IV. Mercure
Quels que soient les changemeiis qu'on fasse subir un jour à la théorie des scrophules, la
Malouinet Lewis ont proposé l'éthiops antimonial (sulfure antimonié de mercure ). Lhéman a célébré les vertus fondantes et apéritives de la terre foliée de tartre antimoniale ( acétate antimonié de potasse ). Guericke , Dehne préfèrent le soufre doré d'antimoine ; d'autres , le vin antimonié d'Huxam ; d'autres , les tablettes antimoniales de Jacquet , etc. Delasonne vantait l'efficacité d'un mélange de mercure doux, d'oxide d'antimoine hydrosulfuré rouge et de camphre triturés avec l'alcool. CLarmetton et Pujol mettaient le kermès minéral audessus de toutes les autres préparations.
Après avoir énuméré les principales préparations antimoniales mises en usage contre la maladie scrophuleuse, je ferai remarquer que ce métal s'y trouve toujours combiné avec d'autres substances ; telles sont entr'autres le mercure , le soufre , la potasse et le fer i substances également vantées contre la maladie qui fait le sujet de cet ouvrage. En sorte que quelques praticiens n'hésitent pas à leur attribuer la plupart des effets que d'autres rapportent à l'antimoine. Ainsi , Desbois de Rochefort dit que les propriétés de la tisane de Feltz, si vantée coptre les écrouelles et les affections vénériennes , dépendent du muriate sur-oxigéné de mercure , et des bois sudorifiques qui entrent dans sa composition.
L'antimoine à l'état pur n'a point d'action sur l'économie , et l'on peut le bannir sans regret de la pratique
thérapeutique ne se dessaisira jamais du mercure^ c'est en effet un des moyens les plus efficaces et les plus anciennement employés contre cette maladie. Au reste , il est sans doute plus naturel que la théorie se conforme à la pratique que la pratique à la théorie. En vain M, Girtanner , dont nous apprécions d'ailleurs tout le
de la médecine. Mais ce métal en se combinant avec d'autres substances, forme des composés très-énergiques et dont les propriétés ne sont point comparables à celles des principes constituans. Quelle différence entre le tartre stibié, le kermès minéral et le muriate d'antimoine ! Ainsi , quoique l'antimoine pur n'ait aucune action sur nos organes , ses préparations n'en sont pas moins très-énergiques. Elles sont toutes plus ou moins irritantes j, et la plupart agissent sur l'estomac , les intestins , le système lymphatique et la peau. Est-ce à l'irritation qu'elles déterminent^ qu'elles doivent la faculté dont elles jouissent de fondre les engorgemens glanduleux , et les autres propriétés qu'elles possèdent contre la diatbèse scrophuleuse ? Ceux qui font dériver les propriétés curatives des médicamens de l'impression qu'ils produisent sur les organes , n'hésiteront point à répondre affirmativement ; mais ceux qui croient qu'il suffit de connaître empiriquement ces propriétés , trouveront qu'il est tout aussi sûr , et plus conforme \ la médecine pratique, d'admettre dans l'antimoine une vertu particulière qui lui assigne un rang distingué parmi les antiscropliuleux.
