I. Ejigorgemens glanduleux ^ endurcissemens ^ tumeurs j etc
Le traitement intérieur sriffit sou vent, comme nous venons de le dire, pour détruire la diathèse scrophuJeuse et ses effets. Mais il est aussi des cas où Ton a besciiu de seconder les moyens intérieurs par Faction des topiqvies.
La première règle à suivre dans l'administration de ces derniers , est la suivante : il faut, autant que possible, chercher à résoudre les glandes engorgées, et non à les fnire suppu^ rer. En effet, outre qu'il est souvent plus difficile de provoquer la suppuration que la ré^ solution , si la tumeur finit par s'abcéder, il en résulte un ulcère scropholeux , de mauvaise nature , et l'engorgement ne disparaît pas tou-* jours ; en sorte qu'on ne retire aucun avantage de la suppuration.
Si donc vous voyez un engorgement qui commence à rougir (t à devenir douloureux, gardez vous de Le couvrir de fomentations irritantes pour en hâter la maturité. Vous aug-^ menteriez sûrement Fatonie qui , comme nous l'avons dit si souvent , est le principe fondamental de la maladie. Il faut chercher, au con-^ traire, à favoriser la résorption de la matière de l'engorgement en le couvrant de résolutifs |
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ce qu'on obtient assez souvent , parce que l'inflammation scrophuleuse est toujours passive et chronique. S'il se forme un foyer de suppuration , ce n'est qu'à la longue; encore alors ]es topiques irrilans sont-ils infiniment préférables aux anti-phlogistiques ordinaires. Les vérilabies anti-phlogistiques sont ici le quinquina , le mercure, l'eau froide, la ciguë, et les corroborans.
Parmi les moyens dont l'expérience a signale' l'efficacité contre leseugorgemens scrophuleux, il faut ranger :
J** Les sels volatils. Le uniment volatil ordinaire (surtout si l'on substitue l'huile camphrée à l'huile simple , et si l'on y fait entrer l'amuioniaque pour le tiers) est très-énergique quand on répète les frictions toutes les deux heures, et qu'on tient la partie malade constamment enveloppée avec une flanelle ou une toile cirée.
Voici la formule d'un onguent que j'emploie très-souvent avec succès : Prenez onguent d'althœa , une once ; fiel de bœuf, savon de Venise , ana , trois gros ; huile de pétrole , deux gros; sel volatif de corne de cerf (sous-carbonate d'ammoniaque ) , demi-gros 5 camphre, un gros; mêlez, et fiiites un onguent dont on se servira pour frictions , à la dose d'une cuillerée
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à café toutes les trois heures. J'en ai retiré de très -grands avantages dans les indurations glanduleuses les plus rebelles, non-seulement dans celles qui sont placées à Fe^xtérieur da corps, mais encore dans celles qui sont si! nées à l'intérieur, comme, par exemple, dans le carreau. C'est donc un très-bon moyen dans les obstructions du mésenière el clans celles du foie. Cet onguent a encore l'avantage d'expulser les vers qui compliquent si souvent la maladie scrophnleuse ; mais k^rsqu'on a Fin-^ tention de l'employer comme anihelm intique, il faut le rendre plus actif en ajoutant un demi' gros de tanaisie.
2°. U onguent apec la digitale pourprée^ Cet onguent se prépare avec le suc de cette plante ; il a l'avantage de ue causer qu'une légère irritation de la peau, et d'être un puis-^ sant résolutif.
S'*. L^ onguent mercuriel. L'onguent mercu^ riel ordinaire est déjà très-actif; mais il l'est bien davantage composé comme il suit :
onguent de digitale pourprée, demi -once 5 mercure soluble d'Hahnemaiin , demi-scrupule.
4°. L^ huile de pétrole. Excellent résolutif: employée en fiictions sur le bas-ventre, l'huile de pétrole est anthelmintique. La meilleur©
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manière de s'en servir est de la mélanger avec Fongnent mercuriel.
5°. Le camphre. Employé à haute dose, le camphre fait dt^s pr(>diges quand il s'agit de résoudre des engorgemens très- rebelles. Le mélange suivant est des plus efficaces : Prenez camphre, une once; triturez avec ammoniaque liquide, trois gros; ajoutez huile d'olive, demi-once.
6^. U opium ^ la ciguë , la belladone , la jusquiame y soitle suc, soit en feuilles fraîches et contuses , en lotions , en extrait ou en poudre,
7'^. La gom.me ammoniaque y le galhanum^ Vassa-fœtida y principalement lorsqu'ils sont dissous dins l'oximelscillitique.
8^. Le fiel de bœuf liquide ou épaissi. C'est un très-bon résolutif. Je m'en sers très-souvent, soit en combinaison avec les onguens dont nous avons déjà parlé , soit à la manière de Roncallis : Prenez bile récente de bœuf; sel comrriün, trois cuillerées à café, auiant d'huile de noix ; mêlez et faites un onguent avec lequel on frictionnera plusieurs fois par jour les indurations gUmduleuses.
