‹ Traité de la lumière, t.2Chapitre 159 sur 170 · E 7 FES FE · texte numérisé non relu

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en particulier sur une nouvelle échelle chromatique déJuite de la Métallochrorie à Pusage des sciences et des arts. M. le comte : Xavier Démaistre a également inséré dans la” Bibliothèque -universellè (1) un mémüire sur la cause des couleurs dans les corps naturels, dans lequel Yauteur regarde

comme très probable que la propriété qui produit la réfraction dans les corps'et célle qui produit l'absorption sont de même nature ; et il pense qu’on trouvera de nouvéaux rapports entre: elles lorsqu'on étudiera plus soigneusement les phénomènes de l'absorption.

Le colonel Jackson a fait paraître aussi dans le même recueil des recherches sur les couleurs considérées dans les corps transparents, ainsi qu'un mémoire sur la transparence et la couleur de J'atmosphèreetsur la teinte des objets vus dans Reloiggement (2).

AA. De l'action qu'exerce la lumière sur la précipitation dumuriatede platine par l'eau de chaux (numéro 1146).

Quand une dissolution de platiné dans lacide uitromuriatique , dont on a nentralisé l'excès d'acide par une addition de chaux, et que l’on a clarifiée par la filtration, est mélangée dvec de: l’eäu de.chaux , si l’on opère dans lobscurité, on n’observe aucune précipitation un peu uotable, quelque long que soit le temps pendant lequel dure l'expériencè; on finit seulement par remarquer dans le liquide an sédiment qui se‘présénte sous la” forme d'an léger

(1) Bibl. univ. , mai 1831.

(2) Ibid. , maï 1830 et fév. 1832. ’

nuage ; après quoi toute espèce d'action cesse complétertient d’avoir lieu. Mais si le mélange, soit qu'il ait été fraîchement préparé, soit qu'on l’ait clarifié.en enleyii} le sédiment dont nous avons parlé, est exposé aux rayons du'soleil il prend immédiatement une apparence laiteuse, et on observe la formation abondante d’un précipité blañc ‘ou d’un jaune pâle. Si la solution de platine est en. excès, ce précipité se- dépose promptement et l’on peut facilement le recueillir. Le même phénomène peut avoir lieu, mais plus lentement, quand le mélange est exposé à la lumière des nuées. : 4 , 3

L’action remarquable qui vient d’être décrite n’est exercée que par l’extrémité-violette du spectre. Sir J. Herschel dit (rx) avoir exposé aux rayons du soleil les -plas vifs,

pendant des jours entiers, des tubes rerplis du mélange en question , et plongé$ dans de l'acide sulfurique teint en rouge par des feuilles de roses rouges; et il n’a pu observer que la lumière rouge qui pénétraït dans le liquide ‘ y détermiuât aucune autre action que la formation de ce léger nuage qui est aussi prodait dans l'obscurité, Mais aussitôt qu’on sort le tube qui contient le mélange hors du liquide rouge dans lequel il est plongé, et qu’on l’expose directement aux rayons du soleil , la précipitation ordinairé s’opère avec

autant d’abondance que si le liquide était resté jusque alors dans üne obscurité complète. Les liquides jaunes-ont aussi, comme les rouges, la propriété d'empêchér toute action des rayons solaires:

Le précipité qui.se forme est une combinaison d’oxide dé platine et de chaux, dans laquelle l’oxide’de platine semble jouer le rôle d'un acide.

M. Dœæbhereiner,-danstle Jakrbuch: für Chemie und Physik 1851, a présenté également des résultats très curieux sur ! .

(1): Philos. mag., juin 1832, et Bibl. univ; oct: 1832:

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l'inflaence.;chimique ‘de la: lumière*et la formation de la humboldiite (neutre). r

42. Sur la propriété calorifique de la lumiere (numéro 1147 ).

M. Melloni a fait, dans ces derniers temps, une série de recherches curieuses sur la transmission des-rayons de chaleur à trayer$ les verres colorés et lés cristaux, qui tendraient à montrer que.la-chaleur ne se comporte pas comme la lumière. Les, verres, verts, par exemple, sont lès seuls qui ont üne. coloration pour la chaleur rayonnante ; les autres verres colorés agissentsur Jes rayons de chaleurcommele feraient des milieux: diaphanes plus ou moins rémbrunis relativement à la lamière; l’acide citrique, quoique incolore ;‘se comporte à l'égard de la chaleur rayonnante comme un Corps coloré ; enfin, en suivant le parallèle entreiles-actions différentes de ces corps sur la lumière et sur la-chalenr , on.peut dire que, pour les rayons de chaleur, le verre est rouge , ét que l'acide citrique est violet. °.