( NotQ du traducteur. )
mérite , a-t-il voulu mettre en cloute cette vérité, en faisant observer que des irritans du système lymphatique ne sauraient convenir clans une affection où ce système est déjà très irrité (i). A raisonner ainsi, il faudrait donc re«
(i) Voilà où conduisent les recherches sur la nature des maladies , et sur la manière d'agir des médicamens | elles vont jusqu'à faire douter des faits les plus connus, les mieux constatés. Pour moi^ je pense que ces questions sont insolubles ; mais enfin quand on s'avise de les traiter , il faut dire des choses qui ne révoltent pas la raison et qui soient entendues de tout le monde. Or , ii répugne d'admettre qu'une irritation du système lymphatique trouve ses moyens cura tifs parmi les Stimulans de ce même système. Il paraît absurde d 'expliquer la guérison d'une maladie, comme on explique sa formation. Dire pour tout éclaircissement que le mercure guérit la syphilis, c'est répondre à une difficulté par une autre difficulté ; c'est supposer d'aiHeur^ que la syphilis est une irritation, ainsi c'est faire une supposition pour prouver une supposition, méthode, à la vérité, fort commode^ mais souverainement absurde. 11 nVst pas besoin dédire qu'on n'est pas plus instruitsur la manière d'agir du merrcure que sur la cause prochaine des scropîjujes ; car il est impossible de savoir comment se comporte un médicamentpour opérer la guérison d'une maladie avant de savoir en quoi consiste cette maladie, puisque la sol ntion du problème devrait donner la connaissance des rapport^, qui existent entre la nature du mal et l'action du remède. Quoi qu'il en soit de ce raisonnement tant soit peu mé-
DE LA MALADIE SCllOPHULEUSE. 176
jeterlesmercuriaux du traitementde la maladie véi:érienne où le même système est encore plus irrité que dans les scrophules; d'ailleurs ne saiton pas qu'une irritation peut en détruire une autre ? quoi qu'il en soit , l'observation a consacré l'eiïicacité du mercure dans le traitement de la diathèse scrophuleuse. Si je m'en rapporte à mon expérience , j'ose même affirmer qu'il n'est pas de moyen qui puisse être mis en comparaison avec celui dont nous parlons , pour la promptitude avec laquelle il dissipe les symptômes scrophuleux 5 et notamment, les engorgemens, les éruptions, les ulcères, les ophtalmies, etc. ; je les ai vu céder en quelques jours à l'usage intérieur de ce métal,
taphysique, M. Girlanner a raison de dire que des irritans du système lymphatique ne sauraient être les moyens curatifs d'une affection où ce système serait très-irrité. Mais rien ne l'autorise à conclure qu'il faut bannir le mercure du traitement du vice scrophuleux • car, que prouve son raisonnement? De deux choses l'une, ou que la maladie scrophuleuse n'est pas une irritation, ou, si c'est une irritation, que le mercure ne la guérit pas en vertu de ses propriétés irritantes ; mais l'efficacité du mercure ne peut être douteuse ni dans l'une, ni dans l'autre supposition. En d'autres termes, M. Girtanner a convaincu la théorie de faux, et non la pratique.
( NotQ du traducteur. )
î']6 »riiAiTi:
Quant à sa maïiière d'agir, ce qu'il y a de plus vraisemblable , c'est : i°. qu'il exerce une irritation spécifique sur le sysième lymphatique, laquelle neutralise l'irritation scropliuleuse, en vertu d'une loi générale de Téconoinie, qui veut que les divers modes d'irritation auxquels elle est sujette, se détruisent mutuellement.
2^. Il augmente la résorption et la sécrétion des glandes , comme le prouvent la résolution des tumeurs scropliuleuses et la salivation.
5**. Il corrige l'acrimonie de la lymphe par une action demi-chimique , à laquelle le mercure doit sans doute la propriété qu'il paraît avoir de neutraliser la plupart des virus qui se développent dans le corps humain , tels sont ceux de la syphilis , de la petite-vérole et de la rage.
Le mercure est, avec l'antimoine, l'un des médicamens le plus généralement employés contre la maladie scrophuleuse , quoiqu'à dire vrai, il ne suffise pas pour détruire la disposition à cette maladie. En ayant fait trèssouvent usage dans ma pratique, j'ai dû chercher à déterminer ses indications d'une manière précise ; c'est ce qui m'engage à consigner ici les résultats de mon expérience à cet
égard.
i"*. On peut donner le mercure avec avantage dans toutes les formes de la maladie scrophuleuse, mais principalement dans les éruptions cutanées, les engorgemens, les infiltrations lymphatiques , les plilegmasies chroniques, et plus particulièrement encore dans les ophthalmies et les affections nerveuses dépendantes du vice scropliuleux.
2^. Mais on ne saurait user de trop de circonspection chez les individus qui , par la structure même de leur corps, paraissent disposés à la phthisie, chez ceux qui sont menacés du scorbut , ainsi que dans les cas de faiblesse du tube digestif, et chez tous les individus sujets à des hémorrhagies abondantes.
