IX. Fer et préparations ferrugineuses
Quoique le fer appartienne, à la rigueur , à la Ytï^vixçj classe que le quinquina, il en diffère sous plusieurs rapports. Premièrement, il est plus astringent, et comme tel pi us propre à condenser la fibre animale; il est aussi plus irritant, et conséquemment il excite davantage le système sanguin ; enfin il se mêle, se combine avec notre propre substance , puisque l'analyse chimique
sée dans l'eau , et prise en manière de café. M. Hufeland a , comme on vient de voir , une affection particulière pour cette infusion , très-employée par les médecins allemands. Depuis la lecture de cet ouvrage , je l'ai donnée quelquefois à des enfans scrophuleux dont la fibre était très-lâche ; je n'ai pas eu lieu jusqu'ici de m'en repentir; mais les observations que j'ai pu recueillir ne sont ni assez nombreuses^ ni assez concluantes pour me former une opinion. Cependant ;, s'il était permis , en médecine-pratique , de juger des effets d'un médicament par l'impression qu'il fait sur la langue , nous dirions qu'il en est peu de plus astringens que le gland. Il est encore digne de remarque que les cochons qui se nourrissent presque exclusivement de glands, ont la chair trèsferme y en sorte que s'ils produisaient les mêmes effets sur le corps humain , il n'est pas douteux qu'ils ne convinssent très-bien aux scrophuleux , et surtout à ceux qui ont les chairs mollasses , beaucoup de sucs et de gros«
ses formes.
( Note du traducteur. )
DE liA MALADIE SCROPHÜLEÜSE. 21 7
l'a retrouvé dans nos organes, dont il est destiné , sans doute, à augmenter la cohésion. Ce peu de paroles suffisent pour faire sentir toute Futilité d'un pareil moyen dans la diathèse scrophuleuse , où , pour le redire encore, l'irritation du système lymphatique n'est qu'une conséquence de sa fai blesse. Mais plus ce moyen est énergique , et plus il exige de prudence de la part de celui qui l'admnistre : les meilleures armes sont les plus dangereuses entre les mains de ceux qui ne savent pas s'en servir.
i*^. Le fer, disais-je tout à l'heure, est plus astringent que le quinquina ; il ne convient donc point dans les indurations fermes et immobiles où la cohésion n'est que trop considérable.
2°. Comme excitant du système sanguin , il est clair qu'il aggraverait l'état du malade s'il existait la moindre dispositionà l'inflammation. Avant d'administrer les martiaux, il faut donc y préparer les malades , non-seulement en calmant Firritation dont ils peuvent être affectés , mais encore en les affaiblissant à tel point, que ces moyens ne puissent développer en eux une trop forte excitation . Je considère cette préparation comme indispensable pour administrer le fer avec succès.
3°. Lorsque les poumons sont irrités , lors-
2l8 TRAITÉ^
qu'ils sont le siège de quelques petits engorgemens glanduleux , s'il y a de la toux , des douleurs passagères à la poitrine, gardez-vous de donner les préparations martiales , car elles détermineraient la phthisie scrophuleuse dont ces maladejs sont menacés.
4°. Même remarque s'il existe à l'intérieur un foyer de suppuration.
5°. Mais le malade est-il blond? a-t-il la fibre lâche? toute sa constitution annonce-t-elle la faiblesse? est-il disposé à la diathèse séreuse? Les préparations de fer font des miracles dans ces cas.
6°. De même, lorsque après un long usage, les résolutifs, et surtout ceux tirés delà classe des anti-phlogistiques et de celle des narcotiques, ne produisent plus aucun effet, alors, dis-je , les préparations martiales combinées avec ces moyens , ou administrées immédiatement après, réveillent la sensibilité que l'habitude avait émoussée, et protègent l'effet de leurs vertus curatives. En général, plus la faiblesse est grande , mieux les préparations martiales sont indiquées, et plus aussi elles sont efficaces.
7**. Mais c'est dans le rachitisme que le fer est souverain. Il est digne de remarque que les sujets affectés de cette maladie supportent
facilement le fer en substance, qui est au reste la meilleure manière de l'adminislrer. Il réussit très-bien aux enfans très-faibles. Je me sers souvent du mélange suivant : fer récemment pulvérisé , racine de rhubarbe, cannelle, ana, un grain ; carbonate de magnésie , deux grains ; sucre blanc, un scrupule. Mêlez et réduisez en poudre très-fine, pour une dose qu'on répèle matin et soir.
8**. A l'égard des formes à donner au fer, l'expérience m'a prouvé qu'il n'en est pas de préférable au fer en substance, réduit en poudre impalpable. J'estime aussi beaucoup l'éihiops martial ( oxide noir de fer). Mais à litre de fondant, je conseille de préférence les fleurs martiales ammoniacales (nuiriate de fer ammoniacal sublimé ) , le muriale de fer, )'é- Ihersulfurique martial, et même les eaux minérales ferrugineuses. C'est encore une trèsbonne manière d'administrer le fer que de l'incorporer dans un extrait amer. Enfin, j'ai beaucoup à me louer, dans le traitement de la maladie scropbuleuse, d'un mélange de fer et de sulfure d'antimoine. Ce mélange est particulièrement utile dans les affections aslhéniques, avec cachexie du système lymphatique.
