XXV. Exutoires
On a beaucoup discuté sur les avantages et les inconvériiens des exutoires dans la maladie scrophuleuse; je crois avoir remarqué qu^on ne peut les considérer, dans aucun cas, comme curatifs ; quelquefois même ils sont plus nuisibles qu'utiles par Firritalion qu'ils provoquent et la faibles^ic dont ils sont suivis.
Mais ils sont quelquefois précieux pour remplir des indications particulières ; comme par exemple, i°. pour détourner l'irritation ou l'acrimonie scrophuleuse lorsqu'elle menace de se porter sur des organes importans. Sous ce rapport, ils sont très-avantageux dans les ophthalmies violentes , dans la lippitude , les affections des poumons, etc.; les plus irritans sont les plus puissans.
Je crois avoir préservé plusieurs enfans de l'hydropisie du cerveau, à laquelle ils étaient
gorgeraens du foie, les spasmes, l'hypocondrie, etc. Telle est la célébrité dont ces lavement jouirent pendant long-temps en Allemagne , que les gens riches du nord de l'Europe , aifectés de quelques maladies chroniques du bas-ventre , se rendaient en foule à Hanovre , pour y être traités par leslavemens viscéraux, sous les yeux mêmes de leurs inventeurs.
( N^ote du traducteur. )
2g2 TRAITÉ
disposés, en leur faisant appliquer un exutoire au bras. Je ne citerai qu'un seul fait, mais il est remarquable.
Un enfant avait échappé à une première attaque de cette maladie , mais il conservait une disposition à la récidive dont il s'était préservé jusqu'ici par l'application d'un cautère au bras. Les pàrens croyant que ce moyen était devenu inutile , le supprimèrent , et bientôt i'enfant fut pris d'une seconde attaque de la même maladie, à laquelle il succomba.
i"". Pour dissiper les congestions locales , les obstructions, les tumeurs des articulations ^ et le gonflement des os. — Ils doivent celte propriété à l'irritation qu'ils produisent , irritation en vertu de laquelle ils déplacent les spasmes, favorisent l'absorption, et par suite la résolution des fluides qui forment la matière de l'engorgement. Les exutoires sont fort recommandables dans tous ces cas; mais , pour en obtenir tous les effets qu'ils Bont susceptibles de produire, il faut qu'ils soient très-irrilans , et les faire suppurer pendant longtemps. Le moxa , les larges vésicatoires , le garou , tels sont les exutoires les plus puissans.
5°. Pour guérir les affections chroniques de la peau. — La plupart des maladies de ce genre
DE liA MALADIE SCROPHULEUSE. ^95
dépendent d'un défaut de transpiration et d'un spasme fixé sur le siège même qu'elles occupent, et qui entretient conlinuellement une sécrétion vicieuse. Les révulsifs triomphent de toutes ces causes , et de plus , ils ont Tavanlage de fournir à la nature un nouveau moyen de décharge qui remplace très-bien le premier. Il n'est pas rare que ces éruptions persistent , malgré l'emploi des meilleurs remèdes intérieurs, et quoique la cause qui leur avait donné naissance n'existe plus. Alors elles sont purement locales , et les moyens intérieurs sont désormais inutiles. C'est principalement dans ces cas que les bains et les exutoires sont indiqués; mais il faut les appliquer très-près du siège du mal , et préférer le cautère à l'application de l'écorce de Mézéréon , parce qu'elle irrite la peau dans une trop grande étendue, (i)
(i) Les exutoires onl trois sortes de propriétés qui les rendent recommandables dans le traitement du vice scrophuleiix. Ils sont irritans , anti-fluxionnaires ou révulsifs , et évacuans. Parla première de ces propriétés^ ils conviennent dans tous les cas on le malade a besoin d'être stimulé ; cependant on les prescrit rarement dans ce but^ du moins dans les affections chroniques, parce que la thérapeutique a des moyens plus puissans. On les ordonne beaucoup plus souvent à titre de révulsifs.
2g4 TRAITÉ »?
XX VI. Bains.
Les bains simples sont en général si utiles dans la maladie scrophuleuse, que nous les
c'est-à-dire pour déplacer la maladie lorsqu'elle se porte sur un organe important , tels que les yeux , le poumon , etc.
