L'expérience vérifie ces conclusions
L'on observe que la réflexion à la surface de quelques 1 lieux transparents croît sensiblement avec l'angle d'incid* ce; mais à la surface extérieure d'un milieu quelconque < n'est jamais totale ou presque totale. Pour le verre, pareil pie, quoique sous de très grandes obliquités, une grande p tie de la lumière entre dans le milieu en se réfractant. P< des milieux opaques, comme les métaux polis, on observe
même chose f la réflexion devient seulement plus vive avec raçcroissement de l'angle d'incidence. La seule difiFërence , dans ce cas, c'est que la lumière qui traverse la surface s'éteint au même instant.
547. — Les phënomènes qui ont lieu lorsque la lumière est réfléchie par la surface commune de deux milieux sont tek que 4'on doit s'y attendre , d'après la théorie que nous venons d'exposer ; i quelques circonstances près , qui nous amèneront à limiter la généralité de nos hypothèses^ et à établir une relation entre les forces attractives et répulsives , auxquelles nops avons rapporté la réflexion et la réfi'aetion. Quand deux, milieux se trouvent dans un contact parfisiits comme un flpide avec un solide , ou deux fluides entre eux*, l'utenùté de la réflexion est toujours d'autant plus faible à leur surface commune , que les indices de réfraction de ces milieux approchent davantage de l'égalité 5 et, quand ik ^ exactement égaux, la réflexion cesse, et le. rayon pour- ^QJt sa ix>ule dans le second milieu sans changer ni de direo- ^^) ni de vitesse^ ni d'intensité. Ce fait^ qui s'observe généfalenaent^ prouve à l'évidence que les forces attractives et ''^ulsivcs suivent exactement les mêmes lois dans les milieux cloués d'un même pouvoir réfringent, et sout entre elles dans le même rapport ; que, dans les milieux inégalement réfringcnts^ la relation entre les fdcces qui produisent la réflexion et la réfraction n'est pas arbitraire; mais que Tune dépend "c l'ôutre^et croît ou décroît avec elle.
Cette circonstance remarquable i*end moins improbable ** supposition faite , a l'art. 555 , de l'invariabilité de foirme ^la fonction Y ou f (j-) , qui exprime la loi de l'action exer- ^ par les molécules de tous les corps sur la lumière.
548. — Pour démontrer par l'expérience les phénomènes *^ question, prenoxks un prisme de verre dont l'angle de rétnogencQ soit très petit^d'un demi-degré, par exemple); on ^^ ^^rvir d'un morceau de verre plan , parce que rare-
ment les deax fkces cioiit parallèles. L'ayant placé prèf l'cBil » dans une position convenable , on regardera Tim^ d*une chandelle réfléchie par la surface voisine de l'œil : verra cette image accompagoée d'une autre image à c6l due à la réflexion par l'autre face à travers la lame , et deux images auront à peu près le même éclat, si l'angle d'i cidence n'est pas trop grand. Si l'on met alors un peu d'e£ ou le doigt mouillé, ou mieux, un corps noir-mouillë, derri* la face postérieure, k l'endroit où se fait la réflexion inter la seconde image perdra sur-le-champ la plus grande pai de sa clarté. Si, au lieu d'eau, l'on se sert d'huile d'olive, perte de la lumière sera beaucoup plut forte ^ et , si c'est la poix amollie par la chaleur que l'on applique derrièn verre, de manière à la faire adhérer parfaitement, la secoi 'image sera tout-à-fait effacée ; mais elle reparaîtra si 1 emploie des substances plus réfringentes que le verre. A: l'hnile de casse rendra l'image très brillante; le soufre donnera un éclat égal i celui de la première image; et, si 1 emploie le mercure ou Tamalgame ( comme dans le mil ordinaire) , la réflexion à la surface commune du métal et verre sera beaucoup plus vive que si elle n'était due qu verre seul.