L'usage extérieur du fer, et notamment des bains ferrugineux , est encore plus efficace
que son administration à l'intérieur. Nous reviendrons plus bas sur ce sujet.
Une fille âgée de quinze ans , d'une constitution slrumeuse , éprouva tous les signes qui précèdent ordinairement l'éruption des règles; mais il parut un écoulement blanchâtre qui devint bientôt tellement irritant que les parties génitales en furent excoriées. En même temps^ les glandes du cou et la lèvre supérieure se tuméfièrent, les pieds devinrent œdémateux. Je fis prendre à la malade, trois fois par jour, un scrupule de ciguë avec une infusion de bois de sassafras , de racine de garance et de bois de réglisse; pour le soir, des pilules de gaïac , de savon , de calomel et de soufre doré d'antimoine ; enfin , je fis faire des lotions avec l'eau de chaux à l'extérieur. Quinze jours après, l'œdème avait disparu , mais la leucorrhée et l'enflure des parties génitales subsistaient encore; néanmoins je crus devoir insister sur le même traitement en y joignant les pilules hal' samiques de Hoffmann. Au bout de quelques mois , les règles s'établirent , et l'état de la malade s'améliora assez sensiblement sous certains rapports ; mais les glandes se multiplièrent, le nez enfla et se couvrit de rougeurs, les fosses nasales s'obstruèrent, l'écoulement des parties génitales s'accrut ainsi que l'œdème
DE liA MALADIE SCROPHULEUSE." 221
des pieds. Je fis dissoudre quelques extraits amers avec un peu de tartre stibié dans un liquide approprié , et je prescrivis en même temps des pilules composées de galbanum, de sel ammoniac, de rhubarbe et de scille. Loin de s'améliorer, l'état chlorotique de la malade faisait toujours de nouveaux progrès. Alors, considérant que cet état dépendait du vice scrophuleux , je prescrivis un vin martial composé comme il suit : limaille de fer, racine de zédoaire , hellébore noir , écorce d'orange, ana , deux gros; mirrhe, un gros; faites digérer dans deux livres de vin. A prendre à la dose de deux ou trois onces par jour. L'état de la malade changeait à vue d'œil sous l'influence de ce traitement , les règles prirent leur cours naturel, l'écoulement vaginal et les symptômes scrophuleux se dissipèrent , et la malade se rétablit entièrement.
Un petit garçon de deux ans et demi , scrophuleux et rachitique , ayant des engorgemens glanduleux et les os gonflés , était si faible qu'il ne pouvait marcher. Je lui prescrivis d'abord un mélange de magnésie, de tartrate de potasse, de rhubarbe et de semences de fenouil. Voyant que ce traitement ne produisait aucun effet, je lui substituai une poudre composée de carbonate de magnésie, de semences de
aaa traité
fenouil , ana, deux gros ; racine de rhubarbe, tin gros; limaille de fer, réduite en poudre trèsfine, demi-gros; écorce de cannelle, un scrupule; sucre blanc, un gros. La malade prenait quatre fois par jour une pincée de ce mélange dans un peu d'eau. Telle fut Tefficacité de cette prescription , qu'après très-peu de temps il ne restait plus aucune trace, ni des scropbules, ni du rachitisme, (i)
(i) II n'est pas de médecin un peu versé dans la connaissance des scropliules , qui n'ait reconimandé l'usage du fer contre cette maladie. Il agit tout à la fois comme tonique et comme astringent ; c'est sur cette double propriété que sont fondées toutes ses indica-* lions. Il convient spécialement, pour ne pas dire exclusivement , aux constitutions froides, insetisibles , empâtées , dans les liydropisiés , les écôulemèns atoiiiques , et tontes les fois que la diathèse séreuse est plus ou moins prononcée. Parmi les préparations martiales^ il en est une très-active et très-pénétrante, connue sous le nom de fleurs de sel ammoniac martiales ( muriate ammoniacal de fer sublimé ) dont Pujol faisait un cas tout particulier. Ce remède , dit-il, que j'emploie souvent dans les écrouelles et dans beaucoup d'autres maladies chroniques, me paraît avoir tous les avantages des sels ferrugineux , sans en avoir les inconvéniens. Il possède avec sa vertu tonique, une Vertu vraiment apéritive. C'est un des remèdes fébriles dont on peuÇ tirer le meilleur parti chez les écrouelleux , où la dia-
X. Toniques aromatiques et Stimulans, —^ Sassafras y calamus aromalicus , aunée , etc.
Cest à tort qu'on ne fait pas un plus grand usage des substances aromatiques dans la nia-
thèse des sucs circulans tourne le plus souvent à r acide. Il me semble, ajoute-t-il, que je ne saurais assez en faire l'éloge dans ce cas , du moins lorsque la mobilité excessive du sujet ne fait pas craindre un trop grand incendie de l'effet de ce remède volatil. ( ŒJuvres de médecine pratique , tom. III, p. Il 3.)