Comme évacuans, les exutoires conviennent aux sujets replets , dont la fibre molle et lâche est abreuvée d'une trop grande quantité de sucs. Ce n'est pas à dire que la matière morljifique s'évacue par la suppuration qu'ils fournissent ; mais je considère et je préconise ici les exutoires comme de nouveaux organes sécrétoires dont les fonctions peuvent être utiles au reste de l'éco-' nomie , par l'emploi qu'ils font des matériaux dont elle est surchargée.
Quoique ces trois propriétés soient communes à tous les exutoires ^ cependant ils ne les possèdent pas au même degré ; le choix de ces moyens doit donc varier suivant le cas. Pujol préférait le vésicatoire à tous les moyens de la même classe , pour déterminer des écoulemens prompts et abondans , et lorsqu'on croit nécessaire , pour donner plus d'intensité à t' excitation générale , de joindre ce stimulant extérieur aux autf^es excitans qu'on doit prendre intérieurem,ent. Mais l'excitation qu'il détermine est superficielle , et s'eiTace promptement;de sorte que si l'on a besoin d'une irritation soutenue , comme c'est l'ordinaire dans les affections chroniques, le vésicatoire ne peut remplir cette in-^ ^ication, à moins de l'irriter à chaque pansement^
avons placés au nombre des moyens diététiques; mais ils le sont bien davantage lorsqu'on
ce qui devient extrêmement douloureux , et ce qui ne peut convenir aux sujets très-irritables ^ comme on en rencontre fréquemment parmi les scropliuleux.
Les cautères sont préférables aux vésicatoires. Si leur première application est très-doulaureuse, du moins lorsque la suppuration est bien établie, l'irritation se borne dans une petite étendue , et ne réveille que les sympeithies des organes malades , au lieu que l'action du yésicatoire retentit dans toute l'économie. En second lieu , la suppuration déterminée par les cautères est plus profonde , elle vient du tissu cellulaire, et cette circonstance est peut-être plus importante qu'on ne pense. En effet, si l'on peut se contenter des rubéfians dans les cas où le siège de la maladie est superficiel , l'expérience semble avoir démontré qu'une suppuration abondante et prolongée , fournie par le tissu cellulaire sous-cutané^ est absolument nécessaire lorsque la maladie est située très-profondément. Bordeu dit plus généralement, « que de tous les remèdes palliatifs , le cautère est celui qui suspend le plus efficacement le progrès des écrouelles , oft qui retarde le plus leur développement. Nous voyons, ajoute- 1- il , tous les jours des Espagnols cliargés d'écrouelles qu'ils ont suspendues par les cautères qui conviennent, et que nous employons surtout lorsque le mal gagne, par exemple, les yeux, qu'il est important de dégager fort vite, parce que , pour peu qu'il se fasse de suppuration dans ces parties , elles ne reprennent jamais leur disposition naturelle : elles restent toute la vie sujettes à des fluxions fort incommodes. Les cautère«
les fait servir de véhicule à des substances medicaniPiileiises : ces substances a.'^îssent par ab-
nous ont souvent empêché ces accidens^ et nous (îonnentle temps de préparer la cure radicale, qu'il faut toujours diriger sans se prcoser. » ( Dissert, sur /es écrouelles), M. Portai fait également un grand ih^age des cautères dans la maladie scropliuleu.e , et principalement lorsqu'elle afiécte les poumons. Dan.s ce dernier cas, il les fait appliquer à la face interne du bras, parce que le tissu cellulaire de celle région communique plus directement avec Tinterieur de la poitrine. ( Observations sur la nature et le tixiitement de la phtJiisie -pulmonaire ).
Depuis quelque temps, on semWe donner la préférence au moxa sur tous iei a>,tres evnîoirei : mais comme ce moyen est extrêmement douloureux , el qu'il faut le répéter souvent, il faut le réserver pour les cas les plus graves , tels que les affections organ ques des os ; en-^ core même trouve-t-on des praticiens qui lui préfèrent alors le cautère. Ainsi , M. le professeur Fage.s dit que, dans la maladie vertébrale , il a reln-é plus d'avantages de ce dernier moyen que du premier.
Je ne terminerai pias Cette -note sans blâmer l'abus qu'on fait des exotoires dans le traitement du vice ;scrophuleux. Il e.t des médecins qui les prescrivent indis^ tinclemerit à toii-i les malades, ils ignorent sans doute qu'il faut des forces, une surabondance de vie pour fournir aux frais d'une suppuration continuelle. Combien de fois h'ai-je pas entendu le professeur Dubois s'élever co-ntre ces praticiens routiniers, qui font ap-^ pliquer un cautère ou un vésicatoire sur de pauvres
DE I.A MALADIE SCUOPHULEUSE. 2(^J
Sorption , et par l'impression qu'elles exercent sur le système nerveux. Sous ce double rapport , il me paraît qu'on ne fait pas un assez grand us;^ge des bains ; ils sont à la peau ce que lés lavemens sont à l'intestin rectum.
