II en est exactement de même du sens du toucher
À l'on prend la boute et qu'on la manie , on est invincible*
BKDt convaincu de son unité; on persistera dans cette Croyail-
ce si l'on place la boule entre l'index et lé médius de fa mà^in
droite , en laissant à ces doigts léui* position naturelle , parce
fHenoas sommes accoutumés à regarder comme appartenant
> ne même spbére des surfaces touchées de cette manière.
Haâsil'on vient â croiser les doigts en mettant le médius sur
l'iidéz , et que l'on fasse rouler la boule sur là table dans
l'abgle de ces deux doigts, de telle manière que le côté gaû'*
dfee de la boule soit en contact avec le côté droit du médius,
^^vice versa. Von sera également persuadé de l'existence de
^1 boules , surtout si l'on ferme les yeux et si l'on a fait
placer ses doigts par uu autre. Cette expérience réussit très
Inen avec un pois : en croisant les index des deux mains et
pUçantle pois entre deux, on produit la même illusion.
565. — L'habitude a tellement le pouvoir de rendre la vi- ÂoB simple, qii'elle peut faire coïncider en apparence les deux inuges, lors mf me que les rayons qui produisent l'une d'elles ^t détournés de leur direction primitive. Pour le démon- ^, plmçQBS une chandelle à une certaine distance , et re^ gardons-la directement avec un œil ( le gauche , -par exem«plc) , en tenrant l'autre derrière un prisme dont l'angle de '^fringence est variable ( notes décrirons plus tard cet in-
'^nnnent); faisons d'abord cet angle égal à zéro : le prisme
lie produira aucune d^viatioo , et l'objet paraîtra simple Faisons varier maintenant l'angle du prisme, jusqu'à ce qules rayons, e'prouyent une déviation de deux ou trois degrë vers la droite , dans un plan horizontal : la chandelle paraîtra double aussitôt, et l'on verra l'image dëtourne'e par !< prisme, à gauche de l'autre; mais le plus léger mouvement un simple clin-d'œil, les confondra à l'instant. En- faisan croître l'angle du prisme de quelques degrés dans le menai sens, la chandelle reparaîtra double, et deviendra encore une fois simple en clignant les yeux et en dirigeant plus fortement son attention sur la chandelle. L'on peut ainsi don ner aux axes optiques une inclinaison réciproque de 20* 01 So*". Dans cet état de choses , si l'on place une seconde chafi délie exactement dans la direction de l'image déviée de 1< première et qu'au moyen d'un écran l'on empêche serayons d'atteindre l'œil gauche, en enlevant subitement h prisme pendant le clignement d'yeux , les deux chandelle' sembleront n'en faire plus qu'une. Si l'on fait dévier vers 1^ droite l'image vue avec l'œil droit, la possibilité des coïncidences , devient beaucoup plus limitée , car il nous est plo^ naturel de rapprocher les axes optiques par un effort de l'iinagination que de les écarter. Pour peu que. la déviation se fasse hors du plan horizontal , la correction en devient impossible. II est probable que certains cas de strabisme pourraient se guérir en s'exerçant , pendant un certain temps , à donner aux axes optiques la direction convenable.