Quoique Morton ait donné le fer avec avantage dans plusieurs cas de phtisie sccrophuleuse^et dans des toux opiniâtres de même nature, il ne faut se décider à l'emploi de ce moyen, qu'après le plus sévère examen; car il produit précisément des toux sèches , des chaleurs et des resserremens de poitrine qui doivent le faire proscrire pour si peu qu'il existe d'irritation , ou que les malades soient irritables. Pour éviter des répétitions inutiles , nous dirons , avec M. le professeur Baumes , que le fer et ses diverses préparations sont contre indiqués par l'état de la constitution, et les périodes de la maladie qui sont défavorables à l'emploi du mercure; et c'est ce qu'il ne faut pas perdre de vue , parce que les mauvais effets dus à la mauvaise administration d'un remède restreignent trop souvent l'usage avantageux qu'on pourrait en faire.
Quant au mode d'administration , je pense que de toutes les préparations de fer, la moins dangereuse et la plus généralement utile , est celle où ce métal se
ladie scrophuleuse, car Texpérience a prouvé qu'il n'est pas de moyens plus recommandables ; mais le sassafras mérite la préférence sur toutes les substances de la même classe.
1°. Comme il entre dans sa composition un principe astringent et une huile volatile, il est tout à la fois tonique et stimulant. C'est à cette double propriété qu'il doit la faculté d'exciter et de fortifier le tube digestif, de relever le ton général de la constitution , de rétablir les sécrétions , et notamment celle des reins et de la peau.
2°. C'est encore ce q ui le rend si précieux dans une foule de cas où la faiblesse des organes digestifs est si grande, que les toniques ordinaires ne produiraient aucun effet. On peut dire alors qu'il attaque le vice scrophuleux jusque dans ses bases, puisqu'il prévient l'altération de la lymphe, en assurant de bonnes digestions.
3°. En ranimant les forces vitales, il tire l'économie de l'état de stupeur où. elle était plongée; il condense la fibre dont le relâchement forme un des principes essentiels de la diathèse scrophuleuse ; il active la circulation , aug-
trouve le plus divisé ; telles sont les eaux minérales ferrugineuses dont nous parlerons bientôt.
( Note du traducteur. )
mente la chaleur animale • en un mot, il excite tous les organes, et particulièrement le système lymphalique et les glandes. Sous tous ces rapports, je considère le sassafras comme un des moyens fondamentaux du traitement du vice scrophuîeux, pourvu toutefois que Tusage en soit sou tenu. Ce que je dis de ce médicament est le résultat d'une expérience de douze ans; mais je préviens que je l'ai fréquemment employé pendant une année entière. C'est ainsi qu'avec ce seul moyen et le secours d'un bon régime, je suis parvenu à guérir complètement la maladie scrophuleuse.
4^. Non -seulement le sassafras détruit jusqu'à la disposition à cette maladie, mais il dissipe en même temps une foule de symptômes rebelles qu'elle produit. 11 n'est pas de meilleur moyen , toutes les fois qu'il faut susciter un mouvement fébrile , pour imprimer une secousse aux organes , et pour activer la circulation des fluides. Mais il paraît plus spécialement indiqué dans les affections cutanées, les indurations glanduleuses, et pour détruire la disposition scrophuleuse. Je dois dire aussi que l'infusion de cette même substance , secondée de temps en temps par quelques purgatifs, m'a suffi souvent pour guérir la teigne.
5®. A Taide de la fièvre artificielle qu'il fait ïiaître^ le sassafras a l'avantage de transjoorter le siège de la maladie scrophuîeuse de Tinlétieur à l'extérieur du corps, où elle va produire des éruptions , des abcès , des engorgemens , etc. , symptômes qui sont toujours plus fa cil es à guérir que ceux qui se développent à l'intérieur.
6°. C'est encore un très-bon moyen pour réparer l'état de faiblesse introduit dans la constitution par les mercuriaux , l'antimoine, les narcotiques ^ la baryte, etc. Aussi suis-je dans l'habitude d'accompagner l'usage de ces derniers moyens d'une infusion de sassafras, et je déclare que je n'ai qu'à m'en louer.
7**. Mais cette substance est nuisible chez tous les individus secs et irritables^ lorsque le système sanguin est excité, qu'il y a menace d'inflammation , et dans les cas de fièvre lente ^ ou d'un état colliquatif.
La meilleure manière d'administrer le sassafras est, à mon avis, de le faire infuser à chaud et de le faire prendre à froid. L'ébulli» tion a l'inconvénient de le priver de ses principes aromatiques auxquels il doit la plus grande partie de ses propriétés. Je le prescris ordinairement de la manière suivante : bois de sassafras, quatre onces; racines de réglisse
et de grance 5 ana , demi-once. Prenez une once de ces substances réunies et coupées par morceaux j et faites infuser dans une livre d'eau chaude : le malade en boira la moitié le matin et l'autre le soir. Cette infusion n'a rien de désagréable , et les enfans la prennent volontiers dans du lait avec un peu de sucre.
