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l'iris due à une opération mal faite, lorsque la personne n’était âgée qué de six mois : il suffit, pour lui rendre la vue, dont elle avait été privée pendant quarante-six ans, de perforer la membrane qui fermait le passage à la lumière. Les détails de cette cure sont extrêmement intéressants : le lecteur les trouvera dans le volume des 7ransactions philosophiques que nous venons de citer, et auquel nous sommes forcé de le renvoyer.
361, — Comme nous avons deux yeux, et qu’il se forme dans chacun une image de chaque objet extérieur, on peut se demander pourquoi l’on ne voit pas double. La question a paru même très embarrassante. à quelques auteurs. Quant à nous, il nous semble qu’on pourrait demander, avec la même raison , pourquoi, avec deux mains et dix doigts doués d’une égale sensibilité et aptitude à reconnaître les objets, Ze toucher n’est point décuple. La réponse est la même pour les deux cas : c’est l’effet de l'habitude. L’habitude seule nous apprend que les sensations de la vue se rapportent aux objets extérieurs et à quél objet en particulier. Un objet quelconque , une petite boule , par exemple, ou un pain à cacheter, est placé devant nous sur une table : nous dirigeons nos yeux verscetobjet, c’est-à-dire quenous en amenonsles images sur la partie des deux rétines que nous savons, par l’habitude, être les plus sensibles et dans la situation la plus favorable pour voir distinctement. Comme l'expérience nous apprend aussi que , dans ces circonstances ; la sensation est due à un objet unique ; l’idée de l’unité de l’objet s'associe irrésistiblement à la sensation ; mais si l’on abaisse un œil, en pressant avec le doigt sur la paupière, sans cesser de regarder la boule’, cette pression iransportera nécessairement l'image sur un autre point de la rétine de cet œil, et la vision deviendra double à l'instant même : l’on verra distinctement deux boules, qui s'éloigneront à mesure que la pression augmentera, et qui se confondront dès qu’elle aura cessé. L’on peut obtenir le mé-
me effet sans presser l’œil , en dirigeant la vue vers un point
plus rapproché où plus éloigné que la boule, les axes optiques ayant dans ce cas une direction autre que celle de l’objet. Quand les yeux sont dans un état de repos parfait, leurs axes sont ordinairement parallèles ou très peu divergents : tous les objets paraissent doubles alors ; mais la plus légère attention suffit pour confondre immédiatement leurs images. Un coup sur l'œil rend la vue double, jusqu’a ce que l'habitude fasse disparaître ce défaut, malgré la déviation de l'axe optique.
562.— Il en est exactement de même du sens du toucher : si l’on prend la boule et qu’on l4 manie, on est invinciblement convaincu de-son unité; on persistera dans cette croyance si l’on place la boule entre l'index et le médius de la main droite , en laissant à ces doigts leur position naturelle, parce que nous sommes accoulumés à regarder comme appartenant à une même sphère des surfaces touchées de cette manière. Mais si l’on vient à croiser les doigts en mettant le médius sur l'index, et que l’on‘fasse rouler Ja boule sur la table dans l'angle de ces deux doigts, de telle manière que le côté gauche de la boule soit en contact avec le côté droit du médius, et vice versa, l’on sera également persuadé de l'existence de deux boules, surtout si l’on ferme les yeux et si l’on a fait placer ses doigts par uu autre. Cette expérience réussit très bien avec un pois : en croisant les index des deux mains et plaçant le pois entre deux, on produit la même illusion.
565. — L'’habitude a tellement le pouvoir de rendre la vision simple, qu’elle peut faire coïncider en apparence les deux images, lors même que ies rayons qui produisent l’une d’elles sont détournés de leur direction primitive. Pour le démontrer, plaçons une chandelle à une cerlaine distance, et regardons-la directement avec un œil (le gauche, par exemple), en tenant l’autre derrière un prisme dont l’angle.de réfringence est variable (nous décrirons plus tard cet instrument); faisons d’abord cet angle égal à zéro : le prisme
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