‹ Traité de la lumière, t.2Chapitre 91 sur 170 · APT · texte numérisé non relu

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A moins d'admettre pour les atomes une cause d’opacité autre que cellé qui, dans cette théorie, produit l’opacité de leurs aggrégats, il est évident que ceux-là ne peuvent être que parfaitement translucides, puisqu'ils ne’ peut y avoir de réflexion là où il n’y a pas d'intervalle ou de changement de milieu. Nous devons avouer que ce raisonnement ne nous satisfait pas, ni pour les atomes, ni pour les milieux.

Il nous est difficile.de concevoir des réflexions internes telles que les rayons qui les subissent soient tous et pour toujours retenus, et, pour ainsi dire, confondus et rejetés d’atome en atome, sans jamais atteindre la surface pour s'échapper : car si cette dernière circonstance avait lieu, il est évident que tous les corps qui recevraient un rayon de lumière le dissémineraient, dans toutes les directions , à la manière des corps lumineux par eux-mêmes.

1139.— « ä® Les couleurs des corps sont celles des lames « minces ; elles sont dues à la même cause, c’est-à-dire à l’in- « tervalle.entre les surfaces antérieureset postérieures des'ato- « mes. Lorsque cet intervalle est un multiple impair de la « moitié de la longueur de l’accès de facile réflexion ou de fa- « cile transmission d'un rayon coloré quelconque qui se meut « dans le milieu, ce rayon ne peut pénétrer. Le contraire a « lieu si cet intervalle est un multiple pair. (Voyez art, 655.) « C’est donc l'épaisseur des atomes et leurs distances réciproa ques qui déterminent la couleur qu’un milieu réfléchit ou « transmet sous l’incidence perpendiculaire. Ainsi, si les mo- « lécules et les interstices ont une grandeur au-dessous de «, l'intervalle qui correspond à la transmission, c’est-à-dire « au bord de la tache noire dans les anneaux réfléchis, le « milieu composé de ces atomes et de ces interstices sera par- « faitement diaphane. Si la grandeur dont il s’agit surpasse « cet intervalle, le milieu réfléchira une couleur correspon-

a dante à l'excès d'épaisseur.»

1140. — On peut objecter que toutes les.couleurs, naturelles ne trouvent pas nécessairement june place dans l'échelle des teintes des lames minces, même celles des corps, dont. la composition chimique, est uniforme. Mais, on peut répondre que les couleurs réfléchies par, la première couche.de molécules seulement doivent être pures; que celles des:couches inférieures, ayant àtraverser une certaine épaisseur, éprouvent des décompositions successives en pénétrant parmi les atomes supérieurs. D'ailleurs, quelque forme que l’on attribue, aux atomes , .il est impossible que tous les rayons les pénètrent en traversant la même épaisseur sur toute leur étendue, à moins de les regarder comme de simples lamelles, sans anglesini faces, douées d’un énorme pouvoir réfringent (1).

Il faut faire la même réponse à l’objection, également natnrélle, que, dans tous les cas, la teinte transmise doit être le complément de la teinte réfléchie, et que:, par conséquent , des cas tels que ceux que f fournissent l'or en feuille, leverre opalescent et l’infusion du lignum nephriticum, font exception, à la théorie, les substances susdites réfléchissant une :teinte et en tranismettant une autre, mais de manière à. violer:la condition précédente.

Dans Je fait, cependant, les rayons transmis ont traversé toute J’épaisseur.du milieu, et subi, par conséquent, un bien plus grand nombre.de foisl’action de ses atomes que les rayons réfléchis , spécialement ceux qui tombent près de la premiére surface à qui est dû l’éclat le-plus vif de la couleur réfléchie.

1141. — L’infusion du légnum nephriticum offre unetparti-

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(1) Newtonne paraît pas avoir sénti-pléiñement 14 nécessité de prendre Ja forme des molécules en: spRsidér sion Prop:Vu;liv: 11, Opr.; vérsis fo mem: f.4 “iso 3410

cularité fort singulière qui a été expliquée par le docteur Young par l'hypothèse de particules très petites, mais d’une grandeur définie, tenues en suspension dans la liqueur. Quoique’ fort transparente, la couleur qu’elle réfléchit est vert-bleuâtre , etcelle qu’elle transmet, jaune où couleur'de vin offrant ainsi un phéiomène tout contraire de celui de l'orten feuille. Cependant il n’y a pas le moindre doute que c’est un'cas d’opalescence qui a lieu également pour certains vérres jaunes, dans lesquels une feuille très visible d’une matière opalescente voisine de la surface réfléchit vers l’œil une teinte vert-bleuâtre, tandis que la lumière transmise conserve la’teïite jaune qui provient du verre. La réflexion est produite par des particules qui-’ont rien de commun avec la lunière transmise.