3°. Le mercure est toujours contre-indiqué dans la dernière période des scrophules , où. la constitution est menacée d'une Régénération et d'une colliquation prochaine , surtout si la fièvre lente est déjà déclarée.
4*^. Lorsque vous croyez devoir donner le mercure , n'en portez pas la dose jusqu'à exciter la salivation; vous devez au contraire vous attacher à la prévenir, parce que tout ce qui affaiblit est nuisible dans cette maladie; cependant cette règle souffre quelques exceptions ; il est des cas, comme par exemple lorsqu'il existe des engorgemens rebelles, des affections ner-
veuses très-anciennes, produites par le vice scrophuleux, où les meilleurs praticiens s'accordenl à dire qu'il est utile de pousser le mercure jusqu'à la salivation, non dans la vue d'évacuer, mais pour avoir la certitude que la lymphe est suffisamment imprégnée de particules mercurielles, et qu'on a produit une révolution suffisante dans l'organisme. Je rapporterai bientôt un exemple en confirmation de cette vérité, (i)
( I ) Il fut un temps, et ce temps n'est pas encore bien loin de nous , où l'on croyait que le mercure était inefficace, s'il n'excitait la salivation. Chicoyneau , médecin de Montpellier, essaya, l'un des premiers, de démontrer l'inutilité de cette évacuation pour éliminer le virus vénérien, dans^^a dissertation intitulée : An adcurandam luem venereamfrictiones mercuriales in hune finein adhihendœ sint, ut salivœ fluxus concitetur^ , \^\% ^ et proposa de substituer à la méthode alors en usage, le traitement par extinction, qui est aujourd'hui généralement adopté par les médecins français. Cependant il est encore des praticiens très-recommandables en France , en Italie, en Allemagne, mais surtout en Angleterre , qui persistent à croire que le plyalisme est trèsavantageux , et même indispensable dans toutes les affections chroniques qui réclament le mercure , quelle que soit d'ailleurs leur nature. Je me souviens d'avoir entendu dire à M. Dubois qu'il avait fait disparaître plusieurs engorgemens de la lèvre supérieure par les friction*
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5". On ne saurait nier que l'usage long-temps continué du mercure n'introduise dans la con-
mercurielles poussées jusqu'à la salivation. Le même jpraticien a consigné dans V Annuaire médiGO-ckiriirgi-^ cal des hôpitaux , les observations de trois malades guéris par la même méthode. Le premier de ces malades portait un engorgement indolent des glandes inguinales droit-es et gauches , sans caractère bien précis ; le second avait des pustules vénériennes très -anciennes; le troisième était affecté d'un ulcère rongeant du prépuce et du gland, d'un très-mauvais aspect.
M. Naudin, l'un des médecins les plus distingués de Toulouse, a recueilli dans sa pratique plusieurs faits qui prouvent l'utilité du mercure porté jusqu'à la salivation dans le traitement de quelques symptômes consécutifs de la maladie scrophuleuse. Un jeune homme âgé de vingt-un ans , l'aîné de onze frères ou soeurs , dont neuf avaient péri avant l'âge de la puberté, victimes de cette maladie , fut blessé par une balle à la partie latérale droite du cou. A la suite de cette blessure, les glandes cervicales se gonflèrent énormément ; le malade entra dans un hôpital militaire où il resta pendant six mois ; mais les soins qu'il y reçut ne lui furent d'aucune utilité. De retour dans sa famille, il réclama les soins de M. Naudin. La tuméfaction des glandes était extrême la peau qui les recouvrait était enEammée , ulcérée dans cinq ou six points de son étendue^ et l'aspect des ulcérations ne permeUaitpas de se méprendre sur leur nature. Après avoir essayé pendant long- temps divers moyens sans aucun succès, M. Naudin prescrivit des pilules composées a-veclé mercure soluble de Hahne-
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slitution une faiblesse radicale dont les fluides ne se:ressenlent pas moins que les solides. De là, Futilité d'associer le mercure aux toniques tels que le quinquina, le sassafras , le calamusaromaticus, Fécorce de saule , etc. , et de prescrire un régime nourrissant. Il arrive assez souvent que la diathèse scrophuleuse , comme la syphilis , semble rester stationnaire , ou même s'aggraver sous Finfluence du mercure : cela tient ordinairement au mauvais état des forces. En effet, il ne faut que suspendre
mann et l'extrait de quinquina , lesquelles déterminèrent au bout de quelques jours une abondante salivation; dès ce moment l'engorgement commença à diminuer, les ulcères se détergèrent et finirent par se cicatriser. La salivation fut entretenue pendant quarante jours.
