XIX. Gaïac
Le gaïac est certainement un des moyens les plus irritans des organes sécréloires et du systemelymphatique.il favorise presque toutes les sécrétions , les selles , les urines , la transpiration, etc. • il excite même le système sanguin ; aussi ne saurait-il convenir aux sujets trèsirritables, encore moins à ceux qui son! disposés aux inflammations. Il ne convient pas non
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plus pour détruire entièrement la diatlièse scrophuleuse ; mais il est d'autant mieux indiqué dans les cas de faiblesse et de relâchement , surtout lorsqu'il faut ranimer la circulation et les sécrétions, délivrer le corps des mucosités qu'il contient , provoquer des mouvemens critiques , résoudre des obstructions. Mais le gaïac n^est jamais plus efficace que dans les blennorrliagies scrophuleuses, dans les engorgemens indolens , et dans les affections cutanées de nature scrophuleuse. Ce moyen , combiné avec le soufre et l'antimoine , produit alors les plus heureux effets.
J'ordonne , dans ces vues , la résine de gaïac en poudre, à la dose de cinq à dix grains pour les enfans, et jusqu'à trente grains pour les adultes, trois ou quatre fois par jour, associée avec la magnésie , la racine de Colombo et les semences de fenouil ; je la prescris aussi en pilules avec le savon de Venise, l'extrait de pissenlit et le soufre doré d'antimoine , ou danâ une émulsion de gomme arabique, avec une décoction de douce-amère pour boisson.
A la suite d'une fièvre scarlatine, compliquée d'une angine assez intense, une femme âgée de cinquanteans,d'une constitution scrophuleuse, fut prise d'une inflammation superficielle, mais constante , de la partie postérieure des fosses
nasales ; en sorte que la malade éprouvait la sensation d'un bouchon situé derrière le voile du palais. Elle était délivrée de cette incommodité , s'il paraissait des rougeurs au visage , ou des engorgemens glandulaires au cou ; il en était de même lorsqu'il se faisait un écoulement abondant par le nez, qui était habituellement bouché. J'ordonnai des pilules avec la résine de gaïac, l'extrait de douce-amère et le soufre doré d'antimoine ; une décoction do douce-amère , de bois de gaïac et de salsepareille; un gargarisme et des injections dans le nez avec une décoction de feuilles de ciguë j enfin , je fis appliquer des vésicatoires derrière les oreilles , et la malade guérit parfaitement.
Un enfant de dix ans , scrophuleux, était affecté depuis long-temps d'un catarrhe nasal très-intense , accompagné d'un écoulement fétide, souvent mêlé de sang. A ces symptômes se joignit une Ophthalmie. Je prescrivis à ce petit malade les mêmes pilules qu'au sujet de l'observation précédente , j'entretins la liberté du ventre avec le mercure doux , et je lui fis renifler souvent une décoction de myrrhe et de ciguë dans du lait. Je composai un onguent avec le précipité rouge (oxide rouge de mercure) , pour le.s yeux , et mon malade fut guéri dans trois semaines.
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