On croyait anciennement que lastempérature des’ différentes parties du spectre solaire était proportionnelle à l'intensité de la lumière; et puisque le jaune constitue la bande la plûs brillante des rayons colorés, on s’imaginait que là devait st Irouver aussi la plus-haute.température. Des expériences de Rochon semblaient confitmer cette manière de yoir;,mais bientôt dés physiciens soutinrent:que:le maximum de chaleur dans le.spectreétait sur.le rouge ;-d’antres an-

moncèrent qu'il se trouvait tout près du rouge, dans la bande

obscure qui le suit immédiatement. La première opinion, basée sur des.expériences de M.Bérand, était fortrépandue

en France ; la dernière;-appuyée sur les observations d'Her= schél;. avait été généralement adoptée.en Angleterre-ét en Italie. Ke |

De nouvelles recherchés entreprises en 1828"par :Seebeck prouvèrentkqué toutes ces opinions pouvaient être! vraies » car le mazimum de température dans le spectre solaire change de place avec la composition de la substancé qui forme Je prisme. D'après Seebéck ; on le trouve’sur le jaune, sur lorangé ; sur le rouge ou l'espace obscur toutiprès de la limite rouge, selon que le-prisme’est formé avec de l’eau, dé l'acide. sulfurique;,-du verre: ordinaire ou du‘flint-glass anglais. Lés physiciens ‘qui avaient trouvéMdes résultats différents pou-

vaient-avoir bien observé chacun dé leur côté!, s ils s'étaient

servis de prismes cofnposés avec des matières différentes ; seulernent on ‘avait'eu grand tort'de tirer des éscnédhénos généralés de ‘chäque éas particnlier. Mais l'erreur était” én quélque sorte justifiée par l'idée fausse que l’on s'était formée.sur l’actioninvariable des sub$tances diaphanés incolorés pour toutes sortes de rayons calorifiques. Aussiles faits au noïcés par Secbeckétaient-ils restés isolés-dans la ‘sciéhce avant les. récherclies de M. Melloni:: Maintenant on pétit: les expliquer avéc.la plus grañde facilité: Rappelons d'abord : 1° que, dans..le; spectre: ordinaire fourni par ‘ün prisme de verre , le maximum de chaleur se trouve sur le rouge

2°ique les rayons solaires, entraversant:uné masse d'ea ,

souffrent:des pertes d'aütant’ plus grandes: que’leur rérangte bilité est moindre,

-Gela posé; voici le raisonnément ‘de l’äuteur: : la chaleur solaire quise présente à la face antériere‘du prisme d’éau comprerid des: rayons Pournis de toutes sortes deréfrangibi= lités. On, le rayon qui-possèdé le: même indice de ‘réfraction que la lumière rouge souffre , en traversant le’ prisme, ‘ané perte :proportionnellement plus forte que le rayon doué de la réfrangibilité de la lufnière orangée, et celui-ci perd'imoins,

datis: la traversée ; : que la chaleur du jaûne: Ces rapports

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croissants dans les déperditions des rayons moins réfrangibles tendent évidemment à faire marcher le marimum du rouge au violet: il pourra donc's’arrêler sur le jaune.

En supposant l’action de l’acide sulfarique analogue et rmnoins, énergique que celle de l’eau ; on comprendra de rême pourquoi, dans le cas du prisme d'acide, le maximum se fixe sur l’orangé. .

Enfin le verre lui-mêmé, dont les prismes Sdintres sont composés ; doit opérer de la même manière et produire sur chaque rayon une:perte inversement proportionnelle à son degré deréfrangibilité. Donc, si l'on! employait dans la construction du prisme une substance moëns-active que «le verre commun ; les pertes seraient» “affaiblies en‘plus: grande proportion pour les rayons moins: réfrängibles : ceux-ci gagneraient donc sur les rayons.plus réfrangibles, etle maximum marcherait dans la direction opposée à la précédente , c’està-dire-du violet au rouge. C’est prégisémentsce qu'ont. obtena Herschel, Davy.et Seebeck, en opérant sur leurs Der de lint- glass.