1°. On uiénage, encore plus qu'avec les lavemens, l'eslomac et les forces digesiives.
2". On évite les inconvéniens qui pourraient résulter de fingestion des niédicamens dans un estomac embarrassé, et [\m se prête aux idiosyncrasii s des nia^ades. On sait qu'il est des personvîes que l'usage intérieur de la ciguë fait vomir, tandis qu'elles la supportent très-bien h l'exteiieur.
' Les! effets même des poisons résultent assez sôuAènt dé la sensi-Mlilé particulière de Pestomac. En eifet-, si l'on met les mêmes substances en cmitacf avec un autre système, elles cessent d'agir 'comirie poisons; tel est, par exemple, le sublimxé corrosif ( mtniate suroxigéné de mercure). Introduit dans l'estomac, il détermine les accidens de l'empoisonnement à la dose d'un ou deux grains, tandis qu'on peut l'appliquer impunément sur la peau pendant
enfans, chétifs^ qui ne demandent qu'un bon régime et de bons alimens !
' ( Aote du traducteur. )
un mois entier, à la close de huit, dix et douze grains chaque jour.
3**. On préserve les substances médicamenteuses des changemens que les forces digestives leur font subir trop souvent dans l'estomac.
/i"". On agit plus immédiatement sur le système lymphatique général , siège primitif de la maladie scrophuleuse ; ce qui n'est pas une chose indißerente, comme il est aisé de s'en convaincre en jetant un coup d'œil sur les autres maladies. Il arrive , par exemple , quelquefois dans la syphilis, qu'on épuise toutes les préparations mercurielles sans succès ; et les frictions de sublimé à la plante des pieds, selon la méthode de Cirillo, font disparaître la maladie en très-peu de temps. Il enestde même des scrophules. Les mêmes moyens qui ne produisent aucun effet lorsqu'ils sont administrés à l'intérieur, agissent de la manière la plus heureuse , appliqués à la surface du corps. Il est encore à remarquer que par cette dernière voie , on peut les employer à dose bien plus forte.
5^. Dans les affections scrophuleuses de l'extérieur du corps, les bains sont indispensables. Il n'est pas dans ces cas de moyens plus puissans pour corriger le vi,ce des sécrétions , pour
résoucîre les spasmes et les glandes engorgées, pour dissiper les éruptions cutanées, et pour cicatriser les ulcères.
6^. Ajoutez à cela que les mêmes substances administrées en bain sont moins irritantes , et produisent sur le système nerveux une impression plus douce et pins générale que lorsqn'elles sont introduites dans l'estomac. C'est pourquoi les bains tièdes conviennent spécialement aux sujets très-irritables , et dans les maladies d'irritation.
Mais , pour en obtenir tous les effets qu'on peut s'en promeltre, il faut que les malades restent dans Feau pendant une heure, ou tout au moins pendant une demi-heure.
Jusqu'ici je n'ai parlé que des bains en général 5 je passe aux bains médicinaux qu'on peut employer avec succès dans la maladie scrophuleuse.
I®. Bains de Malt (1). Ces bains n'ont pas été appréciés à leur juste valeur. A l'avantage d'être toniques , ils joignent celui d'être nourrissans , et de produire une bonne lymphe.
(1) Orge macérée , germée et séchée dans une étuve : telle, en un mot, qu'on la prépare pour la fabrication de la bière.
( JSfot^ du traducteur. )
3oo TRAITÉ
Cest ce qui les rend si précieux dans l'atonie , la consomption, le dépérissement, les obstructions, et la tendance au scorbut. On peut ajouter à l'orge , avec un égal avantage , le quinquina ou la ciguë, suivant le cas.
2®. Bains savonneux. Ils possèdent à peu près les mêmes propriétés que les précédens, et satisfont aux mêmes indications; on combine utilement la ciguë avec le savon.