Dans les cas rebelles , je joins à cette infusion îa ciguë à la dose de deux ou trois gros : l'effet de ce mélange est d'augmenter l'activité du sassafras, et de dépouiller la ciguë de ce qu'elle peut avoir de dangereux.
J'ai employé quelquefois avec avantage Fliuile essentielle de sassafras ( recommatidée par M. Thilenius ) ^ en la mêlant avec une poudre anti-scrophuleuse , et notamment avec l'éponge brûlée et la ciguë ; mais ellq est tellement irritante qu'il ne serait pas sans danger de la donner aux enfans au-dessus d'uneigoutte paljour, (ï) ' •
(i) Toutes les substances aroinà tiques sont plus ou moins stimulantes. Les toniques et les Stimulans ne sont pas la même chose. Doux et paisibles dans leur action, les premiers produisent leurs effets d'une manière obscure et cachée. Ce n'est qu'après en avoir continué l'usage pendant un temps plus ou moins long , qu'ils
XL Narcotiques.
L'opium, la jusquiame, la ciguë, la belladone , La douce-amère , et tous les moyens qui
manifestent leur puissance : ils augmentent la tonicité des organes, et fortifient leur complexion sans les forcer à se livrer à des mouvemens violens ; leur impression est lente , modérée, mais elle est durable. Au lieu que les excitans accélèrent tous les mouvemens , précipitent toutes les fonctions , et usent les forces plutôt qu'ils ne les réparent : leur impression est vive , prompte , mai» elle s'évanouit avec la même rapidité.
De cette différence dans leur manière d'agir , dérive la variété de leUM applications pratiques. Nous nous sommes s\\^^^xn^enl expliqués sur les indications des toniques ; il nous reste à parler de celles des excitans , et notamment du sassafras qui ne possède cette propriété qu'à un assez faible degré. Si les toniques sont contre- indi^liés toutes les fois qu'il existe un foyer d'irritatipîi, à plus forte raison faut- il proscrire alors les ?sùifiJLib^;îis:,' ornais la même raisofi qui les fait rejeter dans ces cas, doit les faire rechercher dans les circonstances opposées. Ainsi, supposez un scrophuleux d'une sensibilitéTrbtnsë, et dont toutes les fonctions s'exécutent ^vec lenteur , il n'y a que les excitans qui soient capables de mordre sur ses organes, et de produire une impression assez pénétrante pour le tirer de cet étatd'engourdissement. Les toniques ne feraient que glisser sur une constitution aussi froide.
Les indications générales une fois établies , il s'agit de
composent la classe des narcotiques , sont fort employés par les médecins modernes. Doués de la propriété d'assoupir la sensibilité et Tirrilabilité , ils ôtent à nos organes la faculté de réagir, et maîtrisent, en quelque sorte, à leur gré, la force médicatrice de la nature. Mais, maniés par des mains habiles, ils ont produit des effets si extraordinaires , ils ont contribué à la gué-
faire choix d'un moyen curatif. M. Hufeland témoigne , comme on vient de le voir , une préférence bien marquée pour le sassafras dans les cas qu'il a déterminés. A la propriété stimulante générale ^ ce médicament joint la faculté d'agir spécialement sur le système dermoïde , ce qui le rend infiniment précieux dans les ulcères chroniques, les endurcissemens du tissu cellulaire , les transpirations ralenties, et dans toutes les affections atoniques situées à l'extérieur du corps. M. Prunelle m'a dit l'avoir employé deux fois avec le plus grand succès dans un endurcissement du tissu cellulaire qui tenait beaucoup de l'éléphantiasis. Enfin, le sassafras a la réputation de prévenir les métastases , et de rappeler la maladie dans son siège primitif lorsqu'elle l'a abandonné ; ce qu'il faut sans doute rapporter à la révulsion qu'il opère sur la peau. Non-seulement l'infusion de sassafras est préférable à la décoction , mais encore cette infusion doit se faire à vaisseaux clos pour prévenir l'évaporation de l'huile essentielle qu'il contient, efe à laquelle il doit très-probablement la plus grande partie de ses propriétés.
( No te du traducteur, )
23o TRAITÉ
risonde tant de maladies réputées incurables^ qu'on en fait chaque jour un plus grand usage. Il n'y a pas jusqu'à la maladie scrophuleuse où ils n'aient été employés avec beaucoup d'avantage. Quant à moi , je suis bien con* vaincu qu'il est des cas où ils sont absolument nécessaires, quoique je ne fasse pas difficulté d'avouer qu'on en abuse un peu. Cela tient à la manière générale dont on envisage aujour-, d'hui la pathologie. On ne peut nier , en effet, que les esprits n'aient une tendance manifeste à voir partout des affections nerveuses, lesquelles sont à la vérité fort communes de nos jours. En conséquence, on prodigue les narcotiques comme si leur abus ne pouvait être suivi d'aucun danger. Fondé sur leur manière d'agir et sur la nature du vice scrophuleux , je vais tâcher de déterminer leurs avantages et leurs^inconvéniens.
