais ; il expliquait le droit comme on explique une affaire. Esprit général! sa teur et positif en même temps, il n'adoptait pour renseignement du droit commercial d'autre ordre que l'ordre indiqué par la matière elle-même, et tracé par la loi. Prenant tour à tour la forme du traité et celle du commentaire, il faisait précéder l'explication de chaque Titre d'un exposé général, dans lequel il s'attachait à mettre en saillie les données premières qui avaient servi de base aux dispositions du Code ; puis il présentait dans un ordre méthodique l'analyse des textes, et discutait les questions qui s'y rattachent, en les subordonnant toujours aux principes. Ainsi trouvait son emploi l'instruction solide et ennemie de toutes vaines subtilités qu'il avait acquise dans son espèce de noviciat auprès de la Cour de cassation.
Les avantages de cette méthode furent promptement sentis : le succès fut complet, et le cours de droit commercial a toujours été depuis un des plus instructifs et des plus suivis de Técole.
SUR M. BRAVARD-VEYRIÈRES. Y
Une fois sa position conquise à Técole, M. Bravard, avec cette infatigable activité qui lui était particulière, se préoccupa surtout de Tamélioration des «études et des réformes à opérer dans renseignement du droit : à force de persévérance, il parvint à faire adopter, par le conseil de rUniversité , les mesures qu'il avait énergiquemcnt provoquées pour le tirage des thèses. La question du latin dans les concours, le règlement des concours, la police descours, — sur toutes ces questions il publia divers articles dans les journaux, et fit imprimer divers mémoires qui furent couronnés d'un plein succès. C'est à lui que les étudiants sont redevables de pouvoir tirer leurs thèses avant d'avoir subi le quatrième examen; c'est grâce à lui que, dans les concours, les candidats ne sont plus condamnés à parler un latin barbare, et à débiter devant le public, de la façon la.plus grotesque, le» facéties du Malade imaginaire.
Nul n'a plus fait que M. Bravard pour l'amélioration des règlements sur les concours; et on lui doit aussi l'arrêté du 28 octobre 1842, par lequel le conseil de l'Université a sagement pourvu à la paix des cours, en même temps qu'à la dignité du professorat, sans méconnaître en rien le principe de la publicité, dont M. Bravard a tou-. jours été partisan et défenseur zélé.
Les travaux sérieux de M. Bravard et le succès de son enseignement lui avaient valu l'honneur d'être nommé membre de l'Institut historique, le 15 mai 1834, et le 25 avril 1843 il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur ; plus tard, par arrêté du 11 août 1860, peu de mois avant sa mort, il était élevé au grade d*officier du même ordre. Son Excellence M. Rouland, ministre de l'instruction publique, juste et sévère appréciateur du mérite, venait ainsi récom-