‹ Traité de la maladie scrophuleuseChapitre 16 sur 94 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Avant d^entrer en matière, il est important de bien déterminer l'objet de nos recherches.

Premièrement on confond souvent les scrophules avec la maladie scrophuleuse , quoique cela soit fort différent» Les scrophules (^crofulœ) ne sont autre chose qu'un tuméfaction des glandes, et n'indiquent qu'une affection locale du système lymphatique; au lieu que la maladie scrophuleuse ( scrofulosis ) consiste dans une affection générale ; c'est-à-dire dans une diathèse, ou disposition particulière du même système 5 disposition dont les scrophules ne sont qu'une conséquence, ou qu'un symptôme. Ainsi les scrophules sont à l'a maladie scrophuleuse comme l'effet est à la cause : celleci peut exister sans celui-là, et réciproque-

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ment. La tuméfaction des glandes n'est donc pas un signe certain de la présence de la diathèse scrophuleuse , coiiime l'absence de ce symptôme n'exclut pas l'idée de cette maladie.

On confond aussi \esscrophules vraies {scrofulœ perœ) avec les scrophules fausses {scrofulœ spuriœ , sjmpathicœ ^ sjmptomaticœ ) , comme si tout engorgement glanduleux était nécessairement scrophuleux. Mais l'observation a prouvé que la plupart des maladies du, système lym phatique s'accompagnent fréquemment de semblables engorgemens, telles sont la petite-vérole, la rougeole, la scarlatine, la syphilis, et bien d'autres affections qui sont étrangères à ce système, comme l'odontalgie , les phlegmasies cutanées , un cautère, un vésicatoire , une simple contusion , etc.

Ces engorgemens sont donc purement symptomatiques, ou, ce qui revient au même, ils sont les effets d'une autre affection dont ils suivent entièrement le sort : ils augmentent, diminuent , paraissent ou disparaissent avec elle. Il n'en est pas ainsi des scropliules vraies ; cellesci ont leur siège dans le système lymphatique ^ et dépendent exclusivement de l'affection de ce système à l'état duquel elles sont étroitement liées. Enfin, ce n'est qu'en agissant sur lui, et en remédiant au genre d'altération dont iî

DE T.A MALADIE SCllOPHULEUSE. 5

est afieclë, qu'on peut espérer de guérir les scrophules vraies , au lieu que le traitement des scrophules fausses est relatif à la maladie qui lésa produites.

II est encore une distinction à faire à l'égard des scrophules secondaires , ou deutéropathiques. J'appelle de ce nom les scrophules qui, bien que l'effet d'une autre maladie , subsistent néanmoins après sa disparition ; ce qui ne permet pas de les confondre avec les scrophules symptoraatiques dont elles ont perdu le caractère • je m'explique : lorsqu'une affection symptomatique persiste pendant long-temps , elle peut produire une altération tellement profonde dans la partie qui en est le siégé, qu'elle survive aux causes mêmes dont elle est l'efTet ; en sorte qu'elle devient réellement essentielle , de symptomatique qu'elle était.

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