1°. Leur effet immédiat et essentiel est de diminuer la sensibilité, et même un peu l'irritabilité. Or, l'essence du vice scrophuleux consiste, comme nous l'avons dit, dans un état simultané d'irritation et de faiblesse du système lymphatique. Ainsi, les narcotiques peuvent bien convenir sous le premier rapport , mais ils ne conviennent pas sous le second ; et comme en général l'irritation dépend ici de îa
DE LA MALADIE SCROPHULEUSE. 2Jl
faiblesse, il s'ensuit que ces moyens ne peuvent produire qu'un soulagement momentané, même dans les cas les plus heureux. Il n'y a que les toniques, je le redis encore, qui puissent opérer une guérison solide et durable.
Mais lorsque l'irritation est primitive, ou du moins lorsqu'elle n'est pas la suite de la faiblesse , tout moyen qui diminue la sensibilité peut être utile. A ce titre, les narcotiques méritent une place distinguée dans le traitement de ce genre d'irritation. Ainsi, l'on conçoit qu'ils peuvent être indiqués dans les scrophules fausses , c'est-à-dire dans les tumeurs glanduleuses qui sont l'effet du vice vénérien , de la rougeole ou d'une métastase quelconque, en un mot toutes les fois que la faiblesse ne forme pas le principe de la maladie. Je me doute fort que c'est pour n'avoir pas assez bien distingué ces cas les uns des autres, qu'on a tant vanté l'opium dans la diathèse scrophuleuse.
2*». Soit qu'on donne les narcotiques à trop haute dose , soit qu'on néglige de les combiner avec les toniquss , on court risque de relâcher le ton général de la constitution , et de favpriser d'autant la disposition aux scrophules. (i)
(i) Leake pense q^^ue l'abus des narcotiques peutfaro-
3°. La plupart de ces moyens , et principalement l'opium 5 affaiblissent les forces digestives, qu'il est d'autant plus iuiportant de maintenir en bon état, que c'est une des sources principales de la maladie dont il s'agit.
4*^. Mais, quoique les narcotiques ne puissent être considérés comme des moyens cura^ tifs de la diathèse scropliuleuse , ils y sont quelquefois fort utiles pour combattre les acçidens qui peuvent la compliquer. J'entends parler ici des accidens nerveux, car, quelle que soit l'utilité des narcotiques, quelque variés que paraissent les effets qu'ils produisent, ces effets dérivent tous de leur propriété antispasmodique. Ainsi, c'est en détruisant les spasmes qu'ils favorisent la résolution des engorgemens. Je recommande spécialement à cet effet l'usage extérieur de ces moyens. Je connais des cas où l'opium en topique, la ciguë , l'extrait de belladone, etc. , ont fondu les engorgemens les plus durs : preuve inconlestable que ces engorgeinens avaient une origine nerveuse.
C'est en détruisant les spasmes qu'ils amé-
riser la maladie scropliuleuse et le rachitisme ; telle est
?iussi mon opinion. J? radical essaya on the diseases qf
tliQ viscera.
( Note de l'auteur. )
liorent la suppuration des ulcères , qu'ils rétablissent l'équilibre entre les sécrétions , qu'ils facilitent la résorption des épancliemens, etc. D'où il suit que toutes les fois qu'il n'y a pas une affection spasmodique à combattre, les narcotiques sont plus nuisibles qu'utiles.
Enfin , la propriété dont jouissent les narcotiques de diminuer la susceptibilité naturelle 5 les rend infiniment précieux pour tous les organes où cette susceptibilité se trouve exaltée ; tels sont les yeux , le poumon , etc. Et en efîiet , comme dans ces organes Tirritation passe facilement à la désorganisation , c'est beaucoup de diminuer leur disposition à l'irritation , lorsqu'on ne peut pas détruire la cause même qui la produit. De là vient leur utilité dans la phthisie scrophuleuse.
Il suit de ce que nous venons de dire , que les narcotiques sont incapables d'opérer la guérison de la diathèse scrophuleuse , mais qu'ils peuvent contribuer à sa guérison :
a. En réprimant l'action vicieuse du système ]3^mphalique.
h. En diminuant la disposition naturelle de ce système à Tirritalion.
c. En enlevant aux toniques ce qu'ils ont de trop irritant.
Mais toutes les fois qu'on juge à propos
d'administrer ces moyens , il faut les combiner avec les toniques pour prévenir les suites fâcheuses qu'ils pourraient amener; il faat s'attacher surtout à prévenir la faiblesse des organes digestifs , et je crois que ^ sous ce rapport , Tusage extérieur des narcotiques a de grands avantages sur Fusage intérieur.
