‹ Traité de la maladie scrophuleuseChapitre 77 sur 94 · I. Faiblesse générale , et notamment des os et des ligamens · texte numérisé non relu

I. Faiblesse générale , et notamment des os et des ligamens

La faiblesse peut être naturelle ou acquise. Un régime débilitant , quelle qu'en soit la cause, dispose donc les enfans au rachitisme. Et en effet , n'est-ce pas la force des ligamens et des muscles qui maintient le corps dans sa rectitude naturelle? Tout ce qui tend à diminuer cette force , tend donc nécessairement à priver le corps des avantages qu'elle lui procure.

II. Tout ce qui prédispose à la maladie scro' phuleuse , et tout ce qui la produit.

Nous avons énuméré ces causes clans la pre» mière section de cet ouvrage ; il serait superflu d*y revenir. Notre but, en ce moment , est de les signaler comme la source la plus commune des déviations de la colonne vertébrale* Un enfant, par cela seul qu'il est scrophuleux, porte en lui le germe de la maladie qui nous occupe ; en sorte que cette maladie n'attend qu'une occasion ftivorable pour se développer. Ce développement arrive quelquefois fort tard, et lorsqu'on l'attend le moins.

Le vice scrophuleux peut produire la difformité du rachis, soit en affaiblissant le ton généra! de la constitution , et spécialement celui des ligamens , soit en s'opposant au développement naturel des os, ou en établissant sur eux le siège d'une absorption vicieuse, soit enfin par des métastases.

III. La même attitude {soit assis j soit de* bout , ou autre ) lojig-temps soutenue dans les premières années de la vie.

La position assis où le corps est plié en deux, est une source de maux que les anciens ne con-

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naissaient pas , parce qu^ils étaient plus souvent couchés qu'assis. Cette attitude est tellement contraire aux vœux de la nature, qu'elle est une des causes principales de la déviation de la colonne vertébrale. Premièrement , les vertèbres pressées les unes contre les autres, et gênées dans leurs mouvemens, ne tardent pas à devenir immobiles ; ensuite il est si pénible pour des enfans de tenir le tronc dans une direction perpendiculaire , qu'il penche presque toujours de quelque côté , les vertèbres se déjettent, et les progrès de la croissance ne font que consolider la difformité. Et cet effet est d'autant plus à craindre que lorsque le corps repose tout entier sur les tubérosités ischiatiques , les muscles du dos et des lombes qui tiennent le tronc dressé sur le bassin , tombent dans le relâchement. Non-seulement cette position vicie la direction de la colonne vertébrale , mais encore celle des hanches et du bassin ; elle n'est jamais plus funeste que le soir et pendant la nuit. Je connais des familles entières dont les enfans sont presque tous contrefaits , parce qu'ils sont forcés de rester assis une partie de la nuit. — Par les mêmes raisons, l'attitude qu'on est forcé de garder pour écrire est très-funeste.

Mêmes remarques , mêmes réflexions à l'é-

DE LA MALADIE SCROPHULEUSE. o/jl

gard de la station long-temps soutenue. Il est impossible qu'un enfant reste long-temps debout sans reposer tout le poids de son corps" tantôt sur un pied et tantôt sur l'autre ; or, il n'en faut pas davantage pour produire la difformité dont il s'agit.

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