Comparons ces effets aux. nombres ai représentent les transmissions.calorifiqnes : uons.trouverôons que le maximum deschaleur ,.en potes du jaune, où il se trouve placé pour le prisme d’eau ; $’en'éloigne toujours dans le même sens à me sure.que l’on construit les prisnies avec des substances plus diathermanes: Il sort déjà un'peu di spectre lorsqu’ on substitie le flint-an crôown glass. Én admettant l'exactitude d’ane telle théorie, la ligue de plus.-grande chaleur devra donc’se dégager tout-à-fait des couleurs, et,se porter dans l’espace obscur surune. bânde très éloignée:de la limite rouge,;-lorsqu’on,se servira du sel gemme, substance qui est bien plus diathermane relativement. aû flint ‘que le flint par-rapport au .crown glass.

Cette vérification Doté a été faite par l’auteur-sur les spectres donnés par cinq prismes de sel gemmed’origines différentes. . Elle ‘a. complétement réussi: car:dans tous:les

cas le maximum :s’est trouvé dans l'espace oB$cur ; à une"di-

stance de la dernière baïide lamineuse égale à celle qui sépare

en sens contraire le vert-bleu. de la limiterouge: (L’Institut,

-n° 25, première année.)

A3. Sur la propriété magnétique de la lumière solaire (numéro: 1149 ).

Un fait, sur l'exactitude duquel on‘avait conservé quelque doute, c’est la vertu magnétique des rayons solaires. La pro-* priété magnétisante du rayouwviolet, découverte par Morichini, avait.été'confirmée, après avoii été’long-temps contestée, par madame Somerville en Angleterre (1), et par M. Zantedeschi en Italie (2).. M: Christie, én faisant osciller des aiguilles aimantées tantôt à l'ombre, tantôt au soleil, ou dans des rayons colorés, :avaitconclu de ses expériences que les rayous solaires possèdent une influence magnétique (5). Enfin M. Baumgærtner. à Vienne ‘avait reconnu que la lumière blanche directe dusoleil peut aimanter l'acier quand l’aiguillé soumise à son actiom-présente des'places alternativement brillantes et-oxidées (4): ;

Cependant. plusieurs physiciens, et: notamment Configliachi à Pavie, et: M: Bérard à Montpellier, n'avaient pu réussir à obtenirles mêmes résultats, et on pouvait toujours craindre qué les traces d'aimäntation observées dans quelques cas-ne

(1) Ann. de ch. et deph., t. 3, p+ 303 ; Corresp. math.; t. 2, p. 161, (2) Bibl, univ. , t. 41, p. 64. | , (3) Bibl. univ. , 1.34, p. 191, ett:41, p. 52.

(4) Ann. de ch et de ph.,t:33, p. 333.

provinssent deflaction du magnétisme terrestre sur l'aiguille réchauffée parles payons solaires: MM. Ries ét Moser ont fait voir que ces craintes étaient fondées ten prenant tontes les précautions, possibles pour éviter l’action magnétisante du globe, ils n’ont pu obtenir aücune aimantation en exposant pendant un temps plus ou moins long une aiguille à l’action soit des rayons violets, soit des rayons blancs du soleil. Leurs expériences nombreusés ; faites avec béaucoup\de soin, nous

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paraissent avoir décidé dans un sens négatif la question du magnétisme deda lumière solaire. (1).

Nous croyons qu’il doit en être de même des: propriétés éléctriques qu'ont cru reconnaître dans cette lumière quelques physiciens, et en particulier M. Barloccide Rome (2). CE savant, après avoir étudié l'influence magnétique de Ja lamière solaire, qu’il croit être parvenu-à démontrer par diverses exe périences,, cherche à prouver,:en se servant, comme d’éléctroscope, d’une grenouille fraîchement préparée, rt en faisant communiquer avec les muscles: de l’inimal un disque placé dansiles rayons rouges du spectre, ét avec'ses nerfs un disque placé dans es, rayons violets ; que la contraction ‘qu’épronve la, grenouille est due à l’électricitéiqui résulte de: Pactionide ces-rayous. Mais la plus légère différence de température et tant d’autres. causes peuyent.occasioner un développement d'électricité, qu’il.est bien'pèu probable que, dans les expérieuces dont il s’agit, ce soit l’action directe de la lümiéré solaire. .qui lni-donnesnaissance. D'ailleurs j'ajouterai qu'en prenant les préeautione nécessaires pour’ ‘éviter l’action’ des causes étrangères, je n’ai jamais pui réussir à trouver dans lés rayons solaires la plus légère trace d'électricité. (M: A. Dela: rive, Bibl. univ. , juillet 1853. )

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6) Ann. de ch. dE ph.;,t.42;p. ai *{e) Bibl. univ., t. 42, P: 11.

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