T°. Ciguë,
La ciguë est un de ces moyens qui ont été trop vantés par les uns, trop décrédités par les autres. Cela tient , selon moi , aux variétés qu'elle éprouve, suivant le pays où on la cueille. J'ai eu occasion de me convaincre que celle qui vient dans les vallées et dans les pays humides, est beaucoup plus efficace que celle qui croît sur les montagnes. Je ferai, au sujet de la ciguë, une remarque qui peut s'appliquer à bien d'autres plantes; c'est que, dans les premières années de leur introduction dans la matière médicale, elles sont très-énergiques, puis elles perdent insensiblement cette énergie, et passent de mode. D'où vient cette différence? c'est que, dans le principe, le pharmacien friit venir ces plantes du pays où elles croissent naturellement ; tandis qu'à mesure que Tusage s'en répand , il les cnltive dans son jardin, et les prive par là de la plus grande partie
de leurs vertus originelles. Il faut donc cueillir dans leur patrie les plantes qui doivent leurs propriétés à quelque principe plus ou moins sublil. Qu'on pense ce que deviendraient la valériane et Farnica si chacun les cultivait autour de soi. Il en est de même de la ciguë. — Une autre cause de Tinefiicacilé de ces mêmes plantes dépend de la manière de les traiter par le feu ^ en effet , si on les soumet à une trop forte chaleur, le principe narcotique disparaît , et la plante perd toute sa force.
L'expérience m'a appris que la ciguë mérite d'occuper une place parmi les narcotiques qu'on peut faire servir à la curalion du vice scrophuleux. Elle agit spécialement sur les nerfs comme l'opium , la belladone , etc. : aussi est-elle nuisible aux enfans; elle affaiblit un peu les voies digestives et le ton général de la constitution; elle n'irrite pas; au contraire ^ elle diminue l'irritation. Elle est donc parfaitement indiquée dans les inflammalions scrophuleuses , dans les lésions des organes très-irritables, comme sont, par exemple, les poumons , existât-il même un peu de fièvre ^ ou la phlhisie. Enfin, la ciguë n'est pas moins utile dans le traitement des symptômes, tels que les engorgemens glanduleux, les ulcères, les éruptions de la peau , le carreau , etc. , que
dans le traitement delà maladie qui les produit.
Je donne volontiers le suc de cette plante , depuis dix jusqu'à soixante gouttes, avec les sucs d'autres végétaux. Je la donne aussi en poudre, ou en infusion (après avoir été préalablement sécliée avec soin), seule ou associée au sassafras, comme je l'ai dit en parlant de ce dernier moyen.
Enfin , l'extrait de ciguë associé avec Fanti-, nîoine, lemercure,la baryte, le quinquina, etc. y forme une préparation très-énergique; mais il faut qu'il sente très-fortement l'odeur d'urine de souris qui lui est naturelle.
L'usage extérieur de la ciguë dans les inflammations, les ulcères, les engorgemens, etc., soit en décoction, soit la dissolution de l'extrait dans un liquide approprié , est également trèsefficace. Nous parlerons plus bas des bains de ciguë.
Je vais rapporter quelques faits en confirmation des propriétés que j'accorde à cette plante. Sur trois malades, dont deux affectés de croûtes scrophuleuses à la tête, et l'autre, de la teigne , je les ai guéris tous les trois en leur faisant prendre matin et soir la poudre de ciguë avec une infusion de sassafras, et de temps en temps quelques purgatifs mercuriels; je faisais faire en même temps des fomentatioxis sur la tête de
DE I.A MALADIE SCROPHULEUSE. 2^^]
y un avec des compresses trempées dans une décoction de ciguë renfermée dans un nouet ; et sur celles des deux auîres, avec une dissolution aqueuse de l'extrait de la même plante. Un enfant de huit ans, ayant les glandes d a cou engorgées, asthmatique, et tourmenté d'une touxscrophuleuse sèche, prit une pondre composée de ciguë , de magnésie blanche etde soufre doré d'antimoine , avec une infusion de douceamère , tle sassafras et de racine de réglisse; il continua ce traitement pendant six semaines, et fut entièrement guéri.
Un autre enfant âgé de dix ans, outre qu'il portait des glandes engorgées, avait une tuméfaction considérable da nez depuis un mois. Il fit usage de la poudre de ciguë dont nous venons de parler ; il la prit encore en guise de tabac avec un peu de sucre et de mercure doux, et guérit.
Une fenime scrophuleuse fut prise, peu de temps après ses couches, d'une toux violente et continue , sèche dans le principe, humide dans la suite , accompagnée de quelques points pleuréliques passagers , de fièvre le soir, et de tous les symptômes de la phlhisie scroph uieuse. Après avoir inutilement essayé de plusieurs médicamens , je lui fis prendre des pilules de poudre et d'extrait de ciguë j dans le principe ,
là malade en prit dix grains par jour, mais insensiblement j'en portai la dose jusqu'à demigros ; je prescrivis une décoction de tussilage, de douce-amère, et de marrube blanc dans du petit-lait, et je fis appliquer un exutoire sur chaque bras; tel fut TefFetde ce traitement qde tous les symptômes, même ceux de la phthisie commençante , avaient disparu au bout d'un mois et demi.