564. — Cette explication ^e l'unité de la vision paraîtra sans doute suffisante^ néanmoins, le docteur Wollaston sup^ pose , avec raison , qu'une cause physiologique peut contri-' buer à produire cet efiet, et qu'il se fait une semi-décussation des nerfs optiques au point même où ils quittent le cerveau, la moitié de chaque nerf se dirigeant vers un œil et l'autre moitié vers l'autre } de manière que la partie droite de chaque rétine est formée par les ramifications d'uni seul nerf, et
'9> la partie gaoche par celles de l'autre. Toutes les images de» objets hors, de l'^ixe optique sont alors perçues par un seul nerf. pour les deux yeux, ce qui maintient entre eux une puissante sympathie inde'pendante detoutehahitude.il est probable que les rameaux des deux nerfs se mêlent à rax« optique même , pour rendre la vision plus sûre dans cette partie de l'cBiL
3fôK — Une autre question , à laquelle on a donne' heau-« coup plus d'importance qu'elle n'en mërite , est de savoir pourquoi upus voyous les ohjets droits , tandis que leurs images se peignent renversées sur la ré^ne. Se tenir droit ne si- .^nifie autre chose qu'avoir la tête plus e'ioignée et les pieds plus près de la terre qu'aucune autre partie du corps : or la terre et tous les ohjets qu'elle porte gardent dans l'image sur W rétine la situation relative qu'ils ont dans la nature. Dans <^ette image, àJa vérité, les hommes semhlent avoir la tête en ^, mais aussi les corps pesants tomhent de bas en haut. L'ime qui perçoit la sensation par le nerf qui occupe chaque partie de l'image juge seulement de la situation relative de ces parties entre elles; leurs rapports avec les objets externes ^t sont connus que par l'expérience , et la promptitude du logement que nous en portons est le résultat de l'habitude.
366. — Il est un fait remarquable que nous ne pouvons passer sous silence , quelque briève que soit la théorie de la ▼isioQ que nous exposons ici : c'est que le petit espace circulaire où le nerf optique entre dans l'<Bil est complètement in- '^Qsible au stimulus de la lumière ; propriété, qui lui a fait ^Qner le nom de punctum cascum^ La raison en est évi- ^te : en ce point le *nerf n'est pas encore divisé en une infinitéde fibres assez déliées pour être ébranlées, ou pour éprouver quelque changement dans leur disposition mécanir ^eoa chimique par un stimulus aussi faible que des rayons de lumière; néanmoins ce phénomène est curieux et surprei^^nt. Sur une feuille de papier noir, ou tout autre fond de
coukor «ôinbre^ l'oA pUce deux petits dî^ini!» bkinc» Ami les centre» sont à irais ponce» Pud de i*acrtre : ^q (ietit PmJ droit ver ticalemeot «ti^dessds du disqae ganche, et imiiedf-^ étante d^euviroA douce pouces^ de manière <fB*cn abaisMttt hi yae, la droite qui joint les deux yeut soit parallèle k celle qtii joint les centres des disques. Fermant alors l'œil gauche , et fixant l'autre sur le disque qui se trouve inim^diateitieBl au«-âessous , on ne verra que celui-ci , et l'autre sera totalement invisible ; mais poar peu qu'on le de' range de sa fédtion vers la droite ou vers la gauche, il deviendra visible stfi l'kenre et semblera sortir du néant. '
Les distances assignées plus haut peuvent varier légère^ment pour différentes vues.
367* — On pourra trouver singulier qu'un phénomène si remarquable échappe à la plupart dos liommes, tellemeitl qu'il n'y en a peut-être pas un sur dix raille qui l'ait jamais observé. L'étonnement cessera bientôt lor!»qu*on saura qa*f^ n'est pas très rare de trouver des personnes qui ont perdu l'usage d'un œil pendant un certain temps sans s'en apercevoir. L'auteur de cet ouvrage en a connu un exemple.
568. — Chez les pois<:ons, les humeurs de l'œil ont à très peu près le mcnic pouvoir re'fringcnt que le milieu dans lequel ils vivent j la réfraction est très faible dans la cornce, et c'est presque uniquement le cristallin qui concentre les rayons en un foyer sur la rétine. Aussi cette lentille eslelle sensiblement spherique, et d'un diamètre assez petit par rapport à celui de ToDil. D<: plus, Taberration de sph^ ricité ne pouvant être détruite , dans ce cas , par la corn^« seule, le cristallin même produit cet efi'ct par l'accroissement rapide de sa densité vers le centre. (Brewster, Dissertation sur de nouveaux instruments de physique, p. 268.)
La structure fibreuse du cristallin et sa formation par couches s'observent parfaitement dans un œil de poisson, coagii»<^ par l'ébullftion.