549* — L'anéantissement de la réflexion à la surface ce mune de deux milieux d'égal pouvoir réfringent expli* une multitude de phénomènes curieux. Si Ton plonge morceau irrégulier de quelque substance diaphane , crown-glass, par exemple, dans un milieu incolore de me pouvoir réfringent , ce morceau disparaît entièrement, effet , un corps n'étant visible que par les rayons qu'il réi cbit, on doit cesser de le voir aussitôt que l'on détruit la flexion , à moins qu'il n'y ait quelques parties opaques d son intérieur , ce que nous ne supposons pas ici. Ainsi , t< substance réduite en poudre présente l'aspect d'une ms blanche et opaque, à cause des réflexions intérieures et ei rienres produites par les surfaces des particules qui la co
posent ; mais si Ton détrempe cette poudre dans un liquide de même pouvoir réfringent , elle deviendra d'une transparence parfaite : tel est le papier mouillé , ou plutôt huilé. Le papier se compose d'une iofinité de fibres ligneuses plus ou moins transparentes , dont le pouvoir réfringent est saiis doute i peu près le même que celui des huiles les plus ré^ fringentes; sa blancheur est due aux rayons qui se confondent en se réfléchissant sous tous les angles possibles , tant à l'intëiieinr qa*i l'extérieur , car le rayon qui n'est pas réflé-^ cbi par une fibre l'est par la fibre voisine. En humectant une fenille de papier avec un liquide quelconque, l'intensité de ces r^exions s'affaiblit d'autant plus que le pouvoir relogent dn liquide approche davantage de celui du papieii^ : de maiiière qu'un nombre considérable de rayons part d'un. ^t^de la feuille et sort par la face opposée.
^ transparence qu'acquiert l'hydrophane lorsqu'on tat plonge dans l'eau est due sans doute à la même cause : l'eau ^ ▼^Qanti remplir les pores, diminue les réflexions intérieures. '^ns nn mémoire intéressant sur le tabasheer ( concrétîcfh ^"iceose que l'on trouve dans la canne à sucm , et le pltis i^friogent de tous les solides ) , le docteur Brewsteir a expli- V^^f d'après le principe énoncé plus haut , plusieurs phéno- ^CQes extraordinaires que l'on observe lorsqu'on mouille
^^te substance avec différents liquides. ( Transact, philos. , «819.) ^ ^^■^
SSo. . — Le raisonnement de l'art. 529 est également ap- Pucable aux deux cas où le rayon est réfléchi, soit par la surlace intérieure d'un milieu placé dans l'air, soit par la suf^ ^ce extérieure.
La seule différence , c'est que , dans le dernier cas , la ré- ^^ioQ se fait par les forces répulsives, tandis que, dans l'au- ^' eHe a lieu par attraction.
^ ilHHe d'un rayon réfléchi à l'intérieur peut se concc- ^oir Xfji^ ^^ ]^ représentent les fig. 1,2 1 et 1 22 , et l'a rê- ^'^^pent se faire dans L'nne quelconque des régioÈl8"dti
34a concfaes «ttractiyet, «u^-dessns oo ao*de88<nis de la vériUlb'le surface, c'etl-i-dire de la dernière couche de inolëcules. Il y a cependant un cas de rëflexion intërieure trop remarqaal>le pour ne pas en faire une mention particulière : c'est celui où. l'angle d'incidence excède Vangle-limite, dont le sinus est
— (art. i83 et suiv.)*
La réflexion intérieure est totale alors, comme nous l'ayioxis déjà dit en donnant ce phénomène comme un résultat de l'expérience. Pour l'expliquer , considérons un rayon qui tombe sous un angle précisément égal k l'angle-limitc , eC dans la phase la plus intense de son accès de facile transmission : alors il sera réfracté 5 et, puisque l'angle de réfraction doit être de 90® ( à cause de la généralité du raisonnement employé pour démontrer la loi de réfraction à l'art. 529)9 il émergera en effleurant la surface à la limite extrême C B (fig. ia5 ), où cesse toute action sensible. Dans ces circonstances , sa vitesse initiale dans le sens perpendiculaire à la surface suffit à peine pour l'élever jusqu'à cette limite , ou elle devieut tout-à-fait nulle.
Supposons maintenant un autre rayon aussi dans la phase la plus intense de son accès de facile transmission, mais dont l'incidence est plus oblique , quoique d'une quantité infiuiment petite : puisque sa vitesse initiale suivant la normale est moindre que celle du premier rayon , cette vitesse sera de'truite avant qu'il n'ait atteint la limite eu question^ et il commencera à se diriger parallèlement à la surface an milieu, en-deçà de la dernière limite de la sphère d'action u^ cette même surface.
