XX. Tussilage pas-d^âné
Quoi qu'en disent quelques médecins modernes , il s'en faut que le tussilage soit dépourvu de toute propriété. Toutefois cette opinion ne me su rprend pas de la part de ceux qui veulent juger des vertus des médicamens sur leur saveur, leur odeur, ou sur l'espèce de réaction qu'ils provoquent dans l'économie. Je conviens que le tussilage ne possède aucun de ces caractères ; mais c'est, à mon avis, une mauvaise manière de raisonner; et pour moi, je n'écoute que l'expérience quand il s'agit de prononcer sur les vertus des substances médicinales.
Or, l'expérience m'a appris que le tussilage produit de très-bons effets dans les obstructions des glandes, dans les éruptions cutanées, la teigne, et principalement dans la toux et les affections pulmonaires qui dépendent du vice scropliuleux.
Mais , comme il n'est point irritant , il convient particulièrement aux sujets doués d'une grande sensibilité , aux enfans délicats , dans les toux d'irritation , surtout chez ceux dont les poumons sont naturellement très-irritables. Quant à la manière de l'administrer, on peut donner le suc frais de tussilage à la dose de
deux ou trois onces, plusieurs fois par jour; ou préparer une décoction avec une once de cetteplantejpour consommer dans la journée. J^ai vu plusieurs fois des engorgemens scrophuleux opiniâtres, des éruptions cutanées, etc. , disparaître en peu de ternps sous Pinfluence de ce moyen administré comme nous venons de ]e dire.
Les fomentations de tussilage produisent aussi de iiès-bons effets dans les inflammations des yeux, les ulcères, la teigne. J'ai vu plusieurs fois les feuilles fraîches de cette plante, appliquées sur des éruptions croûteuses , provoquer la chute des croûtes et déterger la partie.