Une autre personne du sexe , affectée de cachexie scrophuleuse, éprouvait depuis deux ans une perte blanche, et une suppression complète des menstrues • elle avait en outre un ulcère scrophuleux sur un pied. Je lui fis prendre la poudre de Plummer avec la ciguë , et Fulcère fut recouvert avec l'extrait de celte même plante. Ce traitement a si bien opéré que J'ulcère est entièrement guéri , quoique les menstrues n'aient pas encore reparu.
2°. Opium.
Partout ailleurs , l'opium est sans contredit le premier des narcotiques ; mais il en est d'autres qui lui sont préférables dans la diathèse scrophuleuse : en effet , il possède quelques propriétés qui le rendent peu recominandable dans cette maladie.
j**. J'ai toujours observé qu'il affaiblit consi-
DE LA MALADIE SCROPHULEUSE. ^5g
flérablement l'appareil digeslif , et qu'il trouble ses fonctions ; ce qui peut-être est un léger inconvénient lorsqu'on le donne pour remplir une indication passagère ; mais il n'en est pas ainsi dans une affection oi3| Ton doit en faire usage pendant long-temps, et qui compte une mauvaise digestion au nombre de ses causes essentielles.
Il est bien connu que Fopium supprime entièrement l'exhalation et la sécrétion du tube intestinal , et qu'il paralyse ses mouvemens péristaltiques • c'est ce que prouvent la soif, la sécheresse de la gorge , et la constipation ; la chylification ne se fait pas, et cela même est une nouvelle cause du vicescropliuleux. Veuton s'opposer à ces inconvéniens par des purgatifs, on affaiblit encore plus les malades.
3°. Rarement dans celte maladie les premières voies sont-elles bien libres : or, Toj^iuni ne convient jamais lorsqu'elles ne le sont pas.
4°. Il dispose aux sueurs colliquatives , et par conséquent il augmenterait cette divsposition si elle existait déjà.
5®. On ne saurait user de trop de précautions quand on donne l'opium aux cnfans. J'ai observé plusieurs fois qu'une forte dose, ou l'usage soutenu de ce médicament, peu ven f déterminer à cet âge un engourdissement de la sen-
sibilité qui s'étend facilement à toute î'écono^ mie ; d'autres fois il agit à la manière des poisons enivrans, et produit des congestions vers la tète, et même des apoplexies mortelles. Je connais un cas où douze gouttes de laudanum liquide , prises à la fois , ont suffi pour tuer un enfant : qu'on juge d'après cela s'il est prudent de donner l'opium comme poudre tempérante à l'exemple de quelques médecins.
Quoi qu'il en soit , je vais exposer, pour me résumer, le résultat de mon expérience sur l'emploi de ce médicament dans la diatlièse scrophuleuse.
1°. Il est incapable d'opérer une guérison solide et durable du vice scrophuleux.
2°. Mais il est très-efficace dans les ulcères scrophuleux, ou autres qui s'accompagnent de douleur. J'ai guéri quelquefois les ulcères les plus rebelles avec la poudre de Dower, qui mérite dans ces cas la préférence sur toutes les autres préparations d'opium. Il semble aussi qu'il n'est pas de moyen qui lui soit comparable pour détruire les spasmes fixés à la peau , et pour rétablir l'exhalation.
3°. Il convient dans les engorgemens douloureux , dans les inflammations spasmodiques 5 en un mot , toutes les fois qu'il y a dou-
leur, et, chose remaïquabJe , il agit d'autant mieux qvie la sensibilité est plus exaltée.
l\^ . Il est souvent fort utile en topique pour dissiper les engorgemens scrophuleux, rebelles, dans les ophthaîmies scrophuleuses, et dans d'autres inflammations, et d'autres ulcères.
3°. Jusquiame.
Excepté qu'elle est moins énergique, la jusquiame a les niênies propriétés que l'opium, sans en avoir les inconvéniens. En effet,, loin de resserrer le ventre, elle agit plutôt comme laxatif; elle n'est donc pas aussi formellement contre- indiquée par l'embarras des premières voies. Elle n'excite ni la soif, ni des congestions vers la tête; enfin, elle n'échauffe pas comme l'opium ; de sorte qu'il n'y a aucun danger à la donner lors même qu'il existe un peu de fièvre. Je Tïï^en sers beaucoup plus volontiers que de l'opium dans les maladies des enfiins.
Je l'emploie dans le vice scrophnleux, comme anli-spasmodique, dans la vue de calmer une trop forte irritation, les spasmes, ou les convulsions qui en résultent quelquefois; comme résolutif, pour dissoudre les engorgemens glanduleux, et notamment les tubercules du poumon qui sont accompagnés de toux.
Enfin , la jusquiame produit de très-bons
effets dans les inflammations donlourenses et dans les ulcères qni sont placés sur des |:»arties naturellement très-sensibles. Appliquée en fomentation su ries yeux avecles fleurs de mauve, et quelques gouttes d'extrait de saturne, elle est fort utile dans les opliLhalmies scrophuleuses.