55i. — La dernière action exercée par la surface , ou w force qui s'étend à la plus grande distance , ne peut être qu'attractive : en effet, si elle était répulsive , il est évident qu'aucun rayon extérieur, tombant sous un très grand angi^ d'incidence ( c'est-à-dire sous un angle qui approcherait i^' déhniment de 90® ) , ne pourrait échapper à la réflexion'
D'ailkvirf , dans cette hypothèse , aucun rayon ne pourrait émerger de l'intérieur d'un milieu, que sous une obliquité à là surface ]^lus grande qu'un certain angle constant, la der*aière action du milieu étàpt, dans ce cas, de rejeter le rayon à Fexténcwr, en le rapprochant de la perpendiculaire.
Or ces conséquences sont contraires â ce que nous appvend l'obsenration.
Nous pouvons encore enrisager la question de la manière iniyanle :
Puisque tout rayon Tenant de l'intérieur ne peut émerger qu'en devenant parallèle à la surface , lorsque son angle d'incidence est égal à l'angle-limite , et puisque tout point de la courbe qu'il décrit avant son émergence est plus près du milieu que la ligne de dernière direction , il est géométriquement impossible que la courbe immédiatement adjacente au point d'émergence ne tourne pas sa concavité vers le milieu, qui doit par conséquent attirer le rayon.
SSa* — Ainsi la molécule lumineuse dont nous discutons le mouvement se trouvera dans la région attractive au mo^ ment ou sa vitesse suivant la normale à la surface sera détruite : elle se dirigera donc vers l'intérieur , comme le représente la ligne pointillée , fig. 12a , et se réfléchira. A plus forte raison, toutes les molécules incidentes qui se trouveront dans une phase moins intense d'accès de facile transmission , ou dans un accès de facile réflexion , aussi-bien que celles qui tomberont sous un angle d'incidence encore plus grand , c'est-à-dire avec une vitesse perpendiculaire moindre, devront également être réfléchies.' Dans les circonstances les pins favorables à la transmission , elles atteindront la région attractive extérieure, comme dans la fig. i25; autrement ^es seront ré^échies par des couches moins éloignées ( fig. '^2). Si l'obliquité de leur direction primitive était très {l'onde , ou qu'elles se trouvassent dans les phases les plus ii^tenses de facile réflexion , leurs routes seraient semblables ^ Celle que représente la fig. 121.
555. — La coaclusiou à laquelle noiu somme;) p dans l'article préce'dent, que rattractioii d'un miliei molécules de la lumière s'étend à une plus grande • que la répulsion , est , comme nous venons de le v* conséquence rigoureuse des principes de la dynamiq d'être contraire au système de Newton sur la réfleii y est parfaitement conforme.
Le docteur Brewster a été conduit au même rési des considérations particulières déduites de ses cxp sur la loi de polarisation ( Trans. philos», 181 5 , p. ! s*en est servi pour expliquer un fait curieux , obsc Bouguer, savoir, que l'eau , quoique moins réfléchissi le verre sous de petites incidences , l'est beaucoup ds spus des incidences plus grandes , par exemple de 8 supposant que la lumière ait , dans les deux cas , si: l'action des forces réfringentes avant de se réfléchir, cidence au moment où elle atteindra la région des f< pulsives aura été réduite, dans le cas du verre, à 67* dans celui de l'eau, à 61** 5' seulement : étant plus à la surface de l'eau , elle sera réfléchie en plus quantité.
Cette explication paraîtra plus ou moins plausib elle est sans doute fort ingénieuse, et le phénomène pas moins digne de toute notre attention.
554. — Pour observer plus commodément les pi nés de la réflexion totale, on place contre une fenêt me dans la flg. 1249 ^^ prisme de verre (dont l'angl gent est droit), de manière que sa base soit horizont:
MHtibre en comparaisoQ , parce que larcffliexîoB des nuages, etc., aéra beaucoup moins vive.
