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XIV. Éponge brûlée

L'éponge brûlée est peut-être le plus puissant de tous les moyens pour fondre les engorgemens glanduleux d u cou . Il semble qu'elle exerce une action spéciale sur le système lymphatique , ce qu'il faut sans doute attribuer aux principes alcalins et empyreumatiques qui en-

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trent dans sa coraposilion, puisque les autres^ subtarices animales également calcinées, telles que la semelle de soulier et les étoffes de laine , possèdent des propriétés analogues.

L^éponge est principalement utile dans les engorgemens glandulaires, et notamment dans le goitre , dans les affections pituileuses , lorsque la sécrétion des urines languit^ et dans les liydropisies qui dépendent du vice scrophuleux, ainsi que je le prouverai bientôt.

Mais je dois faire observer que Fadministration de cette substance n'est pas sans danger chez les personnes dont les poumons sont trèsfaibles et très-irritables. J'ai eu occasion de me convaincre plusieurs fois qu'elle les irrite au point d'occasionner la toux, un crachement de sang; quelquefois même elle va jusqu'à déterminer la fièvre hectique. Si donc il existait des tubercules dans le poumon , il ne serait pas impossible que l'éponge brûlée les fît passer à l'état d'inflammation et de fonte , ou de suppuration.

C'est ce qui m'engage à recommander la lessive d'épongé de préférence à la poudre. Je connais peu de préparations de cette substance plus énergiques que celle-ci : prenez éponge cou pée et grillée^ mais non charbon née , une once. Faites bouillir dans une livre d'eau.

îBt laissez infuser pendant douze heures ; passez et ajoutez à la colature quelques gouttes d'une eau aromatique; à prendre par cuillerées toutes les trois heures, dans les cas de faiblesse extrême, compliquée d'une vive irritation; j'ai fait usage plusieurs fois, avec un grand succès, de cette préparation à laquelle j'ajoutais l'extrait de quassia et de myrrhe, ainsi que le laudanum liquide ou l'extrait de jusquiame. Secondée par les toniques , l'é-^ ponge n'est pas seulement palliative , elle est curative de la diathèse scrophuleuse.

Une fille de vingt ans, d'une constitution scrophuleuse , ayant un grand nombre de glan-* des du cou engorgées , éprouvait depuis quelques mois de l'oppression de poitrine, un enrouement , de la céphalalgie ; les règles étaient rares. Je lui fis prendre la lessive d'épongé indiquée avec le vin antimonial d'Huxham et l'extrait de jusquiame ; pour boisson ordi° naire, une infusion de douce-amère ; un emplâtre de poix de Bourgogne entre les épaules. Après vingt-quatre jours de ce traitement, les glandes étaient fondues en grande partie, la respiration était libre 5 un mois après , la guérison était complète.

Un jeune homme de dix-huit ans était tourmenté , depuis plus d'un an , d'une oppression

de poitrine considérable. Il avait en outre les glandes du cou engorgées, et une toux pituiteuse trës-fiéquente. L'antimoine, la gomme ammoniaque, lesavon,ladouce-amère, l'arnica, Téthiops anlimonial, le gayac et la ciguë, furent employés sans succès. Enfin , on fit prendre au malade, deux fois par jour, une poudre composée d'épongé brûlée, un demi-gros; yeux d'éorevisses, ciguë , ana, douze grains ; et de deux jours l'un , les pilules de Janin (i). Ce