369. — Les roêtnes principes qui nous ont permis do rc-mëdier aux imperfections naturelles de la vue nous procureront encore les moyens d'en augmenter la puissance, même chee des individus qui jouissent de ce sens dans toute sa perfection. Dès que Ton conçoit que l'image peinte sur la rétine est celle que nous voyons effectivement, il s'eusuit que, si par QB artifice quelconque l'on peut rendre cette image plus claire, plus grande, plus distincte que dans l'état naturel de l'organe , l'on verra les objets plus brillants et plus graBds (p'ils ne paraissent d'ordinaire , et par conséquent susceptibles d'être examinés en détail , sous des formes mieux prononcées et avec un contour plus nettement terminé. Les nioyeos que nous fournit la science pour atteindre ce but sont: de recueillir, à l'aide de lentilles, un nombre de rayons^ plus grand ' que celui qui^ entre dans notre œil ; de rendre l'image plus grande sur la rétine , en substituant à l'obyet tte image plus grande ou plus rapprochée de l'œil que l'objet même , et de détruire l'aberration en donnant à nos îmstroments une figure convenable.
570. «^ Théorème * La grandeur apparente d'un objet rec- ^gQe a pour mesure l'angle sous-tendu par cet objet au centre de l'œil , ou la grandeur de l'image sur la rétine ,
c esti-dire
la grandeur de l'objet
sa distance de l'œil
U centre de l'œil est, dans ce sens, un point très voisin du centre de la pupille dans le plan de l'iris. L'image p q (%72) d'un objet extérieur P Q , étant formée au fond de l*teil par les rayons qui s'y croisent , doit «ous-tendre le mêûie angle que cet objet 5 de manière que
-PO ^ ^ ^7'« --^ Corollaire. Si l'objet est tellement éloigné que l'on
puisse regarder comme parallèles tous les rayons qui en émanent, le diamètre angulaire de l'objet est mesure par l'inclinaison réciproque des faisceaux extrêmes. L'imagination re- * porte alors l'objet à une distance infinie ou à la voûte ce'lerte.
572. — Théorème, Quand une lentille convexe se trouvera entre l'œil et un objet quelconque, en sorte que sa distance à cet objet égale sa longueur focale, celui-ci sera vu distinctement par tout œil capable de faire converger des rayons parallèles, et éprouvera un grossissement plus ou moins considérable.
Soit PQ*r objet (fîg. 7^) , C la lentille et E le centre de YxBÏX. Puisque l'objet est au foyer de la lentille , les rayons divergents du faisceau émis par un point quelconque F de l'objet émergeront parallèlement à PE : après avoir été réfractés dans l'œil , ils iront donc converger sur la rétine en un -point /7^ tel que E/? soit parallèle à PC.
Pareillement , les rayons partis de Q iront , par l'effet de la réfraction à trgivers la lentille et l'œil, converger vers qy de manière que E^ sera parallèle à Q C : il se formera ainsi sur la rétine enpq une image distincte, et la grandeur apparente de l'objet vu à travers la lentille sera l'angle q^p} mais cet angle égale P C Q ou l'angle sous-tendu par l'objet au centre de la lentille, et surpasse par conséquent PEQ ou l'angle sous-tendu par l'objet au centre de l'œil : tel est l'effet de l'interposition de la lentille.
575. — Ainsi plus l'œil sera près de la lentille, plus la différence sera petite entre les grandeurs apparentes des objeU vus avec ou sans lentille j mais si le foyer du verre est plu» court que la moindre distance à laquelle l'œil peut voir distinctement , it V aura cette différence essentielle entre la vision avec ou sans lentille, que , dans le premier cas, l'objet^ sera vu distinclemeul , et que sa forme seru bien terminée; tandis que, dans l'autre, ou dans la vision à l'œil nu, son
image sera d'autant plus confuse qu'il sera plus près de l'œil.
574. — Au moyen d'une lentille convexe d'un court * foyer, Fon peut donc voir les objets aussi distincts et aussi grands que l'on veut.
En eflFet, soit L le pouvoir ou la valeur inverse de la longueur focale , et D la plus petite distance à laquelle ode puisse voir l'objet distinctement sans lentille^ nous aurons