‹ Traité de la lumière, t.1Chapitre 103 sur 171 · Si la courbe rP », émbleme d’un milieu absor · texte numérisé non relu

Si la courbe rP », émbleme d’un milieu absor

bant, avait un maximum dans une partie quelcoñque du spectre, dans le veït, par exemple ( fig. 115), quelle quéfütr. la proportion des autres couleurs par rapport à cellezciz on pourrait toujours la faire dominer en donnant aü milieu une épaisseur suffisante. La dernière téinte du milieu ou le dér-

nier rayon qu’il pourra transmettre sera d’une couleur par-::-"

faitement homogène, et doué de la réfrangibilité particulière” à laquelle correspond l’ordonnée maximum. Ainsi lés vérrès …. de couleur verte, dont l’emblème est la fig. 115, devien- : nent de plus en plus foncés quand leur épaisseur vient à augmenter, tandis que les verres jaunes (fig. 114) changent de teinte en devenant plus épais ; ils brunissent d’abord, et passent ensuite au rouge. * 495. — Ce changement de teinté par une augmentation d'épaisseur s’observe assez souvent ; et, quoiqu'il semble étrange au premier abord, ce phénomène n’est qu’une conséquence nécessaire de la doctrine précédente. Si l’on verse entre deux plaques de verre formant un angle assez aigu une solution de vert de vessie, ou mieux de muriate de chrome, et qu’à travers la partie de ce prisme la plus voisine de l’arète l’on regarde un morceau de papier ou ün nuage blanc, cet objet paraîtra d’un beau vert; mais si l’on fait passer le prisme devant l'œil, de manière à regarder successivement à travers une cpaisseur de plus en plus grande, le vert deviendra de plus en plus foncé, jusqu’à ce qu’il se change en un brun douteux, qui passe bientôt au rouge du sang. Pour se rendre compte de ce phénomène, l’on observera que les courbes qui représentent l’absorption affectent les formes les

Te A ES frépalières 3 ‘et ont souvent une foule de mâximä et de “Hinima qui correspondent à à des couleurs différentes. Les li: quides: verts dont nous venons de parlér ont deux maxima distincts (fig: 115) ; dont l’un correspond au rouge éxtrême - et l’autré au vert; mais les longueurs’absolues de ces maxima 5 “sont, inégales, le rouge surpassant le vert. Comme les rayons rouges éclairent très faiblément, le vert, qui a beaucoup de ‘vivacité, affécte l'œil davantage et prédomine d’abord: ce- ‘’'péndant la présence de ces rayons rouges se fait déjà sentir £ avant que l'épaisseur soit devenue assez grande pour éteindre “entièrement les rayons verts. Tel est le cas représenté par les courbes inférieures de la fig. 115.

* Pour rendre ce raisonnement plus sensible par un exemple numérique , Supposons que l'indice de transparence ou la ‘valeur de y pour le muriate de chrome égale 0.9 pour les.

rayons rouges extrêmes, 0.1 pour lerouge.ordinaire, l’orangé. : et le jaune ; 0.5 pour le vert, et o.1 pour le bleu, l’indigo et le violet. Supposons de plus un rayon de lumière blanche composé de 10,000 rayons colorés également éclairants dans la proportion suivante :

Rouges extrêmes . :. .. 200 Rouges et orangés : .. 1500 Jaunes. 2.225 Er EG D0O Verts: 70e ar ed 2026d0 Bleus. em RER 200 Indigo vis A rte d000 Violets nés eee D00

Après avoir traversé une épaisseur — 1, les rayons.transmis seront au nombre de

Rouges extrêmes. . . 180 Rouges et orangés . . 150 Jaunes ne Need O0D Vert HR Pr ie 1008 BIEUS Re le 20

: 1 207 Indbo ER ET ro0 Violéts ns nue 5o

Après ayoir traversé la‘seconde unité d’épaisseur; il.en

YXrestéra' Rouges -extrèmes "1": 162 #7 À BL Rouges et orangés .*: 15 ou Jaunes. 2") 30 Verts ent TN: 700 Bleus? ÉD RNSUEOS 5 Indigo ess r nenne 10 Violetss fin fe UE 5 1 Après leur passage à travers la troisième, quatrième, cin- \*iquième et sixième unité, 3e 4° 5e. 6° Rouges extrèmes : :. 146: 137 118 106 Rouges et orangés.. ï 0 o o daunes ne ti re 3 o o (0 VEN ES Do 175 87 45 Bleus Ace 0 0 o Indigo’... ° ) Violets" 2 52 rs ut 0 o o “#Ce qui montre :que.le vert l'emporte beaucoup sur les “autres: couleurs après la première transmission. Il domine