‘1142. = Malgré ce qu'il vient d’être dit, l’objection ne nous paraît pas éntièrement levée. Certains milieux, transparents'ét colorés , des. liquides purs qui ne contiennent pas de particules flottantes, ont une couleur non réfléchie. Quand on°les a versés dans un vase opaque noirci intérieurement et rempli jusqu'au bord , on détruit la réflexion incolore de leur surface’ supérieure en les faisant réfléchir dans un plan opposé sous l’anglé de polarisation. On voit alors sur-le-champ qu'aucune lamière n’est réfléchie dé l’intérieur du milieu, ni près dé la surface, ni à une profondeur plus grande. Si l'on objectait que cette manière d'observer détruit la réflexion intérieure aussi bien que celle de l’extérieur, on pourrait répondre que l'image d’an objet blanc réfléchi par la surface d’un”fluide contenu dans-un vase noir opaque est presque d’un blanc pur, quelle que soit la couleur de ce fluide. Nous ne-savons pas si l’objection-ainst posée a jamais’été bien com. battue ou même avancée. Quant à nous, elle nous semble d'uu grand:poids ; et nous,ne pouvons nousempèêcher de éroire:qne des causés ; autrés que de simples'réflexions internes, doivent intervenir pour empêcher les couleurs complé-

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mentaires de parvenir jusqu’à l'œil, et que cétte théorie ne donne pas une explication satisfaisante de l'absorption, ni du phénomène subordonné ( ou platôt, du cas extrême ). de l’opacité.

1143. — Si l’on admet la théorie de Newton,'les couleurs naturelles peuvent se diviser en vraies et en fausses. Les vraies sont celles qui proviennent de rayons qui ont pénétré la sub= stance des corps et subi leur action absorbante: telles sont les couleurs des poudres des milieux transparents , le cinabre, le bleu de Prusse, les couleurs des fleurs, etc. Les fausses ou superficielles sont celles qui nesont dues’qu’à des interférences de rayons : telles sont les couleurs changeantes des ailes des insectes , des surfaces striées, de l'acier oxidé, etc., auxquelles la doctrine de Newton s’applique rigoureusement : car.on ne saurait nier qu’à l’exception, des couleurs qui ne sont pas simplement superficielles , il n’en est point dont cette doctrine ne donne uné explication au moins très probable. Nous n’en citerons qu’un ou deux exemples. Si l’on verse quelques gouttes d’une dissolution extrémement faible de nitrate d’argent dans une dissolution très faible d'hyposulfité de chaux, il sé forme un précipité d’ane blancheur opalescente et d’ane excessive ténuité. Si l'on augmente la dose du nitrate, le précipité change de poids, d'état, d’aggrégation, et en même temps de couleur, devenant jaune d’abord, puis jaune-brun, puis d’un beau bruriorangé, puis d’un bran pourpre et finalement d’an brun presque entièrement noir. Le précipité acquiert ane densité de plus en plus grande et finit par se déposer au fond du vase: Dans: cette série de variations, il est impossible de ne pas remarquer les teintes du premier ordre des anneaux réfléchis dues à l’épaississement des particules qui s’aggrégent ; mais il est également impossible de ne pas reconnaître l'action d'une cause tout-à-fait différente qui augmente l’opacité du composé par une action absorbante, bien. supérieure à celle des particules agissant comme lames minces, et qui n’en dé-

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pénd'point. Les phénomènes de l'héfatirié, décrits par M: Chevreul ét 'cités par le docteur Brewster (Encyc. d'Édimbourg, Optique, page 625) et par M. Biot ( Traïté de physique, tome iv, page 154), approchent trop des teintes du second ordre pour ne pas légitimer la présomption que la théorie de Newton peut s'appliquer également à ce cas: La lumière bleue disséminée d’an ciel pur én offre un autre exemple. Ce bleu est indubitablement le bleu du premier, ordré réfléchi par les particules d'eau contenues dans l'air. La preuve en est qu’à 74° du solëil; il est complétement polarisé dans un plan qui passe par le centre du soleil.

1144.— Newton a répondu victorieusement à une autre objection, contre sa théorie. Tout: ,.chañgement: d’6bliquité dans l'incidence doit produire un changement de couleur, de même qu’une lame d’une épaisseur donnée réfléchit une teinte différente sous l'incidence oblique et sous l'incidence perpendiculaire. Mais, celte variation »est d'autant moindre querle pouvoir réfringent du milieu, est plus grands; et,.comme ce pouvoir croît avec la densité, celui ,des derniers atomes des corps doit être extrême ; de sorte que la teinte réfléchie par. ces atomes doit varier fort peu avec l'incidence (art. 669)..Les couleurs de l’acier oxidé-en.offrent un-excellent exemple. Le pouvoir réfringent de cet oxide; quoique grand (2.1);n'est certainement pas à comparer à celui des derniers

atomes des corps; et, néanmoins; les teintes dela surface de l'acier bleu varient très peu, avec l'obliquité. On peut ajouter ençore que la couleur de tout corps d'une;grandenr sensible m'est réellement que la combinaison, des couleurs réflé. chies par toutes les molécules, sous toutes les incidences possibles ;: et, qu'ainsiaucun changement) d’incidence..né peut

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1145: — Quant: à lexcessivé ténuilé des molécules des

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