La dose de cette dernière substance est de cinq à six onces pour chaque bain,
5^. Bains de ciguë. La ciguë m'a réussi dans des cas où tous les autres moyens avaient échoué. Les bains de ciguë favorisent souvent l'action des moyens intérieurs. Je les ai d'abord employés sur la recommandation d'Hoffmann, et je voudrais aujourd'hui pouvoir contribuer à en répandre l'usage. Je les fais préparer ordinairement avec quatre, cinq , ou six poignées de feuilles de ciguë, aussi fraîches que possible ( car elles perdent beaucoup de leurs propriétés par la dessication), pour les enfans; huit à douze poux les adultes, avec un peu de menthe , de camoinille , et six ou huit livres de son de froment : le tout renfermé dans un sachet de toile, bouilli pendant quelques- minutes dans une quantité suffisante d'eau , et soumis plusieurs
DE LA MALADIE SCROPHULEUSE. 5oi
fois à la pression : puis on verse cette décoction dans le bain , et même le sachet qu'on peut tenir appliqué avec beaucoup d'avantages sur les parties afFectées. Le malade reste d'abord un quart d'heure dans le bain. Pour le préserver des vapeurs qui s'élèvent , on étend un drap sur la baignoire , et on lui fait respirer souvent un linge trempé dans le vinaigre.
L'usage journalier des bains de ciguë, et continué pendant plusieurs semaines, produit des effets vraiment extraordinaires. Ils fondent les engorgemens les plus opiniâtres, hâtent la guérison du carreau , et font cicatriser les ulcères. J'ai même guéri par ce moyen lin de ces gonflemens lymphatiques des os , qui sont , en général , si rebelles. Administrée de cette manière , la ciguë peut être portée à très-haute dose, sans produire aucun des inconvëniens qu'on reproche à l'usage intérieur des narcotiques , surtout chez les enfans faibles et délicats.
Au reste , si les malades sont très-affaiblis , ou si l'on a déjà fait un grand usage des résolutifs, on associera le quinquina à la ciguë avec beaucoup d'avantage.
4^. Bains de quinquina y d'écorce de saule , de calamus aromaticus , et des autres végétaux aromatiques et astringens. Il est beau-
5o2 TRAITÉ
coup (le cas où ces substances sont encore plus efficaces, appliquées à i'exiérieur qu'administrées à rintérieurraussi je les mets au nombre des moyens curatifs les plus puissans de la diathèse scrophuleuse , pourvu toutefois qu'on les emploie d'une manière assez continue. Ce mode d'administration a l'avantage d'être moins irritant, et d'agir d'une manière uniforme sur toute la surface du corps.
Je commence ordinairement par les bains de ciguë, puis j'ajoute à la ciguë le quinquina , et je termine par des bains ferrugineux ou de quinquina seulement.
Une décoction de trois onces de quinquina, ou, ce qui revient à peu près au même , de quatre à cinq onces d'écorce de saule , suffisent pour un bain. On rendrait ce bain plus actif en ajoutant les fleurs de lavende, de camomille romaine, la menthe ^ le thym, la sauge ou le scordium. S'il existe un os affecté de Cirie ou de spina-ventosa, on ajoutera le calamus aromaticus y la sabinei ces derniers moyens peuvent être employés en bains locaux avec le même avantage, et dans les mêmes circonstances.
Les bains toniques sont tellement efficaces, | que, dans très-peu de temps , ils rendent
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aux enfans les plus affaiblis et les plus chétifs leur première vigueur et leur gaîté naturelle ; souvent même ils arrêtent la fièvre hectique.
5^. Bains ferrugineux. Us sont encore supérieurs aux bains de quinquina; mais plus ils sont toniques et plus il serait dangereux d'y recourir tant qu'il existe encore des symptômes d'irritation, et de violer les règles que nous avons exposées en parlant des préparations de fer.
Je me sers ordinairement de la boule de mars (tartrate de potasse et de fer ) , ou du sulfate de fer ( environ deux drachmes pour chaque bain). Je suis convaincu qu'il n'est guère de moyens plus puissanspour compléter la cure des scrophules.
6®. Bains de soufre et de chaux. L'utilité de l'eau de chaux et du soufre dans les engorgemens glanduleux est assez connue.
Pour moi, je fais un cas tout particulier des bains composés avec ces deux substances. Pulvérisez grossièrement une livre (un quart pour les enfans ) de chaux vive et autant de soufre; faites bouillir dans vingt livres d'eau ; laissez reposer pendant douze heures ; décantez et versez la liqueur dans le bain. Traité de la même manière jusqu'à quatre fois, le sédi-
5o4 TB AIT É
ment peut 'servir successivement pour quatre bains différens.