Si Ton tient le prisme à la main , an lieu de le poser sur
un corps noir , et qu'on tienne une chandelle par-dessous ,
cette chandelle sera visible; mais on la verra toujours dans
la concavité de l'arc, quelle que soit sa position, [.a fig. 124
repr^nte la route du rayon dans cette expérience : £ est
I l'œil» NG , OF, P D, çont des rayons incidents sur la face opposée, et formant avec la base des angles différents; ils se réfléchissent vers l'œil E , par rapport auquel O F a justement une incidence égale a l'angle-limite. Il est évident que tous les rayons du c6té de N , tombant sur la base au-delà de F, seront trop obliques pour être transmis , et se réfléchiront entièrement; cent , au contraire, qui tomberont entre '^ et A, n'ayant point le degré d'obliquité nécessaire pour que ^ réflexion soit totale, ne seront réfléchis qu'en partie, et le veite traversera la base dans la direction de D Q. Maintenant, pour qu'un rayon émis par un luminaire placé en un
; point quelconque L au-dessous de la base puisse atteindre l'on!, il faut nécessairement que ce rayon tombe entre A etF comme L D« Jamais il ne pourrait être réfracté vers E si le point d'incidence se trouvait entre B et F.
555. — L'arc coloré qui sépare la région de réflexion V)talc de celle de réflexion partielle peut s'expliquer de la manière suivante :
Supposons, pour plus de simplicité^ quç 4'œil soit plongé . dans le milieu , afin d'éviter de tenir compte de la réflexion mr la surface inclinée A C du prisme , et ne considérons d'abord que les rayons rouges extrêmes ; abaissons de l'œil mie perpendiculaire sur la base du prisme , et regardons-la comme l'axe d'un cône lumineux dont la génératrice ferait
iveccet axe un angle dont le sinus =-, c'est-à-dire l'angle-
limite pour les rayons rouges extrêmes. En considérant ce ^ne cooune émané de l'œil , tous les ràyons qui le' compo-
sent seroni réfléchis toUlemeut, s^ik tombent hors Au cercle qui lui sert de base; mais ceux qui tomberont dans l'inté* rieur ne subiront qu'une réflexion partielle. Si tous les rayons étaient doués de la même réfrangibilité , le lieu de réflexion partielle serait donc un cercle dont le rayon égalerait le produit de la baoteur de l'œil au-dessus de la base par la tan-
sente de l'angle dont le sinus est - , c'est-à-dire , ^. — .
On aurait également pour le lieu de réflexion partielle des rayons violets un cercle dont le rayon serait
valeur moindre que la précédente. Ainsi, dans l'espace entre les deux cercles , les rayons ronges seront réfléchis en partie et les rayons violets en totalité; ce qui donnera a cet espace une teinte violette. Le même raisonnement peut s'appliqua aux rayons intermé4iaires; et la transition de l'espace lumi* neux extérieur aux cercles, à l'espace sombre qui forme leof intérieur, se fera par la soustraction successive du rouge, w
l'orangé, etc. ; ce qui rendra la lumière restante de moins en moins blanche , jusqu'à ce qu'elle passe an bleu. Sil'o* suppose maintenant que les rayons tombent en sens con' traire, c'est-à-dire qu'au lieu d'émaner de l'œil, ils sontr^fl^" chis vers lui , tout se passera de la même manière , et l'œu verra l'espace lumineux hors du cercle, séparé de la surface intérieure par une circonférence bleue, dont la couleur augmente de vivacité en approchant du centre. Tel est effectivement le phénomène que Ton observe , à cette différence près que l'arc paraît un peu rougeâtre à sa convexité.
Cette apparence , incompatible avec la théorie , pourrait bien n'être due qu'au contraste , source féconde d'illusion dans tout ce qui concerne les couleurs : elle en serait alors un des exemples les plus curieux et les plus remarquables.
Newton ( Optique, a* partie, expér. 16) ne parle pas de
cette particularité, observée et décrite poar la première fois par sir W. Herschel, quoiqu'il explique le phénomène général de la même manière que nous. La réfraction du côté BA du prisme modifie légèrement la figure de l'arc, et tend à loi donner celle d'une conchoïde, lorsque les rayons émergents sont très obliques.
556. — Si l'on couvre d'un papier noir la face B G du prisme , et que l'on fasse tomber une vive lumière venant <i'un point au-dessous de B A , qui se répande sur la base en se disséminant (comme la lumière qui traverserait un verre ^iTémeri, dont la face dépolie serait en contact avec la l>sse du prisme) , l'on observera des phénomènes tout opposés : l'espace noir sera au-delà et l'espace lumineux en -deçà du point F. La séparation sera marquée par un bel arc rou«» S^jqui passera successivement à l'orangé, au jaune, etc., jus- V'au blanc , qui occupera la part concave. Il est évident ^e ce phénomène est le complément de celui que nous avons ^crit en dernier lieu, quand l'arc bleu était vu par réflexion 2 'ute explication particulière serait donc superflue. Il esta remarquer, cependant, que l'on n'observe à sa concavité au- ^^é trace de bleu ou de violet } de manière que l'effet que ^tts ayons attribué au contraste, en parlant de Tare vu par '^^lion , n'a rien qui lui corresponde dans l'arc vu par transmission.