Depuis cette époque, M. Naudin a fait usage de la même méthode dans des circonstances analogues ; mais il m'a dit qu'il ne pourrait citer que deux autres cas de guërison. Il a été beaucoup plus heureux dans les bubons indolens , et dans les engorgemens chroniques du testicule. Quoique non moins extraordinaire , cette dernière observation est plus connue, ce Les frictions mercurielles , dit M. Dubois fils , répétées et poussées jusqu'à la salivation, ont souvent déterminé la résolution des engorgemens du testicule lorsqu'il n'était pas désorganisé. »( ProjoosiY. sur diverses parties de V art de guérir. Dissert Anaug. Paris, i8i8. )
( Note du traducteur. )
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l'usage du mercure, lui substituer des fortifians et des alimens faciles à digérer, pour voir la maladie auparavant station naires'éva-^ nouir en peu de temps ; ainsi l'on rétablit le ton général de la constitution, affaibli par le mercure, et Ton élève la fibre animale au degré d'énergie nécessaire pour triompher de l'ennemi qui l'assiège.
6^. Il n'est pas rare non plus qu'on soit obligé de combiner le mercure avec les narcotiques ; cette combinaison est indispensable chez les sujets dont la sensibilité est naturellement trèsexaltée, et dans les affections locales qui se développent dans des organes très - sensibles ; autrement il serait à craindre que le mercure n'agît avec trop de violence, et ne devînt une nouvelle source de maux. Parmi les moyens de réprimer les effets irritans du mercure, il fautdistinguerropium,laciguë,lajusquiame, l'eau de laurier- cerise^ la belladone, l'assafœtida , etc.
7°. Dans la diathèse scrophuleuse, comme dans la syphilis , il est possible que le mercure dissipe les symptômes sans détruire la cause qui les produit; et de là cette règle importante de ne pas prendre la disparition des symptômes pour la guérison radicale du vice scrophuleux, et de continuer le traitement , même
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lorsqu'il n'existe plus aucun signe de la maladie, (i)
8°. L'usage extérieur du mercure est souvent préférable à l'usage intérieur, notamment dans les affections locales très-opiniâtres , et lorsqu'il faut ménager le^tube digestif et le reste de la constitution.
9°. Dans les maladies chroniques rebelles, il faut varier de temps en temps les formes et les préparations du mercure, pour produire une impression toujours nouvelle; il arrive souvent qu'on donne pendant long-temps une préparation sans le moind re avantage ; on remplace cette préparation par une autre, et la maladie prend bientôt un nouvel aspect.
10°. Puisqu'il faut varier les préparations mercurielies , il est clair qu'il faut bien connaître leurs propriétés. En effet , du choix de ces
(i) On n'oubliera pas, dit M. Baumes , que, ainsi qu'on l'observe dans la syphilis , le mercure fait cesser les accidens scropliuleux , sans guérir la maladie. Aussi , ne doiton pas se presser de regarder la cure comme terminée , quand on en voit disparaître les symptômes les plus manifestes. J'ai fait la même observation, ajoute-t-il , sur les scropliules qu'on traite, même avec les meilleurs médicamens , pendant l'été. ( Traité sur le vice scra-^ j>huleux , 1^. édit., p. 275. )
( Note du traducteur. )
DE liA MALADIE SCROPHULEUSE. 1 83
préparations dépend le succès du traitement; il fiiut les accommoder aux tempéramens des malades; mais sous ce point de vue, on doit s'en rapporter au tact des praticiens : toutefois qu'il me soit permis d'exposer ce que mon expérience m'a appris à cet égard.