9°. La seilte est un excellent résolutif. On a guéri quelquefois l'hydrocéphale avec de simples lotions répétées d'oximel scillitique.
Un vieux praticien m'a donné comme un
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secret la recette suivante, que je recommande expressément : Prenez une certaine quantité de racine de scille coupée ; faites bouillir dans une lessive caustique jusqu'à consistante de mucilage : coulez avec expression , et ajoutez un peu de miel , et ce qu'il faut d'onguent basilicum pour faire un onguent épais. Cet onguent a la propriété de résoudre les glandes scrophuleuses et les lumeurs lymphadques les. plus opiniâtres , sans les faire passer par la suppuration.
lo. Les emplâtres» Il est probable que l'application des em pi aires n'a d'au t re a van tage que d'entretenir un bain continuel de vapeurs autour de la partie malade, et de la soustraire au contact de l'air. Ce qui me porte à penser ainsi, c'est qu'en général la plupart des substances dont ils sont formés sont assez insignifiantes. Quoi qu'il en soit, ce sont de très-bons résolutifs. Tout le monde sait qu'on obtient quelquefois les mêmes effets de simples emplâtres de poix ou de résine. Je crois que ces moyens sont trop négligés; combien de fois n'ai-je pas guéri par leur secours des engorgemens qui avaient résisté aux onguensles plus vantés! Cependant je combine^ ordinairement ces deux mé'bodrs;jefais donc (ciire cbaquejour des frictions sur les parties malades avec un onguent ,
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e\ puis je les couvre avec un emplâtre. Le plus efficace de tous les moyens de ce genre est le suivant : emjilâtre de gaibanum safrané , ciguë, ana demi-once: camphre , un gros ; huile de pétrole , deux gros ; sel volatil de corne de cerf { sous-car bona le d'ammoniaque ) , demi-gros. Mêlez. On peut ajou'er avec avantage l'emplâtre mercuriel , ou le mercure soluble d'Hahneniann.
Il ne f.iut jamais oublier que , par la nature même des substances dont les emplâtres sont composés, par la chaleur et la transpiration qu'ils entretiennent sur la partie malade, ils sont très-sujeîs à produire une irritation de la peau qui peut se coaununiquer aux parties soujacentes , et délerminer la suppuration. Aussitôt que la peau commence à rougir , il ■faut donc suspendre l'usage de ces moyens. Dans les mêmes vues, on mêle quelquefois l'emplâtre de plomb aux autres substances, (i)
(i) Je ne puis ni'empêclier de remarquer à ceUe occasion, qu'un Anglais, M. Hennig , préconise dans nn autre but les emplâtres résineux comme les meilleurs moyens, soit pour opérer la résolution des tumeurs scropliuleuses , soit pour obtenir une suppuration de bonne qualité ; mais il recommande expressément d'attendre que l'abcès soit entièrement formé ; ensuite on l'ouvrç avec précaution ;, on évacue le pus, et l'on dé-
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1 1°. Les substances salines. Les principales sont le sel ammoniac ( m uriale d'ammoniaque ),
termine , par la compression , une inflammation adliésive. Je suis complètement de son avis sous le premier rapport, mais nullement sous le second. En effet, lorsqu'il se forme un abcès, si cet abcès finit par s'ouvrir, il est bien rare qu'il §oit en notre pouvoir de prévenir sa dégéiiération en ulcère scropliuleux et les suites interminables de ce nouveau symptôme. Seulement dans les cas les plus heureux , il se forme un nouvel engorgement, en sorte que le malade n'y gagne rien. Cependant il ne faut rien préjuger ; il est possible que des observations ultérieures en décident autrement : c'est ce qui m'engage à consigner ici la métliode du médecin anglais. Dès qu'on aperçoit un engorgement glanduleux , on le couvre d'un emplâtre gommeux assez grand pour dépasser les bords de la tumeur, et puis on abandonne la nature à ses propres forces. Si l'engorgement est encore peu considérable , la chaleur constante et modérée entretenue par l'emplâtre , suffira pour le faire résoudre sans aucun danger pour la constitution. Le léger engorgement qui reste quelquefois .\la peau comme signe de l'inflammation adhéaive dont il a été le siège , n'est d'aucune conséquence. Mais l'engorgement est-il considérable, et par conséquent sa résolutiou peut-elle être funeste à la santé générale , l'emplâtre le préservera du contact de l'air extérieur , s'opposera même à son absorption, et lui conservera, par sa chaleur, le degré d'irritation nécessaire pour le fixer dans le siège qu'il occupe.