55.7. — L'intensité et la régularité de la réflexion à la ^aoe extérieure d'un milieu dépendent non seulement de la nature de ce milieu , mais encore du degré d'égalité et de poli de sa surface. Mais on peut demander , avec raison , Conunent il se fait une réflexion régulière à la surface d'un corps que l'art a poli , tandis que le procédé de la polissure n'a d'autre effet que de diminuer les aspérités par le frottenient de certaines poudres dures, qui, malgré la petitesse que leur a donnée la division mécanique, n'en sont pas moins des
masses énormes en comparaison des dernières molécules de la matière : leur action se borne à enlever le sommet dei inégalités de la surface ; de manière que réellement une surface polie doit avoir avec la surface d'un liquide ou d'un cristal à peu près la même ressemblance qu'un champ la bouré avec le miroir poli très soigneusement.
Mais la doctrine de Newton répoud victorieusement i cette objection. Si la réflexion se faisait par le contact de U lumière avec les molécules de la surface, jamais elle ne senr régulière : en effet , comment assigner alors la direction di rayon réfléchi, puisqu'elle dépendrait entièrement de la for me de ces molécules ou aspérités, et de l'inclinaison de leof surfaces par rapport à la surface du milieu considérée dav toute son étendue ? Les données variant k l'infini pour tott les corps non cristallbés , la lumière devrait se disséminei dans tous les sens.
D'une autre part , dans les cristaux , chaque molécule M présentant qu'un nombre limité de surfaces ngoureusemeft* planes, et les faces correspondantes étant toutes mathémati' quement parallèles, la réflexion serait régulière, à la vérité; mais sa direction dépendrait uniquement de celle du rayon incident et de certaines lignes fixes dans le cristal , sans qne l'inclinaison et le poli naturel ou artificiel des surfaces eos^ sent sur elle la moindre influence. D'ailleurs il arriverait^ 1^ plus souvent , que le faisceau réfléchi serait multiple au lico d'être simple. Toutes ces conséquences sont tellement contraires à l'expérience , qu'il faut nécessairement supposer cpe les forces qui produisent la réflexion étendent leur actijfi^ des distances non seulement égales aux intervalles entre \& molécules , mais plus grandes même que- la largeur des-sil* Ions entre les petites aspérités superficielles des milieux polii par la main de l'homme. Ceci accordé, toute difficulté s'é- Vanouit : car l'action commune de plusieurs inégalités et cl( plusieurs creux peut être parfaitement uniforme, tandis qui le^ actions individuelles offrent la plus gronde diversité
C'est ce qu'on voit clairement si l'on jette un coup-d'œil iurlafig. is5| ou AB représente la surface raboteuse d'un milieu, et A C le rayon d'une sphère attractive, ou la répulsion de la molécule A. Concevons maintenant que tous les sommets dea élévations a, b , c , d, se trouvent dans un même plan , et que A C soit le rayon des sphères qui ont ces sommets pour centres : les intersections de ces sphères entre elles engendreront une espèce de surface mamelonnée, a ^ 7S, qoi approchera extrêmement d'un plan géométrique, infiniment plus, du moins, que la surface A B , si les distances entre les centres sont très petites par rapport aux rayons. Ainsi an rayon dirigé vers un milieu ne tombera pas sur une surface inégale lorsqu'il aura atteint la sphère d'action de ce milieu, mais sur un plan presque parfait. En supposant que les molécules agiisantes soient répandues uniformément sur AB, la résultante de leurs actions partielles sera perpendi* <^<daire à cette surface. Le même raisonnement peut s'appli- T^r aux couches de molécules , quoique discontinues , au- BeKoQi de a, b, c, d, etc. , et en général à toutes les couches Vùforment la surface.
Ainsi les conditions jlrincipales sur lesquelles repose la ^iMorie newton ien ne de la réflexion et de la réfraction (c'est-à-dire l'égalité des forces à des distauces égales du lùvcan général de la surface , et la perpendicularité de leurs ^ctjoQs par rapport à ce même niveau) se trouvent en* fièrement remplies.
