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ne paraissaient pas de la couleur que l’on avait demandée. Dans ce cas on peut s'assurer aisément si la différence est due à un effet de couleurs accidentelles : il suffit pour cela de découper un morceau de papier blanc de manière qu’il couvre le fond et ne!laisse voir que le dessin (1).
On sait que les ombres produites sur un mur blanc, au lever ou au coucher du soleil, paraissent bleues-ou vertes : c’est qu’alors la lumière de cet astre est orangée ou rougeätre, et que les ombres se teignent de la couleur complémentaire. Lorsqu'un appartement dans lequel on allume des bougies est encore faiblement éclairé par la lumière du jour qui s’éteint, les ombres que produisent les corps interposés entré les bougies et des objets blancs paraissent également bleues par la mémerraison.
C’est encore de cette manière que M. Necker de Saussure -a rendu raison des phénomènes remarquables que présenté Je sommet du Mont-Blanc au coucher du soleil (2). -
M. Arago pense (3) que l’on pourrait attribuer à la même cause la couleur bleue on verte sous laquelle s’est montré le soleil à travers le brouillard extraordinaire de 18371 , en admettant que les brouillards ou les nuages voisins du soleil aientiété colorés de ronge par réflexion.
M. Herschel croit qu’il faut ranger dans la même classe de phénomènes le fait qu’il rapporte à la page 544 du tom. 1.
Enfin, pour citer des apparences dues à la différence de clarté d'objets voisins, il.n’est personne qui n’ait observé que, dans un lien partiellement éclairé par le soleil, les parties qui sont dans l’ombre paraissent bien plus sombres que si le soleil venait à être caché par desnuages, de manière que l’ombre s’étendit sur tous.les objets.
(1) Voy. le Mémoire dèjà cité de M. Chevyreul. (2) Philos. magaz., nov. 1832, p. 33b.
(3) Annuaire du bureau des longit. pour 1832, p 248.
D'un autre côté remarquons avec M. Chevreul que l’effet brillant produit par les vitraux colorés des églises gothiques provient en grande partie de ce qu’ils sont environnés de‘murailles sombres.
Il'est évident que les faits relatifs à cette classe de couleurs accidentelles doivent recevoir des applications nombreuses dans tous les arts où il s’agit d’assortir des couleurs. M. Che-vreul en mentionne un grand nombre relatives à l’art du tapissier, à l'impression des dessins sur papier ou étoffe, etc: Par exemple, il remarque qu’il ne faut jamais assortir, pour les meubles, des étoffes d’un rouge éclatant avec l’acajou : car la teinte complémentaire verdâtre qu’elles développent fait disparaître la couleur rougeâtre qui donne du prix à l’acajou, et celui-ci ressemble alors à du chêne ou à au noyer; etc. M. Chevreul applique aussi ces considérations à l’arrangement des fleurs dans un jardin : la règle principale à observer en pareil cas est de placer les fleurs bleues à côté des fleurs orangées, les fleurs violettes à côté des fleurs jaunes; quant aux fleurs rouges et roses, elles ne se montrent jamais avéc tant d'avantage que lorsqu'on les voit entourées dé verdare et de fleurs blanches.Celles-ci doivent encore être interposées entre des groupes formés de fleurs bleues et orangées, de fleurs violettes et jaunes. On voit que cet arrangement est fondé sur ce que deux couleurs complémentaires -s’avivent par leur voisinage, et qae le blanc rehausse le ton des couleurs dont il est voisin. On peut encore, comme le remarque M. Gergonne (1), faire des applications du même genre à la toilette des femmes : par exemple, la coiffure qui semble devoir être la plus avantageuse sons ce rapport est un chapeau vert doublé de rose, parce que cette dernière couleur est réfléchie sur le visage, et que le vert qui l'entoure tend en-
(1) nn. de math. pures et appliquées, avril 2831, page 295.
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bo4 1 core à ajonter à l'effet précédent celui de sa coaleur complémeéntaire.
On. fait aussi des applications importantes et nombreuses des-effets qui résultent de la différence de clarté des objets voisins. Ainsi les peintres, pour bien juger de l'effet d’un tableau, le regardent à travers ur tube noir.: les couleurs ac-
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quièrent de cette manière une vivacité et un éclat considérables. Ainsi encore l’effet magique du Diorama dépend en partie de ce que le tableau est seul bien éclairé, tandis que tout ce qui l’entoure, ainsi que la salle où se trouvent les spectateurs, demeure dans une certaine obscurité. Enfin lorsqu’on veut-produire un grand effet de décorations dans un théâtre, on a soin de diminuer autant que possible la lumière du lustre qui éclaire la salle.
On peut faire servir aussi cette seconde classe de couleurs accidentelles à un amusement, de la manière suivante : On tend, sur un cadre rectangulaire de bois ou de carton, des papiers colorés ayant une cerinine transparence, de telle manière que la moitié du rectangle présente un papier rouge et l’auire moitié un papier d’une autre couleur quelconque ; ensuite on découpe, en carton blanc, une fleur dont toutes lesiparties aient très peu de largeur, deux à trois millimètres ‘au plus. On peut, par exemple, découper à cet effet les pétales et les feuilles à jour; enfin on applique cette fleur sur les papiers colorés, de façon que la queue et les feuilles se détachent-sur le papier rouge et que la fleur se détache sur l’autre papier coloré, Si alors on tient le-cadre entre la fenêtre et l’œil , dans-certaines positions, la queue et les feuilles paraîtront vertes, et la fleur semblera colorée d’une -teinte complémentaire de celle du fond. Si l’on a plasieurs cadres semblables présentant tous une moitié rouge et ayant l’autre moitié de couleurs différentes , la même fleur blanche appliquée successivement sur ces différents fonds prendra chaque fois une nouvelle couleur : elle sera bleue sur un fond oran-
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