Si l’on place en pq un écran de papier blauc
L67 ; l’objet viendra s'y peindre, avec toutes ses. couleurs. Gette expérience peut se faire avec un verre conyexe quelconque adapté au volet d’une fenêtre, et l'écran reproduira en miniature, mais avec la plus parfaite fidélité, les formes des objets extérieurs, les maisons, les arbres, la campagne, etc.
Tel est le principe. de la chambre obscure, ordinaire. Les rayons émanés des objets extérieurs sont reçus d’abord sur, un miroir incliné qui les fait tomber verticalement sur une lentille convexe dont le foyer se.trouve sur une table horizontale couverte d’un papier blanc, dans une chambre qui ne reçoit pas d'autre lumière :, cette table offre alors un tableau animé, où chaque objet conserve sa forme, sa couleuret son mouvement, avec un charme et une perfection dont l’art ne peut approcher. ( Voy. la fig. 63, où P est l’objet, A B le réflecteur, B C la lentille et p l'image sur la table D.)
331. — Si l’on remplaçait le papier blanc par une plaque de verre usé à l’émeri d’un côté, le tableau deviendrait visible en même temps pour un œil placé de l’autre côté du verre ; car c’est une propriété des surfaces dépolies et diaphanes derépandre la lumière, non seulement par réflexion, mais encore par réfraction au travers de leur épaisseur.
Cependant, si le verre n’est. que faiblement dépoli, l’image paraîtra beaucoup moins vive en la regardant obliquement qu’en plaçant l'œil immédiatement sous le verre. Dans cette dernière situation , l’on pourra même enlever entièrement la plaque de verre, et l’image, loin de cesser d'être wisible, n’en deviendra que plus nette, et fera Ja même illusion qu’un objet réel.
352. — L'on peut examiner l’image sur le verre dépoli à la loupe ou au microscope : elle paraîtra alors comme une miniature délicate, et suivra toutes les aspérités de la surface. Mais si l’on enlève le verre dépoli en continuant à regarder l’image, elle restera suspendue en l’air, et les objets semble
ront se rapprocher de œil ën grossissant : en un mot, il se forme alors un véritable télescope dioptrique.
353. — Si l’on s’est servi, pour former l’image, d’une lentille concave ou d’un réflecteur convexe, comme dans les fig: 64 et 65, les rayons réfractés ou réfléchis iront en divergéant, non à partir de leurs points de croisement actuels, mais à partirdes points où se croiseraient leurs prolongements derrière le réflecteur ou devant la lentille. Dans ce cas, il ne se forme point d’image réelle que l’on puisse recevoir sur un écran, mais seulement ce qu’on appelle une #nage virtuelle que l’on peut observer à l'œil nu ou armé d’une loupe : cette image, se trouvant du même côté que l’objet pour une lentille , et du côté opposé pour un réflecteur , ne subit aucun renversement.
334. — La perfection de l’image produite par une lentille où un réflecteur, sa parfaite ressemblance avec l’objet, et sa nettèté, dépendront de la convergence plus où moins exacte de tous les rayons du faisceau émané de chaque point physique de l’objet , et de leur réunion en un seul point athée matique ou approchant le plus possible de cette précision rigoureuse. Si l’on à fait usage d’une lentille d’un diametre trop considérable, surtout si les courbures des surfaces sont mal choisies et produisent une forte aberration, l’image sera confuse; car chaque point de l’objet formera, non un autre point, mais une petite tache circulaire dans l’image; ct, comme toutes ces taches se couvriront en partie, il n’y aura plus aucune netteté,
Pour obtenir des images parfaites, la destruction de l’aberration est donc de rigueur; quelques irrégularités dans la figure des surfaces de la lentille ou du réflecteur, quelques défauts dans la matière même dont ils sont formés, suflisent pour jéter les rayons hors de leur direction géométrique et pour rendre les images confuses. Il y a donc trois points priucipaux que l’on doit tächer d’atteindré dans la forma-
tion des images optiques : 1° le poli parfait dés surfaces; 25 14 parfaite homogénéilé des matières émployées ; 5° la stricte conformité des surfaces réfléchissantes ou réfractantés avec les figures de la géométrie et les résultats de l'analyse.
555. Il est ün cas où les aberrations de toute éspèce sont rigoureusement détruités et où l’image est parfaite : c’est lorsque les rayons sont réfléchis par un plan. En cffet (fig. 66), si PQ est un objet placé devant le réflecteur plan AB, et si l’on ‘abaisse de chaque point de l’objet des perpendiculaires sur la surface; que, de l’autre côté, l’on prenne sur ces perpendiculaires des points tels que p, g, respectivement à la même distance du plan que P et Q, la suite de ces points formera l’image.
Nous avons vu d’ailleurs que tous les rayons venant de P et réfléchis par AB iront diverger rigoureusement à partir de l’image : ainsi cette image sera tout-àa-fait exempte d’aberration, et paraîtra comme un objet réel derriere le réflecteur, si l'œil se trouve placé de manière à recevoir les
rayons réfléchis.
356. — Corollaire. L'image formée par un réflecteur plan est égale à l’objet, et les lignes correspondantes sont également inclinées sur la surface réfléchissante. Un miroir ordinaire suflit pour s’en convaincre.
Problème.
337. — Déterminer l’image d’un objet formée par une surface réfractante plane.
Soit BC (fig. 67) la surface, PQ l'objet; d’un point Q quelconque menons Q C perpendiculaire à la surface. L'on peut regarder la surface comme une sphère d’un rayon infini, d'où R, sa courbure — 0; et l’équation
f=Gi—-m)R+<mD