Le mercure gommeux de Plenck convient spécialement lorsque le vice scrophuleux a son siège dans des organes doués d'une grande irritabilité. Le docteur Ficat rapporte quatre observations d'engorgemens scrophuleux trèsrebelles, où ce moyen, combiné tantôt avec l'opium , et tantôt avec le quinquina , a obtenu le plus heureux succès. Il me serait facile de multiplier les faits de ce genre.
La combinaison du soufre et de l'antimoine avec le mercure , ôte à cette dernière substance ce qu'elle a de trop irritant , favorise sa tendance à se porter sur la peau, et la salivation en devient moins à craindre ; aussi je ne mets point dedifférence entre l'éthiops minéral (sulfure de mercure noir) et l'éthiops antimonial (sulfure de mercure antimonié), quoiqu'on lise dans plusieurs auteurs que la première de ces préparations excite facilement le ptyalisme. Quant à moi, je puis assurer que je l'ai donnée trèssouvent et d'une manière continue aux enfans les plus délicats ^ et que je ne lui ai jamais re-
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connu l'inconvénient qu on lui reproche ; c'est un de mes remèdes familiers , je l'ordonne fréquemment auxenfans, parce qu'il joint à ses vertus anti-scrophuleuses , la propriété de chasser les vers intestinaux. La dose ordinaire, pour un enfant de trois à quatre ans, est de deux grains , deux fois par jour, avec un peu de ciguë, de magnésie et de sucre ; on en donne un scrupule aux enfans au-dessus de cet âge; associé à la digitale, ou à une poudre vermifuge (i), l'élhiops minéral (2) est un très-boa
(i) Les poudres vermifuges sont très-nombreuses; mais il en est deux principales que voici : poudre ver-^ mifuge mercurielle ; prenez poudre cornacliine, sulfure de mercure noir récemment préparé ^ aa poids égal. La (l^ose de cette poudre est d'un scrupule à demi-gros.
Poudre vermifuge sans mercure : prenez mousse de corse, semen-contra ;, sommités d'absynthe , de tanaisie, ^euilles de scordium, de séné, de rhubarbe, aa parties egales. Faites une poudre. La dose est d'un scrupule à demi-gros.
( Note du traducteur. )
(2) Presque tous les scrophuleux de l'Institut policlinique royal , où nous avons tous les ans à traiter plusieurs centaines d'enfans affectés de cette maladie, ne prennent pas autre chose que l'éthiops minéral avec un peu de magnésie et de rhubarbe, et cela sufBt ordinairement avec quelques bains pour faire disparaître en deux ou trois semaines les affections de la peau , les
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anlhelmintiqne. La poudre de Plummer a des effets analogues, mais elle est plus irritante.
Le calomel est une des préparations mercurielles les plus employées; Hoffmann le recommande spécialement dans la petite-vérole.
Le mercure soluble de Hahne mann est particulièrement indiqué dans les affections scrophuleuses profondément enracinées : c'est un. très-bon moyen pour fondre les engorgemens glanduleux et pour favoriser la dessication des éruptions cutanées.
Mais lorsque la maladie est très -opiniâtre, et lorsqu'elle a son siège dans des organes éloignés du centre de la circulation, il faut recourir aux sels mercuriels,les plus énergiques de toutes les préparations de mercure.
Il serait sans doute superflu de rapporter des faits pour confirmer les vertus anti-scrophuleuses du mercure, qui sont connues de tout le monde; je ne puis cependant m'empêclier de consigner ici deux observations qui me paraissent offrir quelque intérêt.
Une petite fille de cinq ans était affectée d'une atrophie mésentérique complète , et d'une Ophthalmie scrophuleuse. Elle prit tous
ophthalmies ^ les engorgemens glanduleux et la dureté du ventre,
( Note de l'auteur. )
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les soirs une poudre composée d'un grain de calomelj douze grains de fleurs de soufre et de sucre ; pour boisson , une décoction degayac et de quinquina ; de temps en temps , quelques purgatifs : au bout de trois semaines , il ne restait aucune trace ni de Fophthalmie , ni du carreau.
