‹ Traité de la lumière, t.2Chapitre 130 sur 170 · DRE · texte numérisé non relu

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gé, rose sur un fond vert, etc., tandis que les parties qui'doivent être vertes demeureront de.cette couleur.

Avant de terminer cet exposé des faits/relatifs à Ja seconde classe de couleurs accidentelles, j'ajouterai les deux remarques suivantes :

19 Nous avons vu, p. 491, que les apparences accidentelles de la première classe sont quelquefois suivies d’une ou plasieurs réapparitions de l'impression primitive. Les couleurs que nous examinons maintenant présentent quelquefois an phénomène qui est pour l’espace ce que le premier. est pour le temps. On observe, dans quelques circonstances, qu’à une certaine distance du coutour dell’espace coloré, la teinte com pléméntaire.est remplacée par une légère nuance de la couleur même de cetespace.Aïnsi.jai remarqué que, dans l’'expérience de Prieur de Ja Côte-d'Or, ; lorsque la petite bande de carton blanc,a une certaine largeur ; 10 à r2 millimètres , par exemple, il arrivé, pour.certaines positions du papier coloré et de cetté petite bande; que-les bords seulement de celle-ci paraissent .prendre.la. teinte complémentaire ;"et que l'intérieur se teint légèrement de la couleur même du papier : par exemple, sur un.papier rouge, la petite-bande aura les bords verts ét l’intérieur rose; c’est-à-dire qu'à. une certaine distance du contour de l’espace rouge la teinte compléméentaire verte est rémplacée parune nuance de rouge; sur un pa pier jaune , la petite bande aura les bords violets et l’intérieur d’un jaune pâle ,ete: Pour produire le:maximum d'effet, il faut employer un papier rouge, orangé, ou jaune ; l'incliner un peu en avant, et tenir la petite bande verticalement à une certaine distance du papier ; mais il faut avoir soin qué cette distance soit asssez grande pour que la partie supérieure du papier ne puisse réfléchir sa couleur sur la petite bande : autrement on pourrait attribuer l'effet à cette dernière cause,

2° Nous avons vu aussi, p. 495 , que l’apparition des images accidentelles de la première classe succédait au phénomène de la persistance des impressions primitives. Eh bien,

nous’retrouvons encore, relativement aux couleurs accidentelles de la seconde classe , un fait qui est l’analogne de celui-là, en substituant l’espace au temps. En effet, pour expliquer le phénomène conna sous le nom d'irradiation, les physiciens admettent, comme on peut le voir dans le téxte (1), que l'impression produite sur la rétine s’étend un peuau-delà

de l’espace directement excité par la lumière; de sorte que,

si je regarde un objet rouge par exemple, sur un fond noir, l’image rouge que je perçois est un peu plus étendue qu’elle ue le serait si la sensation se bornait à l’espace que frappe directement la lumière rouge. Il résulte de là que, si l’on considère les apparences qui se montrent extérieurement à l’espace coloré, à: partir de son contour réel, c’est-à-dire de celui qu’il présenterait sans l’effet de l'irradiation, et en s’éloignant de ce contour, on doit admettre que l'impression de sa couleur se prolonge jusqu’à une petite distance, au-delà de laquelle paraît la teinte complémentaire. Nous avons vu que cette dernière est quelquefois remplacée, à une distance plus grande ; par un nonvéau développement de la première couleur. %

+ Ainsi, en rapprochant. les deux classes ie de couleurs acidéntélles on voit :

Que, dans la première , aussitôt que la rétine cesse d’être

excitée directement par la présence de l’objet coloré, il y a :

1° Persistance généralement très courte de l'impression pri- . Mitive. c 29 Apparition de l’image accidentelle.

3° Ordinairement disparitions et réapparitions successives plus ou moins nombreuses de cette image accidentelle, et, dans certains cas, apparitions. alternatives de l'impression primi tive et de l’image accidentelle.

(1) Tome 1; page 451, n°697.

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Que, dans la seconde, si l’on s'éloigne du contour que pré senterait. l’espace on objet coloré sans le phénomène de l'irradiation, on trouve :

1° À partir de ce contour, prolongement, jusqu’à une certaine distance, de l'impression réelle.

2° Au-delà de ce prolongement, et jusqu’à une distance.ordinairement considérable, développement de la couleur acci=" dentelle.

3° Dans certaines.circonstances, au-delà de l’espace coloré par la couleur accidentelle, espace qui est alors de, peu de.largeur, nouveau développement de la couleür réelle de l’objet.

On voit donc par ce rapprochement que les phénomènes. appartenants à la deuxième classe de couleurs accidentelles sont, pour ainsi dire, relativement à l’espace, ce que les phénomènes de la première sont relativement au temps.

