‹ Traité de la lumière, t.2Chapitre 90 sur 170 · LA · texte numérisé non relu

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1151. — Une autre singularité de structure à été observée par le docteur Brewster, dans une variété de l’apophyllite de Faroë , d’une teinte blanc-verdâtre. Lorsqu’un prisme complet de cette variété est exposé à la lumière polarisée, en sorte que son axese trouve dans un azimuth de 45e, la lumière étant tranSmise pérpendiculairement par déux côté opposés, on aperçoit le dessin, représenté fig. 224, dans lequel l'aire curviligne au centre est rouge, tandis que les parties qui complètent le rectangle sont vertes: Les carrés immédiatement adjacents à éhäque côté, dans la direction de l'axe, sont aussi d’un rouge vif au centre, qui dégénère en blanc à la circonférence, tandis que le reste du dessin se tompose de bandes brillantes , rouges, vertes et jaunes, qui se succèdent, Le lecteur en trouvera uné figure coloriée dans le mémoire original inséré dans les Transactions d’Édimbourg, vol. 1x, 2% partie, ainsi qu'une foule de détails intéressants pour lesquels on pourra coüsulter aussi le Journal philosophique d’ Édimbourg, vol. 1:

1132. — Le sulfate de potasse offre un autre exemple remarquable d’une structure composée. Ce sel se rencontre sous la forme de prismes hexagonaux et quelquefois sous celle dé dodétaèdres bipyramidaux. Il se trouve encore, mais plus raremént, sous celle de prismes rhomboïques de 1149 et de 66e. Selon le docteur Brewster, ces prismes ont deux axes, tandis quelles hexagonaux n’en ont qu’un; ce qui donne un nouvel exemple dé dimorphisme à ajouter à ceux de l’arragonite, du soufre , ete. Cépendant, en examinant Jés dodécaèdres, il lés trouva Consistér en six prismes triangulaires équilatéraux, de la variété à deux axes, groupés ensemble et ayant tous leurs méridiens optiques convergents vers l’axe commun, les molécules aÿant , dans châque couple de prisimes opposés, ane disposition telle que l'angle entre les faces opposées de chaque pyrariide (114°) est égal à l'angle obtas du rhomboïde.

1193. — La structure,et le mode d’action de l’analcime, dont parle le docteur Brewster dans le 10®%° vol. des Trans - . actions d'Édimbourg , 1°e part., page 187, sont tellement singuliers.qu'il est difficile de décider si ce cristal doit être regardé comme nn groupe cristallisé composé de parties indépendantes et seulement adhérentes, ou comme une masse unique dans laquelle la distribution de l’éther est réglée par une loi générale et uniforme. Cette dernière opinion paraît cependant la plus problable.: La forme da cristal en question est l'icosi-tétraèdre, contenant vingt-quatre trapèzes égaux , et peut dériver d’un cube dont on aurait abatta les angles solides par trois plans symétriques par, rapport aux arêtes. Le cube étant placé dans sa position naturelle, relativement à la figure qui en dérive, si l’on mène par son centre des plans qui passent par chaque côté et par chacune des diagonales des six faces , il se trouvera partagé en vingt-quatre tétraèdres irréguliers. Toates les faces de ceux-ci, qui passent par des arêtes du cube, passeront également par des arêtes, dans la figure dérivée; et les faces qui passent par les diagonales des faces du cube passeront également par les diagonales des faces de la figure dérivée , partageant en deux leurs angles. obtus. Or, il résulte des observations du docteur Brewster que toutes les molécules situées en un point quelconque de l’un de ces plans sont privées de pouvoir biréfringent et polarisant; et que, plus une molécule est éloignée de ces plans, plus son pouvoir polarisant est énergique.

À cet égard , ce cristal diffère essentiellement de tous ceux qui ont été examinés jusqu’à ce jour, chaque particule de ceux-ciétant également douée du pouvoir polarisant comme faisant partie dan même système cristallin. Il n’y a pas.d’analogie plus forté qu'entre le mode d’action dont ül s’agit et celui du verre non recuit et des corps de même genre. Dans teux-ci , un changement de forme extérieure détermine un changement de pouvoir polarisant , tandis que dans l’analcime chaque particule possede les mêmes propriétés optiques,

soit qu’elie se trouve détachée de la masse, où dans son état de connexion naturelle avec les molécules environnantes. L'action des parties qui possèdent un pouvoir polarisant n’a point de rapport non plus avec des axes, donnés seulement en direction et passant par chaque molécule, mais avec des plans dont on connaît et la direction et la place, la teinte développée en un point quelconque d’une lame dépendant du carré de la distance au plus voisin de ces plans : d’où il suit que les lignes isochromatiques sont des franges droites colo-\ rées, parallèles à des bandes noires marquées par l’intersection de ces plans avec la lame: Les phénomènes sont accompagnés d’üne double réfraction très sensible. Nous renvoyons le lecteur qui désirerait des détails ultérieurs au mémoire déjà cité, Van des plus dignes de l'attention des physiciens.

$ XIV. — Des couleurs des corps.

Hypothèse de Newton sur les couleurs des corps. — Demandes. — Cause

de l’opacité. — Cause des couleurs naturelles. — Objections. — Exceptions apparentes. — Couleurs vraies et fausses. — Cas auxquels s'applique la théorie de Newton. — Autre objection. — Réponse. —

JIdées de Newton sur la grandeur des particules des corps.

1134. — Parmi les phénomènés naturels qui se rattachent à l’optique, ceux de la coloration des corps se présentent certainement en-première ligne. Malgré notre crainte d’excéder les bornes de cet ouvrage, il nous est impossible de passer sous silence la théorie que Newton a imaginée pour en rendre raison; théorie aussi hardie qu’ingénieuse, dans laquelle des difficultés capitales sont sauvées à force de sagacité, et où no tre ignorance sur des points délicats est si-adroitement blancée par le poids de nos connaissances sur Je reste, que les

objections les plus fortes se trouvent, sinon réfutées, du moins éludées avec bonheur, toutes concluantes qu’elles paraissent au premier coup-d’œil. Les demandes sur lesquelles reposent ce système sont : |

1135. — «1° Tous les corps sont poreux; les pores. ou in- « tervalles vides de la matière pondérable prennent une par- « tie beaucoup plus considérable de l’espace occupé par un

« corps que les parties solides qui le constituent essentieHe- « ment. »

1156. — « 2° Les particules solides d’un milieu ont une « grandeur et peut-être une figure qui leur est propre et qui « convient uniquement à ce milieu. »

« Cette grandeur ne peut être changée par une action « mécanique ou par aucune autre voie qui n’entraîne pas un « changement dans la nature chimique ou dans la constitu- « tion du milieu. Ces particules sont, en un mot, les derniers « atomes. Rompre ces atomes, c’est détruire leur essence , et « leur donner une autre formé matérielle, possédant d’au- « tres propriétés. »

1137. — «3° Ces atomes sont parfaitement diaphanes et « également perméables à la lumière de tous les degrés de « réfrangibilité , qui, dès qu’elle a une fois pénétré leur sur- « face, poursuit sa route au travers de leur substance. »

Nous ferons observer que Newton ne suppose aux atomes qu'une transparence limitée; mais il ne s’assujettit point à cette condition , et-sa théorie dépend essentiellement de leur parfaite transparence , comme le prouve l’explication de l’opacité , que contient la demande suivante.

1138. — « 4° L'opacité des corps provient de la multitude « des réflexions qui ont lieu dans leur intérieur, » :

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