4°. Belladone,
Autre moyen héroïque , incapable , il est vrai, comme tous les médicamensde la même classe , de guérir radicalement le vice scrophuleux, mais très-efîicace contre certains symptômes. La belladone est principalement recommandable dans les tumeurs glanduleuses qui menacent de dégénérer en squirrhe , dans les ulcères chroniques et calleux, et dans les spasmes convulsifs qui sont le produit d'une irritation scrophuleuse.
Toutefois cette plante ne serait peut-être pas sans danger, mais il est" facile de corriger ce qu'elle peut avoir de nuisible , et de l'approprier à la constitution de l'enfance en préparant un oximel de belladone comme on prépare l'oximel scillitique.
Je citerai le fait suivant à l'appui de ce que je viens d'avancer.
Un enfant fut affecté, dans la première an-
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née de sa vie, cîe croûtes au visage, et de glandes engorgées autour du cou qu/on combailit heureusement avec l'étliiops minéral (sulfure de mercure noir ) , et l'infusion de sassafras. L'année suivante, il devint rachilique, et guérit de ce nouveau symptôme avec la teinture de Darels et les bains toniques. Mais, quel* que temps après, il se manifesta un pliénomène bien singulier : lorsque cet enfant ouvrait la bouche pour parler ou pour pleurer, il ne pouvait plus la refermer. Cet état{ espèce de catalepsie du poumon) se changea bientôt en épilepsie. Je fis un mélange de parties égales de la teinture de rhubarbe de Darels, et d'oximel de belladone. Le malade en prenait soixante gouttes, soir et matin , dans une infusion de racine de valériane et de feuilles vertes d'oranger. Ce traitement fut suivi du plus heureux succès.
ô*'. Douce-amêre,
La douce-amère est un moyen précieux. Elle a la double propriété de favoriser la résolution des engorgemens , et d'exciter les sécrétions; ses effets narcotiques sont assez légers , à moins qu'on ne la donne à très haute dose. Elle a le grand avantage de ne pas troubler la digestion, et d'exciter l'appétit plutôt que de l'émousser.
Elle est recommandable , i°. pour favoriser la cure radicale du vice scro})l]Lileux ; c'e>t un très-bon correctif du quinquina, du lichen d'Islande, et de tous les toniques.
2°. Dans les éruptions rebelles de la peau, et dans les ulcères scrophuleux. Mais pour connaître toute l'efficacité de cette plante, il faut en augmenter toujours la dose. Je commence ordinairement par une demi-once chaque jour en décoction , et j^augmente progressivement jusqu'à ce que le malade éprouve des vertiges. Je l'ai portée quelquefois jusqu'à deux et trois onces ; c'est alors qu'on peut apprécier toute sa puissance.
3*^. Dans la toux, l'asthme, l'engouement et la douleur du poumon , et même dans la phthisie commençante. J'estime particulièreîuent la douce -amère dans ces cas, parce qu'elle a l'inappréciable avantage d'enlever l'irritation et de faciliter l'expectoration , en fortifiant doucement les organes respiratoires. C'est ainsi que j'ai guéri plusieurs fois la phthisie scrophuleuse dans son premier degré, et les affections pituiteuses du poumon; dans ce dernier cas , j'associe le lichen d'Islande à la belladone avec le plus grand avantage. Dans une circonstance, j'ai été assez heureux pour faire cesser une toux sèche, d'origine scrophu-
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leuse, et qui durait depuis plus d'un an , avec une simple décoction de douce-amère.
La meilleure manière d'administrer ladouceamère, est de la donner en décoction et en extrait. M. AI ihofF recommande spécialement les pilules composées avec l'extrait et l'antimoine cru (sulfure d'antimoine ). (i)
(i) C'est ici qu'il faut ranger la nicotiane : une petite fille d'un an et demi, présentait tous les symptômes de la diallièse scrophuleube : le ventre dur et gros, les excrémens décolorés , la tête grosse , le visage bouiE , le nez et la lèvre supérieure tumétiés , la pupille dilatée, etc. Presque toujours tourmentée par la faim, la petite malade éprouvait un appétit particulier pour le tabac en poudre ; son médecin lui permit d'en prendre une petite cuillerée tous les jours ; elle en continua l'usage pendant deux ans, avala de temps en temps quelques doux purgatifs, et guérit parfaitement dans cet intervalle. Cette enfant a maintenant quatorze ans, et s'est toujours bien portée. Fischer, dus. cit. ( Note de l'auteur. )
Il pourra paraître singulier que M. Hufelancl, qui a rangé les narcotiques au nombre des causes capables de produire la diathèse scropliuleuse , place ces mêmes moyens parmi les agens thérapeutiques qu'on peut opposera cette maladie II est très-vrai qu'ils n'en sont pas les moyens curatlfs, l'auteur lui-même ne les donne que comme auxiliaires dans les circonstances qu'il détermine. Ces circonstances sont toutes étrangères à la nature de l'affection principale , mais elles l'accompagnent souvent^ La première indication des narcotiques se déduit du siège