(0 pilules de Janin : (c Prenez de séné mondé, tjne livre ; de crème de lartre, deux onces ; faites bouillir le tout dans quatre pintes d'eau , jusqu'à réduction de moitié ; passez le liquide à travers un linge , avec forte expression ; versez-le ensuite dans une casserole de fer /et faites-lè bouillir sur xin feu de charbon ; ajoutez -y peu à peu les drogues suivantes , en poudr© subtile, agaric^ mécboucan, rhubarbe^scammonée d'alep, , brionne, bermodattes, de chaque, six onces; turbith gommeux, gomme gutte, trochiques alhandal ^ mercure doux, tartre émétique , de chaque, deux onces; safran de mars apéritif, sel de nitre, de chaque , huit onces; jalap, aloès succotrin , de chaque, une livre; éthiops minéral fait par la trituration, quatre onces; agitez sans cesse ce mélange avec une spatule de fer y et prenez garde qu'il ne brûle dans le fonds ; diminuez le feu à, mesure que l'ensemble prendra plus de consistance ; et dès que la masse sera assez ferme , formez-en dés pilules de la grosseur d'un pois ; saupoudrez-les

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traitement pjoduisil bientôl un mieux sensible; en moins d'un mois , l'oppression disparut en lié renient, quoique les glandes du cou ne fussent pas encore complètement fondues.

Une femme de pius de trente ans, qui avait eu des engoigemcns glanduleux et d'autres symptômes de la diaihèse scropliuleuse , était affectée d'un catarrhe chronique, accompagné de toux et d'oppression de poitrine; elle avait aussi les yeux rouges. On employa tour à tour la douce-amère, le lichen d'Islande, l'antimoine, le quinquina , le quassia et les extraits amers; on ouvrit des exutoires, le tout sans succès. Peu à peu l'œdème s'empara des pieds, et le cours des ujines se ralentit. Aux moyens que îious venons d'indiquer, on substitua le sénéga et la scille. Mais l'enflure des pieds augmentait toujours; enlin , l'œdématie devint géné-

avec le jalap , et faites-les sécher au soleil on à l'étuve. La dose de ce purgatif, qui convient singulièrement dans les maladies des yeux causées par un vice scrophuleux, est de dix pilules pour les adultes, de .sept pour les enfans au-desious de huit ans, et d'une moindre dose pour ceux d'un âge au-dexsous. On les donne de quatre en quatre jours , remplissant les jours libres par l'usage d'un opiat anti-scrophuleux , ou des pilides mercurielles. » ( Baumes , Traité du vice scrophuteux , p. 3 2y . )

( Note du traducteur. )

raie, et l'ascite se mit de la partie. L'asthme et la toux faisaient chaque jour de nouveaux progrès, et ne permettaient plus à la malade de se livrer au sommeil. La seule fut administrée 4 sous toutes les formes , tantôt combinée avec ' les anti-spasmodiques , tantôt avec les toniques; point d'amendement. Alors considérant que le vice scrophuleux était le principe de tous les symptômes que nous venons de signaler, je prescrivis la lessive d'épongé à la dose d'une cuillerée à bouche toutes les trois heures , avec ' une dissolution de terre foliée de tartre (acétate de potasse ) dans l'oximel scillitique ; plus, une décoction de racine de saponaire et de bardane. Après quelques jours de ce traitement, les urines commencèrent à couler plus abondamment qu'à l'ordinaire, et devinrent claires et transparentes de brunes qu'elles étaient. Huit jours plus tard , le cours des urines était excessif et surpassait de beaucoup la quantité de boisson que la malade prenait ; l'enflure du bas-ventre et des extrémités diminuait sensiblement. La toux était plus rare , l'oppression de poitrine moins considérable. La malade transpirait abondamment toutes les nuits. A huit jours de là, les pieds étaient réduits à leur volume naturel , et celui de l'abdomen avait diminué de moitié. Cependant il reparut un

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peu plus d'oppression et beaucoup de faiblesse ; ce qui me décida à ajouter une décoction de quinquina aux moyens indiqués. Dès lors tout alla de mieux en mieux , et quatorze jours après il ne restait aucune trace de Fhydropisie du bas-ventre; la malade avait recouvré ses forces. — Il est évident que. dans ce cas, la lessive d'épongé a mieux fait que les diurétiques les plus vantés, (i)

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