Les bains dont nous parlons doivent certainement figurer parmi les ressources les plus puissantes de i'art. Ils m'ont paru très-utiles dans les affections goutteuses tes plus rebelles, clans les spasmes, dans les liémorroïd es anomales (où Fusage extérieur du soufre est souvent encore plus ciiicace que l'usage intérieur ), dans les éruptions galeuses les plus opiniâtres, et dans les ulcères. Ils méritent aussi d'occuper une place distinguée dans le traitement des symptômes les plus rebelles de la maladie scropliuleuse; tels sont entr'autres les indurations glanduleuses chroniques , les endurcissemens du tissu cellulaire, les éruptions de la peau , et les tumeurs des articulations.
Mais ils ne conviennent point aux sujets très-irritables, aux lempéramens sanguins, ni aux scorbutiques , etc.
7**. Bains de mer, bains minéraux de muriate de soude. Les bains de mer sont un des bons moyens curatifs de la diatbèse scropîiuleuse ; c'est ce que prou ve sans réplique les expériences qu'on a fliites en Angleterre, en Allemagne, à Doberan(i),et sur lap]u])artde noscôtes mari-
(i) Bains de mer très-renommés. (Mecktembourg).
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times. On peut lire à ce sujet l'ouvrage de M. Vogel sur les bains de mer. Ce n'est pas seulement au muriate de soude et au muriate de chaux qu'ils contiennent qu'ils doivent cette propriélé;ilsemblequereaudemer,parlesmouvemens dont elle est sans cesse agitée, ait quelque chose d'animé qui ne se retrouve ni dans j'eau de rivière, ni dans aucune autre source. Cependant les bains domestiques chargés de muriate de soude jouissent à peu près des mêmes propriétés (i). Il faut en dire autant des bains naturels de muriate de soude , principalement lorsqu'ils contiennent quelque principe spiri-* tueux , comme par exemple ceux de Pyrmont j que j'ai vu dissiper les engorgemens glanduleux les plus prononcés, en quelques semaines,
(i) Je crois que M. Hufeland est dans l'erreur. Nonseulement les bains domestiques chargés de muriate de soude ( sel de cuisine ) ne peuvent suppléer les bains de mer , mais encore il existe une très-grande différence dans ces derniers, suivant qu'on les prend dans le port, ou hors du port Les premiers sont infiniment moins actifs , moins efficaces que les seconds ; d'où l'on peut conclure que c'est moins aux principes salins que l'eau de mer tient en dissolution qu'aux mouveraens dont elle est agitée qu'elle doit ses propriétés, M. le professeur Delpech est tellement convaincu de cette vérité, qu'il sollicita la faveur d'établir un bâtiment approprié pour
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8°. Bains froids. Les bains froids appartiennent à la classe des bains médicinaux. Il ne faut pas les confondre avec les bains tièdes dont nous avons parlé en traitant de la diététique; ils irritent, déterminent un mouvement de spasme et de constriction sur tout le corps, et lui impriment une secousse générale ; cela même les exclut du traitement des maladies d'irritation, des catarrhes, des obstructions, des endurcissemena lymphatiques , ainsi que des affections pulmonaires. Mais ils sont éminemment indiqués dans tous les cas d'atonie, soit pour compléter la cure des scrophules, soit pour en prévenir la récidive. Ils sont encore plus utiles dans le rachitisme, puisqu'ils suffisent quelquefois pour en opérer la guérison radicale sans le secours d'aucun autre moyen. Enfin les bains froids, chargés d'un principe irritant , comme le sel de cuisine, vont de pair avec les bains de mer et les bains salins naturels, (i)
radministration des bains , hors du port de Cette ; mais l'autorité, ciaignant sans doute desaccidens, crut devoir la lui refuser , en sorte qu'il a pris le parti de faire I)aigner ses malades sur la plage : là , les flots vont se briller contre eux , et c'est à la secousse qu'ils en reçoivent, qu'ils doivent en grande partie, les avantages qu'ils en retirent. ( JSote du traducteur. )
(i) De tous les naoyens proposés contre la diathèse
DE LA MALADIE SCROPHULEUSE. 3o7
MOYENS TOPIQUES ET TRAITEMENT LOCAL DES SYMPiÔMES.