“encore après la deuxième ; mais, après la troisième, le rouge s’y mêle en assez grande quantité pour que la pureté de la *;t@inte en soit visiblement altérée. À la quatrième transmis- & sion ;* l’on ‘peut régarder toutes les autres couleurs comme ‘entièrement absorbées , ‘et il ne reste plus qu’une teinte -. ‘sombre entre le rouge et le vert; le rouge devient de plus en plus‘domimant après lés transmissions suivantes, jusqu’à ce qu’on'ne puisse plus le distinguer du rouge homogène .donné-par l’extrémité du spectre,

HET ete PE “8. ne ; 106. > — cn est indifférent, pour. Ja’ der à ‘que L'on doit vén ‘tirer, de supposer: que: les: “parties les: plus sombres. du > ; spectre soient éclairées, par: ün: “plus: petit’ nombre. de rayons, que: lereste, où par un: nombre égal: de. rayons 1 moins. écla=: * fants; ais. SE première, hypothèse : æ sur. la: séconde Vavan-: - FL tagé de se “prêtér à aux évaluations numériques: , Dans l'exem= :

“plé précédent: Les! nombres étaient pris au hasard; mais."

Fraunhofer. a fait uné série, ‘d'expériences pour détérininer Humériquemènt le pouvoir. éclaitant de tous les rayons: du:

“spéctrésiFavait construit à cet effet la courbe fig. 116, dont ; “chaque ‘ordonnée représente lé pouvoir éclairant du rayon’ “..faû point où elle estélevée, ou le nombre de räyons, doués dé.

cette” réfrangibilité particulière; qui “eñtrent dans la compo : yo

sition dela’ lumière blanche. Si nous voulions ayoir égard Ar

cette inégalité du pouvoir éclairant dans notre construction ra ‘géométrique, nous devrions figurer. la lumière blanche; non ‘par une ligne droite , comme dans les fig. 112,115 €t 1147,

mais par une courbe semblable à Ja fig: 116, et faire dépen= *

dre les autres courbes de celle- ci, en suivant les regles tracées plus haut. Mais comme Tunique usage de: cé con" structions est.de peindre à:la vue ayec beaucoup de: DAME l'intensité d'action d’un milieu sur le spectre, cette modification serait plutôt désavantageuse qu'utile.:

497. — En examinant des morceaux de yerre:d’azuüride. différente épaisseur, on les trouvera d’un.bleupur-tant qu’ils® seront assez minces. Quand leur épaisseur augmentera, is" prendront une teinte rougeätre de plusen: plus prononcée, f jusqu’au rouge foncé ;il faut néanmoins une épaisseur con-. Se sidérable pour produire cet effet. En examinant les teintes à* aide d’un prisme, l’on trouvera.que cé milieu a pour.em-? a blème la fig. 117, et que, des quatre ordonnées-maxima; la ‘plus grande Lens au rouge extrême, et diminue .:

avec une telle rapidité que ‘cette couleur est presque entiès ee

rement iolée. L’ordonnée maximum qui la suit correspond au rouge ordinaire , la troisième au jeune GLATAÎTe ct. la

ORALE TRES RS NOR TA nes 24 ‘ ñ TIRE) 1 dernière au/Vidler,.16$ ordonnées croissant d'uné maämére. ‘: xontinne vers Yéxirémité du spectre Ask, quand on em

c:Tune; la moins réfraciée, : forme: une bande bien: terminée dé: v lumière rouge “parfaitement homogène , séparée de Pautre Fe partie rouge par une large bande noire. Le rouge le plus ré. è ‘fracté est presque aussi homogène que la couleur précédente, set'sa nuance est toutsà-fait la même, sans aucun mélange . d'orangé. La réfraction la plus forte a lieu très pres. dela:

raie noire D'dans le spectre : une ligne noire étroite-et bien

ploie un Yerré d'azur de 0.042, de pouce d épaisseur, exe” c'trémité rouge ‘du’ spectre. se “divisé en deux parties ; dont <=

: marquée sépare cette couleur du; jaune, qui forme une bande 3e

bien terminée et d’an éclat très pur ,.dont la largeur surpasse celle de la première bande rouge. Le jaune.est séparé: du vert par un intervalle obscur, mais pas éntièrement noir; lé vert'est terné ét mal terminé; mais le violet est transmis. présque sans perte. Une épaisseur double (0.084 de pouce) arrête le rouge de-la seconde espèce, affaiblit considérablement le jaune, et le confond presque avec le vert, qui est äussitrès altéré, L'extrème rouge conserve néanmoins tout Son éclat, et le violet perd très peu de son intensité, Enfin, l'épaisseur devenant très grande, le rouge et le violet ext'êmes peuvent seuls traverser le verre.