Cette différence entre les engorgemens glanduleux se
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respritcleMindérérus( acétate d'ammoniaque), le sel de cuisine ( muriate de soude), l'alcali
laisse facilement apercevoir au bout de quelques jours ; c'est pourquoi l'on doit , dans tous les cas , lever l'emplâtre le troisième ou le quatrième jour. Si la tumeur a diminué de volume , si la surface en est rouge , si elle est sensible, on laissera l'emplâtre ou on le renouvellera, et l'on donnera le soir quelques petites doses de mercure doux et un léger purgatif le lendemain matin pour faciliter la résolution déjà commencée; mais si la glande, au lieu de diminuer, s'est accrue ; si elle est très-douloureuse , si la peau qui la recouvre est très-rouge et trèsdure , il faut tâcher de déterminer la suppuration. Pour cela , on la couvrira avec un cataplasme composé de parties égales de baume d'arcœus et de mie de pain bouillie dans le lait , avec la précaution de l'appliquer aussi chaud que le malade pourra le supporter sans souffrir, et de le renouveler deux fois dans les vingtquatre heures. (Dans beaucoup de cas , j'ai trouvé préférable un mélange de parties égales de térébenthine de Venise , de miel écume et de blancs d'œufs , avec suffisante quantité de farine de froment, pour lui donner une consistance moyenne entre l'emplâtre et l'onguent. Il n'est pas besoin de renouveler cette application.) 11 faut examiner la tumeur au moins de deux jours l'un. Dès que la fluctuation est manifeste , toute l'étendue de la tumeur est molle et élastique, excepté la base qui peut être encore engorgée par l'effet de l'inflammation. Mais cet engorgement n'a aucun rapport avec les glandes scrophuleuses. C'est alors qu'on introduit horizontalement uue lancette à lame étroite et plate jusqu'à la
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(potasse), la terre pesante salée ( maria te de baryte).
partie moyenne de la tumeur, précisément dans le point intermédiaire entre la ba.se et le ramoliis.;ement de la tumeur. Si la quantité de pus qui s'écoule ne surpasse pas une cuillerée et demie , on xide complètement l'abcès en pressant la peau dans tous les sens, et l'on réunit exactement les bords de la plaie avetî des bandelettes agglutinatives ; celles-ci sont recouvertes de deux autres plus larges et plus grandes qu'on fait passer dans tous les sens; et par-dessus tout cela une compresse graduée , assujettie par trois tours de cravates aussi serrés que le malade peut les supporter. De l'épaisseur de cette compresse dépend la compression de l'abcès et la liberté du reste du cou. Deux ou trois jours après , on peut diminuer cette compression; mais il est prudent de laisser encore les bandelettes agglutinatives pendant autant de temps. Si elles causent de la douleur par la compression qu'elles exercent sur les bords delà plaie, on les mouillera avec une éponge.
De cette manière, les deux surfaces de l'abcès se collent l'une à l'autre, sans laisser entre elles la plus petite cavité. La plaie résultant de l'ouverttïre guérit sans suppuration , et devient imperceptible. Enfin l'humeur scrophuleuse n'est pas absorbée , mais évacuée tout à coup.
Maissila quantité de pus contenue dans l'abcès remplit au-delà d'une criillerée et demie , il faut réunir exactement les bords de l'ouv^erture, comme nous l'avons dit, immédiatement après que cette quantité f.Vst écoulée : la compresse graduée est inutile ; cependant il est bon de
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12**. Les astringens, La faiblesse formant le principe de tous les engorgemens scrophu-
passerune cravate autour du cou, ou une espèce de bandage inguinal ( spica ) qu'on serre modérément. Deux jours après , on soulève ces bandelettes agglutina tives, après les avoir préalablement mouillées avec une éponge^ pour donner issue au pus qui reste , s'il ne surpasse pas la mesure assignée, et ainsi de suite jusqu'à l'entier épuisement. Il n'est pas besoin de faire observer qu'il faut à chaque fois fermer exactement l'ouverture faite à l'abcès , afin d'empêcher l'introduction de l'air. Enfinj, lorsque l'abcès est entièrement vidé , on applique une compresse graduée sur les bandelettes agglutinatives , comme il a été dit. Cette compresse doit être changée tous les deux jours ^ ou mieux tous les jours, pour exercer constamment une compression uniforme ; faute de cette précaution ^ on court risque de voir l'inflammation se renouveler, et donner lieu à une nouvelle accumulation de pus.
De même , lorsque la quantité de pus ne permet pas, de vider l'abcès en une seule fois^ on introduit entre les lèvres de la plaie un morceau d'épongé auquel on attache un fil de soie pour le retirer à volonté.
Si des flocons d'albumine viennent se placer devant l'ouverture faite par la lancette, on les repousse avec une sonde , ou l'on agrandit l'ouverture^ et l'on retire prudemment ces flocons avec une pince très-fine.
La tuméfaction et la rougeur, compagnes inséparables de l'inflammation , s'évanouissent peu à peu d'elles-mêmes. Pour calmer l'inquiétude des malades y je leur fais faire uue ou devis fois par jour des friction»