Une fille de sept ans, ayant présenté dans son enfance tous les symptômes de la diathèse scrophuleuse, fut prise d'une maladie fébrile, accompagnée d^ une céphalalgie très-: violente et de vomissemens qui durèrent pendant deux jours; la malade rendit deux vers. A cet étal: s'ajoutèrent des attaques d'épilepsie qui furent suivies de la perte de la parole ; huit jours après , il survint une inflammation au cou et à la langue; Finflammation disparut en peu de jours, mais elle laissa les glandes sublinguales engorgées et une abondante sécrétion de salive. Dès lors plus de fièvre, retour de l'appétit et du sommeil; mais les accès épileptiques revenaient de temps en lemps. Comme on pouvait croire que tous ces accidens étaient produits par des vers, je prescrivis les anthelmintiques anti-spasmodiques les plus puissans, la valériane, le mercure,les fleurs de zinc, les lavemensde lait, etc.; en même temps je fitisais faire des frictions sur le cou et sur la colonne vertébrale avec un
Uniment camphré. L'expulsion de quelques vers ne changea rien à la forme de la maladie, et trois semaines après , les accès épileptiques et la perte de la parole persistaient encore. Décoction de quinquina, de valériane et de gui de chêne, bains tièdes; tous les jours un lavement avec le fiel de bœuf, et ,des frictions sur le ventre avec un onguent composé de la même substance. L'épilepsie perdit un peu de son intensité, et finit par se changer en danse de Saint-Guy; cependant le mutisme continuait, et les doigts commençaient à s'enfler. A la décoction ci -dessus il fut ajouté deux grains d'extrait de jusquiame toutes les trois heures pour chaque dose ; on ne changea rien au reste de la prescription. Retour de l'appétit, selles régulières et mieux élaborées, sommeil ; néanmoins la danse de Saint-Guy, une insensibilité presque continue, et l'impossibilité de parler se soutiennent. Il devenait toujours plus vraisemblable que l'origine des nerfs était le siège d'un principe scrophuleux, ou qu'il existait une accumulation de sérosité dans les ventri-^ cules du cerveau, d'où dépendait cette singu-^ lière maladie qui durait depuis huit semaines ; c'est dans cette opinion que je prescrivis les pilules de sublimé corrosif de Hoffmann, pilules que je faisais refaire tous les deux jours pour
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en prévenir la dureté (i). La malade en prenait trois par jour, une le matin, une à midi et l'autre le soir, avec deux grains d'extrait de jusquiame chaque fois ; après quinze jours de ce traitement, il se déclara de fréquens éternuemens et une abondante sécrétion du mucus nasal et de salive. La malade portait souvent ses doigts à la bouche comme pour en ôter quelque chose; les convulsions cessèrent pendant quelques jours , mais elles reparurent
(t) Jean -Michel Hoffmann est le premier qui ait employé le muriate sur-oxigéné de mercure en pilules dans le traitement de la syphilis. Depuis cette époque y 1 766 , plusieurs praticiens ont donné le sublimé corrosif sous la même forme , mais ils n'ont pas cru devoir adopter la formule de Hoffmann, parce que ce médecin prenait pour excipient la mie de pain , qui a Tinconvénient de se durcir et de s'opposer à la dissolution du sublimé.
M. Cullerier, qui fait quelquefois usage des pilules dont nous parlons, les compose de la manière suivante : prenez muriate de mercure sur-oxidé, dix-huit grains ; farine de froment, demi-once; gomme arabique en poudre, deux gros; eau distillée, q. s. pour dissoudre le sel mercuriel. — Divisez la masse en cent quarantequatre pilules : chacune est du poids de trois grains , peu au-delà, et contient un huitième de grain de sublimé.
Le malade en prend deux matin et soir, et boit immédiatement après un verre d'eau sucrée.