;SS8. -^ Il est évident que les inégalités de la surface ma- Q^oniiée que nous venons de décrire deviendront d'autant pins sensibles que les rayons des sphères seront plus petits, on ^t les intervalles entre les centres seront plus considéra- I>ki t oa -conçoit qu'alors la régularité de la réflexion et dé U réfraction sera altérée proportionnellement. Il s'ensuit ins V^ f P^^* l'iiicidence dn rayon est oblique , moins la inr&ce doit être polie pour réfidcfair régulièrement : c'^t ce que l'expérience confirme tous les jours. Il est aisé de trouver
un morccftu de verre, usé à IVmeri, qui donne une image ft^ sez distincte quand les rayons sont très obliques , quoiqu'il n'en donne aucune quand ils sont perpendiculaires. En voici les raisons : d'abord un rayon très oblique n'a pas besoin de pénétrer à une très grande profondeur dans la sphère de répulsion pour perdre sa vitesse suivant la perpendiculaire i la surface. En second lieu , il ne saurait passer entre deaz élévations ou entre deux enfoncements contigus de la sur* face fictive a ^ 7 $ ; mais , à cause de son obliquité , il doit en traverser plusieurs et subir l'action du milieu avec plus de régularité.
559. — C'est ainsi que l'on explique le phénomène de U réflexion dans le système de Newton.
Mais on peut demander encore comment une surface po- i lie par l'art peut donner une réfraction régulière. Quand le rayon se réfléchit, il n'atteint jamais les aspérités de la surface , et n'est soumis qu'à leur action moyenne , rendue uiu^ forme par la distance et par des compensations particaliires. Dans la réfraction, au contraire , le rayon doit traverser la surface même et toutes ses inégalités , sous tous les angl^ possibles. La réponse est également simple : ni la réfraction ni la réflexion ne peuvent avoir lieu en totalité ni en grande partie à la surface même; mais le rayon s'infléchit (versl'io' térieur ou l'extérieur) à une distance assez grande pour lé soustraire à rinfluence de ces inégalités ; ce n'est pas la surface seule , mais uue couche du milieu beaucoup plus épaisse qui agit sur lui. Ou peut comparer l'efTet des aspérités àcelw des montagnes de la terre , qui altèrent pareillement la pe* sauteur. Une pierre qui tombe d'une hauteur médiocre, très près de l'une d'elles , ne suivra pas la direction de la verti* cale , mais celle du fll à plomb , qui en diffère sensiblement. Cependant , si elle tombait de la lune vers le centre de I2 terre , elle n'éprouverait aucune perturbation sensible de la part des montagnes près desquelles elle passerait, quand bien même celles-ci seraient mille fois plus grosses.
56o. *— Gèpendant des surfaces sensiblement inégalés' ne peuvent donner 'de réfraction d'une régnlaritë cbmparàbléf à celle de la réflexion; ce qu'on peut attribuer à l'impossibilité qa'an rayon pénètre la surface, quand il se réfracte sous une uses grande, obliquité. Il est à remarquer que la ré&esion régulière i l'intérl«u): d'un m^ilieu qut«ffreune surface rabptecue est à peine sensible , même quand les rayons sont très obliques et que< la réflexion à Teoitérieur est abondante r et ' régulière^ ce qui. semble indiquer que les forces répulsives exercent toiijte leur -énergiei hors dii milieu .
56i. — Quelles que soient les forces en vertu desquellies les corps réfléchissent et réfractent 1^. lumière , ce qu'il y a de certain, c'est qu*^ette5 doivent surpasser de beaucoup l'inteositë de la pesanteur.
L'attraction de la terre snr une particule près de sa surface ne lui fait parcourir qu'environ i6 pieds par seconde. Ainsi cette force ne saurait infléchir sensiblement une molécule qui se mouvrait avec la vitesse de la lumière. En efiet, le temps ^e ^Hre l'action totale du milieu n'est que celui que la luiiûère met à traverser le diamètre de 'la sphère d'action sentie dea molécules de la su rfaceî Donnons à ce diamètre ^ne valeur d'un millième de pouce ^ ce qui excède tonte pnèabilîté : cet espace sera traversé par la lumière en