Dans les cas les plus simples, les symptômes extérieurs ne réclament aucun traitement par*-
scrophuleuse , le bain froid est celui dont Cullen faisait îe plus de cas; il va même jusqu'à dire que c'est le seul dont il ait relire des succès sensibles et un peu conätans, {Institut, de ?néd, parag. , 1 769 ) Pujol le met pareillement au-dessus de tous les autres moyens ; c'est le toni-^ que , s'écrie- t-il, c'est l'anti-scrophuleux par excellence ! Tout au plus peut-il nuire aux poitrines délicates ou déjà attaquées de scropliules , aux écrouelleux qui se trouvent dans des circonstances inflammatoires , et , en général , à ceux qui portent des embarras confirmés par une longue existence , et disposés à subir la dégénération suppuratoire , squirrheuse ou carcinomateuse. [£ssai sur le vice scrophuleiix ,119).
Mais Pujol puisa cet éloge plutôt dans ses idées théoriques que dans sa pratique ; car il nous apprend luimême qu'il a fait peu d'usage du bain froid , parce qu'il existait dans son pays ( Castres ) des préventions invincibles contre ce moyen. Cet estimable médecin pensait que la fièvre est l'instrument de guérison de toutes les maladies chroniques ; et cette idée était tellement importante dans sa doctrine, qu'il attribuait tous les succès des mercuriaux^ des antimoniaux , des sudorifiques , etc. , dans le traitement du vice scrophuleux, à la faculté qu'ils ont de faire naître des raouvemens fébriles. Toute la difficulté consistait^ selon iui^ à faire un bon choix entre ces
5o8 TRAITÉ
ticalier ; dans loiis , le traitement général est toujours le pins sûr et le plus efficace. Lorsque
moyens Stimulans , pour adapter le genre et l'intensité de la fièvre à l'âge , au tempérament, a l'état de la maladie^ et aux autres circonstances qu'un praticien instruit évalue avec facilité lorsqu'il a bien saisi les indications curatives. Or^ parmi les moyens propres à produire la fièvre , Pujol mettait les bains froids au premier rang. Rien n'imite autant les fièvres naturelles , dit-il , que ' le bain réellement froid ; il excite un frisson piquant et les secousses d'un tremblement vraiment fébrile. Si , au sortir du bain , on met les malades dans un lit chaud , et si on a soin de les bien couvrir , on voit qu'il naît bientôt chez eux une grande chaleur avec accélération des pulsations artérielles. La fièvre se termine à la fin par une crise de sueurs qu'on peut soutenir et pousser aussi loin qu'on le veut par des boissons chaudes et diaphorétiques , et par des couvertures. C'est là un paroxysme fébrile très-complet ; et ce paroxysme , réitéré pendant quelque temps , et après des intervalles raison- nable s , donne de la vigueur à tous les organes , raffermit spécialement la peau , etc.
Toutefois, en insinuant que Pujol a peut-être exagéré l'efficacité du bain froid contre le vice scrophuleux, je ne prétends pas dire que ce moyen soit sans vertu dans cette maladie. Je le crois au contraire très-puissant ; mais il veut être manié par des mains habiles.
Le froid produit deux effets bien distincts : le premier de ces effets est débilitant pour tout le monde; le second varie suivant l'état de l'individu sur lequel il agit. Si cet individu est assez fort^ à la première impression suc-
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les moyens généraux suffisent pour détruire les afTeclions locales , comme il arrive souvent , la guérison des malades n^en est que plus solide. Au lieu que lorsqu'on a mis à contribution les topiques , il est toujours à craindre que la maladie ne reparaisse, ou ne se porte sur une autre partie. Malheureusement il arrive quelque! quefois qu'on ne peut s'en passer ; il est même des cas où les symptômes locaux persistent après la disparition de la dia thèse scrophuleuse , et réclament impérieusement des applications locales. En général, il faut combiner les moyens extérieurs avec les moyens intérieurs , et les faire concourir au même but.
cède une réaction plus ou moins vive ; le froid détient tonique pour lui : s'il est trop faible , le second phénomène n'a pas lieu , et le froid est débilitant. Il suit de là que le bain froid ne convient pas aux scrophuleux affectés d'irritation^ ni à ceux qui sont trop faibles : la réaction dont il serait suivi deviendrait nuisible aux premiers ; le défaut de réaction le serait aux seconds. Alors même qu'on n'a pas à craindre ces inconvéniens , il faut encore administrer les bains froids avec précaution, surveiller attentivement leurs effets, et favoriser le retour des forces à la périphérie du corps par des boissons chaudes , des frictions^ etc.
( Note du traducteur. )
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