Eofin il y a des phénomènes qui dépendent à la fois de ces deux classes de couleurs accidentelles. En voici des exemples ; 3

1° Lorsqu’au lieu de placer l’objet que l’on regarde sur un fond blanc. ou noir, on le place sur un fond coloré et d’une étendue suffisante, la couleur de l'image que l’on aperçoit ensuite en jetant les yeux sur une surface blanche n’est plus simplement la complémentaire de celle de l’objet : elle se trouye combinée avec la couleur même da fond sur -lequel il est posé. Du reste ce fond lui-même produit sà couleur complémentaire, ét c’est sur elle que se détache l’image de l'objet. Ainsi un petit morceau de papier’ orangé placé sur une feuille de papier jaune produira une image accidentelle verte sur un fond violet ;! c’est-à-dire que la couleur de limage se composera du bleu, quitest la complémentaire de l'orangé, et du jaune qui est la couleur. même du papier sur lequel l’objet était placé. De même un petit morceau de papier violet placé sur uue feuille de papier rouge produira une

5o8 image orangée sur un fond vert ; c’est-à-dire que l’image aura uné teinté composée de-jaune ; qui .est.la complémentaire de celle de l’objet, et de rouge, qui est la couleur même du’ fond sur lequel il reposait , etc. Ces effets ont été remarqués par Darwin.

J'ai dit que ces phénomènes dépendaïent-des deux classes de couleurs accidentelles que nous. Verions d'examiner. En effet; pendant que je regarde un objet orangé placé sur‘ün fond jaune, à cet orangé doit se mêler une légère teinte de violet produite par le Voisinage du jaune, et lorsque ensuite je porte les'yeux sur une surface blanche, les phénomènes dé succession se thanifestant, l’orangé se change en bléu; et le violet .qui.s’ÿ était mêlé se cs également en sa complémentair e, c'est-à-dire 'en jaune : Vimage doit donc He composee

dej joue ét de bléu, ou verte.

2° Lorsque l’objet que l’on regarde est noir et HIAEE où sur un fond coloré, son image accidentelle paraît toujours sé teindre dé'la couleur de ce fond. Aïnsi un objet noir placé sur un forid rouge’ doinera une image accidentelle rouge pâle'sur an fond vert, etc. L'effet est plus prononcé dans les yeux fermés etéoùverts. Ici encore, pendant que je regardais l’objet noir, il s'y mähifestait tine teinte légère complémentaire dé la couleur du’fond, teinte qui, lorsque je césse de regarder l’objet, se change en sa complémentaire, c 'est-àdire en la couleur nêrme’du fond.

5° Si au contraire on regarde fixement et assez long=temps üñpetit objet coloré posé sur un fond noir d’ane étendue suffiSante , ét qu'’ensuite on se couvre lés yeux, l'image acci- | déntélle paraît entourée, jusqu'à une certaine distance, . d’unéauréole légèrement teinte de la couleur même délobjet” Ainsi un objet rouge produit une image verte “entourée “d’une’auréole rougeûtre; etc. : effet qui provient évidemment ,de'ce que, pendant la contemplation de l’objet coloré:, l’espaäce qui l'entoure prend, jusqu’à une certaine distance, une teïñte légère complémentaire dé la coulenr de l’objet, ét que

cette teinte se change ensuite, dans les yeux fermés et couverts, en sa complémentaire, c’est-à-dire en là couleur même de l’objet.

On comprend encore sous la dénomination de couleurs accidentelles des apparences colorées produites dans des cir= constances entièrement différentes : par exemple, lorsqu'on se presse l’œil dans lobscurité, où lorsqu'on reçoit un choc sur l’œil , ou bien encore dans certaines indispositions de l’estomac, etc. On pourra consulter, sur quelques unes de-ces apparences , la note 23, p. 526.

Après avoir exposé les phénomènes principaux relatifs aux couleurs accidentelles qui se montrent pendant et après la contemplation des objets colorés , et avoir indiqué les applications que l’on en a faites, il me reste à rendre compte des principales hypothèses imaginées par les physiciens pour expliquer ces phénomènes singuliers. Je commencerai par ceux de la première classe.

Plusieurs théories ont été proposées successivement par Jurin (1), Scherffer (2), De Godart (5) et Darwin (4), pour expliquer une partie ou l’ensemble des phénomènes. Celle dont la première idée est due à Scherffer est adoptée maintenant, avec une légère simplification, par la généralité des physiciens. Cette théorie, telle qu’elle est admise maintenant, cousiste à supposer que l’action soutenue des rayons d’une certaine couleur sur une partie de la rétine en diminue momentanément la sensibilité pour les rayons de cette couleur, de sorte que si l’on porte alors les yeux sur une surface blanche, la portion de la rétine dont la sensibilité est ainsi mo-

(1) Essai sur la vision distincte et indistincte ,inséré dans le Traité d’opt. de Smith.

(2) Voy. le Mémoire déjà cité.

(3) Journ. de phys., tome 8, 1776.

(4) Voy. le Mémoire déjà cité.

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