( Note du traducteur. )
ensuite plus violentes que jamais. L'usage du mercure fut suspendu pendant six jours et remplacé par le musc dont la malade prenait six grains par jour : ce médicament fit plus de mal que de bien ; il survint des convulsions terribles, et l'absence des facultés intellectuelles se joignit à celle de la parole; je ne crus pas devoir abandonner pour cela l'usage du musc, mais je revins aux pilules de sublimé , et je prescrivis en même tem ps des lavemens de lait, dans chacun desquels on faisait dissoudre six de ces pilules, des bains, des frictions camphrées, et un vésicatoire à la nuque.
Quatorze jours après , les convulsions étaient plus rares , le nez laissait couler une abondante sécrétion de mucus, éternumens fréquens , plusieurs selles par jour, sueurs abondantes , particulièrement à la tête; mais les glandes sublinguales étaient encore tuméfiées , l'absence des facultés intellectuelles et la perte de la parole persistaient ; continuation des mêmes moyens ; on mêla seulement le mu se avec le vin antimonié d'Huxham (i), et l'huile animale de
(1) Vin d' Huxham : vin de Malaga , une once ; tartrite antimonié de potasse, un grain. — On le donne à la dose de trente à quarante gouttes.
( Note du traducteur, )
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Dippelaii Uniment camphré. Les convulsions devenaient toujours plus rares ; enfin , au bout de huit jours, l'exercice des facultés de l'âme se rétablit ; six jours plus tard , la malade se mit tout à coup à marcher, et les mouvemens convulsifs se changèrent en des cris , et des courses désordonnées qui revenaient périodiquement tous les soirs 3 la malade continuait toujours de porter ses mains à la bouche, ce qui excitait la sécrétion de cet organe et celle da nez. Le mutisme persiste encore. Décoction dé valériane et de quinquina , vin antimonial ; tous les soirs une prise de calomel , et des frictions sur la colonne vertébrale et le cou avec le baume de vie de Hoffmann (i), et la teinture de cantharides. Trois semaines après, la parole était revenue , et la santé rétablie.
Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette
(i) Baujne de vie de Hoffmann : huile essentielle de lavande , de marjolaine, de girofle, de macis, de cannelle, de citrons, ana un scrupule; huile essentielle de rhiie , de succin rectifié , ambre gris ana demi-scrupule ; alcool , dix onces.
On fait le mélange dans un matras ; on laisse digérer lé loUt en agitaiit de temps en temps jusqu'à ce que KaMhre soit dissous ; on filtre et on le conserve dans un flacon bouché à lemèri.
{ Note du traducteur. )
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maladie, ce qui doit nous éclairer sur sa nature, qu'en même temps que la sanlé se rétablit, il se manifesta des éruptions croûteuses autour de la bouche, et des glandes considérables au cou. (i)
(i) Akenside, Charmeil , Borcleu , Bouvart, MM. Por» tal^ Salniade, Hufeland, etc., s'accordent à placer le mercure à la tête des moyens les plus efficaces contre le vice scrophuleux. Akenside prescrivait en même temps, sans néanmoins les combiner, le muriate suroxigéné de mercure , l'extrait de ciguë et le quinquina. La méthode de Charmeil roule sur l'usage de l'extrait de ciguë et du sulfure de mercure noir, plus quelques purgatifs de temps en temps. — ( Baumes loc. , cit, , p. 352 ). L'usage intérieur des eaux de Barèges et les frictions mercurielles font la base du traitement recommandé par Bordeu ( Dissertation sur les écroueUes ), Bouvart avait adopté presque exclusivement le sirop mercuriel de Bellet ; et M. Portai nous apprend que c( ce remède long-temps donné aux enfans à de petites doses dans de l'eau commune, eut , entre les mains de c6 praticien, les effets les plus surprenans. » ( Observations sur la nature et le traitement du rachitisme , p. 5. )
Le mercure fait aussi la base de la méthode de MM. Portai et Salmade ; mais ces auteurs lui associent ordinairement les anti - scorbutiques , moyens presque également vantés contre les scrophules , et dont l'association est d'autant plus heureuse, qu'ils détruisent mutuellement les inconvéniens reprochés à chacun d'eux. Tantôt ils mêlent une cuillerée à café de sirop de Bellet
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