498. =— Parmi les milieux diaphanes que l’on rencontre le plus fréquemment ,'il faut distinguer ceux dont les courbes- *, emblèmes sont telles que leurs ordonnées décroissent régu= > lièremént! avéc! plus! où moins de rapidité depuis le rougé jusqu’au violet , €’est-à-diré dont le pouvoir absorbant par-rapportaux divers rayons ést plus où moins en raison. directe de la réfrangibilité de 'cés mêmes rayons. Dans Îles Milieux rouges’et écarlates, lé pouvoir absorbant croît tres -Yite en passant du rouge au violét; il croît plus lentement dans les‘milieux jaunes, orangés et bruns; mais dans tous il agit avec beaucoup d'énergie sur les rayons violets, qu'il éteint complétement. C’est pourquoi tous ces milieux de-

viennent rouges quand on Jeur donne: l'épaisséur. convena= ble: tels sont les vérres. rouges; : ‘écarlates ‘et bruns; le vin de ë Rae l'infusion de safran, le permuriate. de fer, le muriate

ar F eau-de-vie, ets 1 : |

LA

* 300 — La Ses ée teurs verts dut: un seul maxi- ”

7 ‘mu de: transmission correspondant aux raÿons verts ‘dans

le’ spectre ; “etleur teinte ne devient que plus pure par, Vac-" “croisement dé leur épaisseur : tels sont les verres: et les sels de’ cuivre, de nickel, etc. , qui sont decetté couleur;ils absorbent les deux extrémités du spéctre avec une grandé éner- ‘gié, le rouge plus que le violet cependant, sileur nuance approche du bleu; c’est le contraire si elle sppooche davantagé dujäune.

“Ily a des milieux dont la courbe-emblèmea deux maxima, “tet:que l’on pourrait en conséquence appeler dichromatiques, puisqu'ils ont réellement: deux couleurs distinctes. Dans la plupart le maximum vert est moindre que le maximum rouge, ce qui rend le vert moins pur à mesure que l’épaisseur du milieu devient plus considérable, et lui donne alors une teinte livide et rougeâtre. Cependant cela n’arrive pas toujours. Ces milieux sont , entre autres, le muriate de chrome, la solution de vert de vessie, le manganésiate de potasse’, l’infusion alkaline des pétales de la pivoine oflicinale ct de plusieurs autres fleurs rouges, et les mélanges de li-

+ quides rouges et verts, ou rouges et bleus.

‘*:b00o. — Les milieux bleus sont en très grand nombre et -presque tous dichromatiques; quelques uns ont même plusieurs maxima dans leurs courbes-emblèmes : mais leur caractère distinctif est l’absorption puissante qu'ils exercent sur les rayons verts et rouges les plus éclatants,.et leur peu d’action sur la partie la plus réfrangible du spectre. Parmi ceux dansilesquels cé pouvoir absorbant paraît croître avec le plus de rapidité et de régularité, depuis le violet jusqu’au rouge, l’on peut compter les solutions bleues du cuivre : tel est le

1: bleu MABRue que l’on tire du sulfatéde. cuiyre sa- .” )fturé-avec excès de: carbonate d’ammoniac. Le violet ‘ex

‘trême paraît devoir traverser:une épaisseur quelconque de” ce milieu ; et cétte propriété, jointe. à celle d’être inaltérable,:*. cr: le-rend'très précieux dans les recherches d'optique. Un tube?

de quelques pouces de longueur, rempli de cétte solution et "He fermé aux deux bouts par. dés plaques: de verre, est le-meïil="

‘ :Héur appareil pour faire: des 'éxpériences sur lé rayons vio-

lets: L’ammonio- oxalate de nickel‘transmet lés rayons. bleus ; ‘et ronges: extrêines Mais il arrête les rayons violets.

“Dors — Le Milieux’ pourpres absorbent le iles du spéc- : tre, et sont ‘par ‘conséquent toujours dichromatiques, les uns ayant pour dernière téinte le rouge, et les autres le violet : * tels sont les yerres pourpres'et cramoisis, les solutions acides et'alkalinés de cobalt, etc. On pourrait les nommer rougepourpres ou violet-pourpres, d’après la re de leur dernière teinte.

502. — Quand un rayon traverse une combinaison de : plusieurs milieux, l’absorption totale se compose de celles de chaque milieu en particulier.

Soient x, y, z, les indices de Sense d’un rayon donné C par rapport aux milieux donnés dont les épaisseurs sontr, sets: la partie transmise sera

C FETES zt,

et le reste du rayon de lumière blanche (en faisant abstraction des pertes causées par la réflexion aux deux surfaces) sera égal à

Ci: xp 2 LC . x y 2 —L etc.

On voit par cette expression que l’ordre des milieux est indifférent, et qu’on peut par conséquent les mêler, pouryu qu’il ne se produise pas d’effet chimique. L'on peut :

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