Lés phénomènés précédents nous font connaître la
loi suivante :
« Quand au rayon qui tombe sur une surface biréfringente « est polarisé dans un plan parallèle à la section principale, «il ne subit plus de bifurcation, mais il passe tout entier dans « l’image ordinaire. Si, au contraire, son plan de polarisa- « lion est perpendicülaire à cette section , il passe entière- « ment dans l’image extraordinaire. Dans les positions inter- « médiaires du plan de polarisation primitive, la bifurcation « a lieu et la lumière est partagée inégalement entre les deux
« faisceaux, excepté dans le cas où le plan dont il s’agit fait « un angle de 455 avéc la section principale. En général, « soient & l'angle éntré le plan de polarisation et la section « principale , et'A la lumière incidente (en ne supposant au- « cune perte de lumière par l'effet des réfléxions) : A: cos? « « et À . ‘sin’ & seront les intensités respectives des faisceaux « ordinaire et éxtraordinaire, la somme de ces intensités « étant égale à A. »
879. — Tous les changements éprouvés par la lumière incidente se manifestent dans la belle expérience de Huyghens, que nous allons décrire. Cette expérience , dont Huyghens et Newton firent l’objet de leurs méditations, leur suggéra l’idée de la polarité ou de la distinction des côtés dans le‘rayon modifié de certaines manières. On prend deux rhomboïdes de spath d'Islande ; d'une grosseur raisonnable et bien transparénts (ce qui n’est pas diflicile à trouver), et cn les pose l’un sur l’autre de manière que leurs faces homologues soient pa= rallèles, ou que les molécules des deux rhomboïdes se trouvent dans là même situation rélative que si les deux solides étaient deux fragménts eonligus d’un même cristal; on les met ensuite sur ure feuille de papier au milieu de laquelle on a marqué une tache noire, pelite, mais très distincte : cette tache paraîtra double en la regardant au travers des deux cristaux réunis ; de même que s'il n’y en avait qu’un (a, fig: 175), et la ligne qui joint les images sera parallèle à la section principale. Maintenant on fait tourner lentement le cristal supérieur dans un plan horizontal $ur le cristal inférieur, ét l’on obtient ainsi deux nouvelles images entre les premières, avec lesquelles elles forment un losange très allongé, comme en b, fig. 175. Leur éclat, d’abord très faible , augmente par degrés ; tandis que celui de l’autre couple diminue jusqu’à ce que l'angle de rotation égale 45°, auquel cas les images sont telles qu'on les voit en c. La rotation continuant , lé losange se change en carré comme en d, et les deux images primitives
7e s’affaiblissent extrèmement jusqu’à ce que l'angle de rotation soit droit : alors elles s’évanouissent tout-à-fait, en laissant les’ autres diagonalement placées, commé‘en e. Si l’on: tourne encore davantage, elles reparaissent et brillent d’ün éclat progressif, jusqu’à ce que l’angle de rotation —90°-450 — 135p, auquel cas les image sont toutès égales, comme en f. Les deux, images primitives deviennent ensuite.de plas en pluslacides , et les autres , au contraire, devenant plus pâles, elles offrent l'apparence représentée en g. La demi-révolution étant enfin achevée , il ne reste plus qu’une tache noire 4, produite par la coïncidence des deux images primitives et par la disparition des autres : alors il paraît que Ja réfraction est devenue simple, ou plutôt que, les doubles réfractions,des deux rhomboïdes ayant lieu dans des directions opposées et avecla mêmeintensité , elles ont dû nécessairement se compenser. Cependant cette compensation ne s'effectue pas avec une parfaite exactitude si les rhomboïdes ne sont pas précisément de même épaisseur, et les images restent visibles quoique leurs distances respectives soient des minima. On peut représenter les quatre images de la manière suivante :
{ La La e. e O5) l'image réfractée ordinairement par les deux rhom- . ED 1 boïdes ; ;
O & l’image réfractée ordirairement par le premier eteætraordinairement par le second ;
E o l'image réfractée extraordinairement par le, premier et . ordinairement par le second ; )
E e l’image réfractée extraordinairement par tous les deux. En dénotant par À l'intensité du rayon incident, et en ne
supposant aucune perte de lamière-par suite de’ la réflexion où de l'absorption, l’on a
La
7x VOTE AS COS Eie, $ er sin« —Eo;
et la. somme des quantités de. lumière des ane images Ar
légères différences près ) quand on place l’un derrière l’autre déux prismes biréfringents, au travers desquels on regarde un objet éloigné, en tenant l'œil très près du cristal pendant qu’on les fait tourner l’un sur l’autre. La-raison de ces phénomènes est une conséquence si directe des lois énoncées
aux art. 675 et 878 ; que nous croyons SRRETAE de la -rapporter ici, Ù
On observe les mêmes phénomènes ( à quelques
881. — La propriété dont jouissent les cristaux biréfrin= gents, de partager inégalement la lumière polarisée entre les déux images, est le principe fondamental d’an instrument très commode qui sert à reconnaître la polarisation d’une lumière donnée , et à une multitude d’expériences d'optique. C’est tout simplement an prisme biréfringent achromatisé au moyen d’un prisme de verre, ou plutôt au moyen d’un prisme de même matière convenablement taillé. L'effet de cet instrument est d'augmenter l'écart des deux faisceaux. Si l’achromatisme est produit par des prismes de verre, et. siles angles réfringents ne sont-pas très grands, la coloration de l’une des images est si faible qu’elle n’incommade aucunement. L’angle réfringent le plus avantageux est celui qui donne un écart d'environ deux degrés entre les deux images. Soit donc ABCGF (fig. 174) un prisme de spath d'Islande , taillé de manière que son arête CG contienne l'axe du cristal , et
supposons-le achromtisé autant que possible par le prisme de verre CDEF G.
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